“ Tite-Live est le premier historien véritablement homme de bien. L’éloge n’en est-il pas injurieux pour César et Salluste ? César n’était-il pas homme de bien ? Oui, par occasion, s’il le fallait, s’il y avait politique à l’être et parce qu’il n’avait aucun goût à ne l’être pas, en homme autant au-dessus de ses qualités que de ses vices. De même que, tout en ayant de la bonté, il pouvait être cruel, il avait de l’honnêteté, quoiqu’il fût toujours près d’en manquer. Sa morale, c’était sa raison appréciant son intérêt. ”
L. G.
Élements biographiques
Léon Gérard, connu sous le pseudonyme de L. G., s’impose comme un intellectuel engagé dans la Revue des Deux Mondes, où il allie critique politique, réflexions historiques et analyses esthétiques. Son œuvre, marquée par une lucidité morale, explore la tension entre idéal et réalité, comme en témoignent ses réflexions sur César ou les conséquences de la Révolution de février.
En parallèle, il interroge l’art et la musique, montrant une sensibilité aux enjeux culturels. Proche des penseurs comme Forcade ou La Gervaisais, L. G. incarne un esprit critique qui traverse les enjeux de son époque.
Citations de L. G.
“ Ah ! mon Dieu, quel accident ! quelle catastrophe ! Il est possible que les médecins bénissent tout bas la maladie qui fait qu’il y a des médecins dans le monde ; mais c’est bien bas, soyez-en sûrs. Oh ! assurément, si nous n’avions pas eu le 24 février et le gouvernement provisoire, nous n’aurions pas eu le 10 décembre ; nous n’aurions pas eu, dans l’élection du président et dans l’élection de l’assemblée nationale, la grande et solennelle protestation que nous avons vue. Mais quoi ? la maladie a amené le remède ; c’est ce qu’elle fait toujours quand elle n’amène pas la mort. ”
“ Ils pensent, comme M. Rouher, que la révolution de février est une catastrophe, et ils le pensent d’autant plus maintenant, que, grace à l’entraînement de leur imagination, ils ne l’ont peut-être pas tous pensé en commençant. — Et ces ouvriers, enfin, que la révolution de février a enfiévrés de la passion de l’impossible, et qui comprennent maintenant que, quelle que soit la forme du gouvernement, l’impossible reste toujours l’impossible, qui voient surtout combien ils ont perdu à l’appauvrissement universel ? Ils pensent, comme M. Rouher, que la révolution de février est une catastrophe. ”
