Larron

Définition et enjeux

Émile Montégut,  Souvenirs de Bourgogne

“ Ah ! certes, nous l’avons vue exprimée d’une manière autrement pathétique et profonde ; cependant notre œil s’arrête avec complaisance sur le bon larron, dont la tête s’est inclinée doucement sur une des branches de son gibet, et qui s’endort au sein de la mort comme un oiseau sur son arbre, avec gentillesse, tandis que le mauvais larron se tord en face de lui dans les contorsions d’un affreux cauchemar. ”
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Charles Souhaut,  Les Richier et leurs oeuvres (1883)

“ L'artiste saura différencier les traits, les expressions, les poses, avec cette netteté qui le caractérise, que nous avons déjà admirée à Hattonchâtel, et que nous constaterons surtout au Sépulcre, dans le contraste si émouvant des ignobles joueurs en face des amis éplorés de la victime.
Le bon Larron a bien les cheveux crépus, la barbe inculte, le visage osseux qui lui conviennent; mais sa tête inclinée avec calme, tournée vers le Sauveur comme vers son espérance, offre parfaitement le type de l'homme, tout à l'heure coupable, et maintenant réhabilité.
”
Source : Gallica

P. Challemel-Lacour,  La Peinture monumentale en Allemagne…

“ Jamais peintre des vieilles écoles de la Flandre ou de l’Ombrie ne s’est joué plus insoucieusement de la vraisemblance. L’artiste est allé jusqu’à réaliser par un symbolisme quelquefois brutal des faits restés à l’état d’idées dans la tradition. Au-dessus du bon larron plane l’ange sauveur qui vient le consoler et le recueillir, tandis qu’un diable grimpe sur les épaules du mauvais larron, un diable à qui rien ne manque des attributs de son état, ailes de chauve-souris, queue formidable, griffes et cornes. ”
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