L'art roman, mouvement artistique qui s'étend du début du XIe siècle à la seconde moitié du XIIe siècle, marque une période de passage entre l'art préroman et l'art gothique en Europe. Caractérisé par des églises basilicales, des voûtes en berceau et une forte influence religieuse, il a vu l'apparition d'une unité stylistique transnationale, malgré des différences régionales.
Victor Hugo, Stendhal et Mérimée l'ont analysé comme une époque de « dégénérescence » de l'antique, contrastant avec l'optimisme gothique, tandis que Ferdinand Fabre met en évidence une renaissance de l'humain dans ses formes sensuelles et dépourvue d'inspiration religieuse. Cette synthèse révèle une évolution complexe, où l'art roman, bien que proche de l'antique, ouvre la voie à une architecture plus verticale et à une iconographie laïque, préfigurant l'essor du gothique.