Résumé

Criton 6e Dialogue philosophique entre Eudoxe et Ariste

Je puis vous accorder que tout se passe dans la musique comme si la pensée, lorsqu’elle sent un son, connaissait, nombrait et comparait les vibrations qui frappent l’oreille, mais je nie qu’il en soit ainsi. Les sons et les nombres sont deux mondes différents, de même que tels mouvements et telle nuance de la lumière sont deux mondes différents. Les nombres et les mouvements traduisent, expliquent même si vous voulez, nos sensations : ils ne leur ressemblent pas du tout. J’en appelle, Eudoxe, au témoignage de votre conscience.
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Criton 6e Dialogue philosophique entre Eudoxe et Ariste

Ariste, — Oui.
Eudoxe. — Et il se pourra que vous éprouviez du plaisir à reconnaître un nombre ?
Ariste. — Pourquoi non ?
Eudoxe. — Mais dirons-nous que celui qui sait reconnaître un nombre ne sait pas pour cela ce que c’est que le plaisir de reconnaître un nombre, s’il ne l’a éprouvé ?
Ariste. — Je n’ose pas dire, Ariste, que ce plaisir là soit réellement séparable de la connaissance même du nombre, puisqu’on ne peut l’éprouver sans elle.
Eudoxe. — Sentir et penser seraient donc ici deux aspects d’une même chose ?
Ariste. — Oui puisqu’ici l’on ne peut sentir sans penser.
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Criton 6e Dialogue philosophique entre Eudoxe et Ariste

Depuis, lorsque j’y ai réfléchi, j’ai admiré combien il est facile de répéter de mille manières que l’inexprimable est inexprimable, et que ce qui est l’objet naturel de notre pensée ne peut en aucune manière être pensé ; car comment prouver le contraire sans être jeté aussitôt hors de la question par le prudent adversaire, qui s’est réservé de garder, comme des trésors à lui, tout ce dont personne ne peut parler et ce à quoi personne ne peut penser. Laissons donc Théodore aussi de l’autre côté de la porte, et considérons ce qu’est la sensation en nous et pour nous.
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