H. Taine

Élements biographiques

H. Taine,  L’Italie et la Vie italienne, souvenirs de voyage

“ Un dos cambré de femme, une cuirasse pailletée de lumière, un corps nu paresseux dans l’ombre transparente, une chair rosée où sous la peau ambrée le sang affleure, la pourpre intense d’un manteau tordu, l’enchevêtrement des têtes, des jambes et des bras, le miroitement des tons qui s’éclairent et se transforment par une illumination mutuelle, tout cela s’est dégorgé ensemble, comme une gerbe d’eau lancée d’un canal trop plein. Les soudaines et parfaites concentrations sont l’inspiration même, et peut-être n’y en a-t-il point au monde une plus vive et plus pleine que celle-ci. ”
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H. Taine,  Revue des Deux Mondes

“ Sous le vert effacé des rideaux, sur un linge blanc, le corps, faiblement rougi par le sourd mouvement de la vie, développe l’harmonie de sa forme onduleuse. La tête est petite, paisible ; l’âme ne s’élève point au-dessus des instincts corporels, c’est pour cela qu’elle y peut vaquer sans honte, et de toutes parts la poésie des arts, du luxe et de la sécurité vient les embellir et les orner. ”
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H. Taine,  La Poésie moderne en Angleterre

“ « La plus humble fleur qui s’ouvre, dit-il, peut remuer en moi des sentimens trop profonds pour se répandre en larmes. » Il voit une grandeur, une beauté, des leçons dans les petits événemens qui font la trame de nos journées les plus banales. Il n’a pas besoin pour être ému de spectacles splendides ni d’actions extraordinaires. Le grand éclat des lustres, la pompe théâtrale le choqueraient ; ses yeux sont trop délicats, accoutumés aux teintes douces et uniformes. C’est un poète crépusculaire. La vie morale dans la vie vulgaire, voilà son objet, l’objet de ses préférences. ”
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