Résumé

H. Taine Les éléments et la formation de l’idée du moi

Mais, comme presque toujours la maladie arrive brusquement, l’effet est immense ; on ne peut mieux comparer l’état du patient qu’à celui d’une chenille qui, gardant toutes ses idées et tous ses souvenirs de chenille, deviendrait tout d’un coup papillon, avec les sens et les sensations d’un papillon. Entre l’état ancien et l’état nouveau, entre le premier moi, celui de la chenille, et le second moi, celui du papillon, il y a scission profonde, rupture complète ; les sensations nouvelles ne trouvent plus de série antérieure où elles puissent s’emboîter
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H. Taine Les éléments et la formation de l’idée du moi

Le symptôme visible est une perversion des sensations proprement dites ; rien de plus : cette perversion n’atteint pas le jugement, la raison, le souvenir et les autres opérations qui dépassent la sensation brute ; toutes ces opérations demeurent intactes. Le malade n’est pas fou ; il rectifie les croyances fausses que lui suggère l’étrangeté de ses impressions ; il résiste à ces croyances, il les déclare illusoires, il n’est point dupe. Ainsi le jeu des hémisphères est normal ; il n’y a de trouble que dans la protubérance et autres centres sensitifs.
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H. Taine Les éléments et la formation de l’idée du moi

Les troubles de l’ouïe étaient absolument constants ; il me semblait que mes oreilles étaient bouchées ; j’étais étonné d’entendre, mais j’entendais en effet très-distinctement et même beaucoup trop ; car c’est l’hyperesthésie auditive qui constituait un de mes plus grands tourments. Le tact était peu troublé, à part ce que j’ai signalé tout à l’heure, le goût moins encore ; il y avait une hyperesthésie de l’odorat qui a persisté, mais qui n’a jamais été excessive comme celle de l’ouïe et de la vue. Les lunettes les plus foncées ne me suffisaient plus
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