Résumé

Portrait de Arsène Alexandre Arsène Alexandre Les monuments français détruits par l'Allemagne… (1918)

Arras, c'était du moins la barbarie à apparence de guerre. La volonté de détruire une ville, oeuvre d'art tout entière admirable, s'affirmait par le bombardement incendiaire, imprévu et dépourvu de tout prétexte, du palais Saint-Vaast (même en laissant de côté l'Hôtel de Ville et les autres monuments) . Bapaume, c'est la destruction sur place, par la brute (on ne peut ici employer d'autre mot, quoiqu'on ait résolu de garder la dignité dans les termes de l'indignation) , la brute acharnée à sa besogne rancunière.
C'est la ville anéantie avec une méthode, une patience, un art spéciaux.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Alexandre Arsène Alexandre Les monuments français détruits par l'Allemagne… (1918)

La tour octogonale à sa partie supérieure avait conservé sa vieille toiture de pierre. Rien de plus heureux comme combinaison que l'alternance des jours dans les deux étages, jours encadrés de colonnettes droites en haut, de piliers en zigzag dans le bas, avec les moulures des cintres un peu plus opulentes, guère, juste pour faire valoir l'octogone, clair et juste comme une page de vieux français.
Voilà la chose sans défauts et sans reproches dont la guerre allemande a fait un tas de pierres. Car la photographie que nous avons choisie ne montre que la première phase
de la destruction.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Alexandre Arsène Alexandre Les monuments français détruits par l'Allemagne… (1918)

Mais refaire les sculptures de Reims, et refaire les vieilles maisons d'Arras, ce sont des besognes également impossibles. On ne refait pas une oeuvre d'art parce qu'on en a donné une copie ; on ne reconstruit pas une maison ancienne parce qu'on en a bâti un fac-similé. La vie pas plus que la matière ne s'y prête. Là main de l'artiste qui tailla la pierre, l'existence des générations qui se succédèrent entre les vieux mûrs, sous les vieilles poutres, ne se ressuscitent pas. C'est donc de l'irremplaçable que les Allemands se sont acharnés à tuer.
Source : Gallica

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