Clémence Robert,
Les Mendiants de la mort
“ Oui, reprit Pasqual en laissant tomber de sa hauteur le regard brûlant dont il enveloppait sa victime, oui, Herman de Rocheboise, je t’ai sauvé la vie, mais pour te tuer lentement, pour étouffer un à un chaque souffle de ton être. J’ai anéanti ton repos, tes jouissances de chaque jour en fêtant la fortune ; j’ai tué ton bonheur en te séparant de Valentine ; j’ai détruit ce qui pouvait te rester encore de dignité, d’honneur, en te faisant faussaire, assassin ; j’ai perdu ton âme pour l’éternité en te faisant mourir à la chaîne du bagne, dans la honte et le désespoir. ”

