Joris-Karl Huysmans

Joris-Karl Huysmans

Résumé

Portrait de Joris-Karl Huysmans Joris-Karl Huysmans La Cathédrale

L’idée de la Justice à laquelle répond comme un inévitable écho l’idée de la Miséricorde, se symbolisait dans la gravité sereine de ces étendues qu’éclairaient les lueurs d’une saison indulgente, d’un temps doux.
Durtal se recula pour mieux saisir l’œuvre, dans son ensemble. Il n’y a pas à dire, fit-il, cet artiste a l’instinct, le tact, des surfaces aériennes, des espaces ; la compréhension des ondes reposées coulant sous d’immenses ciels ! et puis, il s’échappe, de cette planche, des effluves d’âme catholique, qui s’insinuent en nous et lentement nous pénètrent...
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Elle est enfin, cette basilique, la plus magnifique expression de l’art que le Moyen Age nous ait léguée. Sa façade n’a ni l’effrayante majesté de la façade ajourée de Reims, ni la lenteur, ni la tristesse de Notre-Dame de Paris, ni la grâce géante d’Amiens, ni la massive solennité de Bourges ; mais elle révèle une imposante simplicité, une sveltesse, un élan, qu’aucune autre cathédrale ne peut atteindre.
Seule, la nef d’Amiens se lamine, s’écharne, s’effile, se filise, fuse aussi ardemment que la sienne, du sol
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Jamais Vierge ne fut et plus extraterrestre et plus vivante. Ni Van Eyck, avec ses types un peu populaciers, laids en tout cas ; ni Memling, plus tendre et plus raffiné, mais confiné dans son rêve de femme à front bombé, à tête en cerf-volant, large du haut et mince du bas, n’ont atteint cette noblesse délicate de formes, cette pureté de la femme que l’amour divinise et qui, même retirée du milieu où elle se trouve, même privée des attributs qui la font reconnaître, ne pourrait pas être une autre que la Mère d’un Dieu.
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