“ C’est un guerrier sans cesse en éveil. Ce bouclier tout uni, coupé seulement d’une simple et effrayante croix, n’est pas un jouet. Cet être beau et jeune ne plaisante jamais. « Il paraît vivant et dans sa tête on reconnaît la beauté de la jeunesse, le courage militaire et une fierté vraiment terrible ; il a une attitude si merveilleuse qu’on dirait qu’il va se mouvoir. Certes, dans aucune œuvre moderne, on n’a encore vu autant de mouvement et d’animation que la nature et l’art en mirent dans celle-ci par la main de Donato. » ”
Arsène Alexandre
Élements biographiques
Arsène Alexandre (1859-1937), journaliste, critique d’art et inspecteur général des Musées français, marqua l’histoire de la critique artistique par ses analyses percutantes et son rôle pionnier dans la définition de courants esthétiques.
Ancien directeur artistique de Le Rire et collaborateur du Figargo, il introduisit des termes comme « néo-impressionnisme » ou « école de Rouen », tout en publiant des études majeures sur Daumier, Rodin ou Botticelli. Son œuvre, alliant rigueur intellectuelle et passion pour l’art, reflète une époque de transformations esthétiques et de débats culturels.
Citations de Arsène Alexandre
Arsène Alexandre,
Louise C. Breslau
(1928)
“ La lumière si délicate, on dirait si bienfaisante, qui baigne cet intérieur et l'isole de tout ce qui peut avoir été laissé au dehors, d'agité et de factice ; le luxe supérieur d'une simple fleur sur la fenêtre; l'échange de deux pensées, l'une combative encore qu'au repos, l'autre se laissant aller à la douceur de la confiance et de l'admiration ; enfin tant de charme dans tant d'harmonie faisait de cette œuvre une preuve qu'il peut exister un art vraiment féminin, et que cet art peut être fort. ”
Arsène Alexandre,
A.-L. Barye
(1889)
“ Sur cet admirable emplacement, un des plus vastes, des plus imposants du monde entier, dans un incomparable décor d'espace, pouvoir camper, frémissantes, majestùeuses, terribles, de colossales figures de fauves ! Se mesurer avec les plus grands pétrisseurs de pierre ou de bronze de l'antiquité, et sans doute les vaincre dans cette lutte, puisqu'il les égalait avec des jeux d'ébauchoir de quelques pouces de dimension ! Quelle gloire! Quelle matière digne du génie que l'on se sent dans la cervelle, de la passion que l'on se sent au coeur ! ”
