Résumé

Portrait de John Ruskin John Ruskin La Bible d’Amiens

De la statue du Christ elle-même je ne parlerai pas, aucune sculpture ne pouvant, ni ne devant satisfaire l’espérance d’une âme aimante qui a appris à croire en lui. Mais à cette époque elle dépassa ce qui avait jamais été atteint jusque-là en tendresse sculptée. Et elle était connue au loin sous le nom de : le beau Dieu d’Amiens. Elle n’était d’ailleurs qu’un signe, un symbole de la présence divine et non une idole, dans notre sens du mot. Et pourtant chacun la concevait comme l’Esprit vivant, venant l’accueillir à la porte du temple, la Parole de vie, le Roi de gloire le Seigneur des armées.
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Portrait de John Ruskin John Ruskin La Bible d’Amiens

Mais la Vie Souffrante, le cœur profond de l’humanité primitive, se développant dans une éternelle douceur et bien que ravagée, oubliée, dépouillée, elle-même restant sur place et jamais dévastatrice, ni meurtrière, mais ne pouvant être vaincue par la douleur, ni par la mort, — devint la semence de tout l’amour qui était appelé à naître et le moment venu donna alors à l’humanité mortelle ce qu’elle était capable de recevoir d’espérance, de joie ou de génie et, — s’il y a une immortalité — amena, par-delà le tombeau, à l’Église ses Saints protecteurs et au Ciel ses Anges secourables.
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Portrait de John Ruskin John Ruskin La Bible d’Amiens

Il n'est pas d'ailleurs un saint que le soleil ne visite, donnant aux épaules de celui-ci un manteau de chaleur, au front de celui-là une auréole de lumière. Il n'achève jamais sa journée sans avoir fait le tour de l'immense cathédrale. C'était l'heure de sa visite à la Vierge, et c'était à sa caresse momentanée qu'elle semblait adresser son sourire séculaire, ce sourire que Ruskin trouve, vous l'avez vu, celui d'une soubrette à laquelle il préfère les Reines, d'un art plus naïf et plus grave, du porche royal de Chartres.
Source : Gutenberg

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