Résumé

Paul Mimande Revue des Deux Mondes

Une exécution capitale au bagne ne ressemble en rien, sinon par le dénoûment, à ce qui se passe, en pareille circonstance, place de la Roquette : la porte de la prison qui s’ouvre, un être hébété qu’on soutient et qu’on pousse rapidement sur la planche sinistre, du sang par terre, puis un fourgon entraîné par des chevaux au galop, tout cela à peine entrevu d’une façon confuse, furtif comme ce qui se cache, causant au spectateur l’angoissante oppression d’un cauchemar et ne laissant après soi d’autre trace qu’un article banal dont les termes ne varient pas.
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Paul Mimande Revue des Deux Mondes

À mesure qu’ils descendent le chemin qui se déroule en serpentant, on les distingue mieux ; voici le condamné dont la face est couleur de cire ; à côté de lui marche l’aumônier récitant les prières des agonisans et tenant élevé un grand crucifix noir ; derrière, des surveillans, le revolver au poing. Quelques pas encore et ils seront dans la cour.
Une voix s’élève :
— Condamnés, à genoux ! chapeau bas !
Les forçats se prosternent.
Le condamné est maintenant tout près de la guillotine : il la regarde avec assurance et sans un tressaillement sur son visage de cadavre.
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Paul Mimande Revue des Deux Mondes

À nos pieds s’étend une vaste plaine, dont la vue surprend et réjouit : des champs bien cultivés, des prairies, des bouquets d’arbres, le tout égayé par les méandres d’une rivière assez large : çà et là, éparpillées dans la campagne, des maisons dont on aperçoit les fumées. Tout au fond, adossé à un amphithéâtre de collines, un village groupé autour du clocher de son église : c’est Bourail, le centre le plus important de l’île après Nouméa.
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