Résumé

H. Taine La Poésie moderne en Angleterre

C’est parmi ces éclats et ces anxiétés qu’il passait sa vie; l’angoisse endurée, le danger bravé, la résistance domptée, la douleur savourée, toutes les grandeurs et toutes les tristesses de la noire manie belliqueuse, voilà les images qu’il avait besoin de faire flotter devant lui. A défaut d’action, il avait les rêves, et il ne se réduisait aux rêves qu’à défaut d’action. Lui-même, en s’embarquant pour la Grèce, disait qu’il avait pris la poésie faute de mieux, qu’elle n’était pas son affaire. « Qu’est-ce qu’un poète? Qu’est-ce qu’il vaut? qu’est-ce qu’il fait? C’est un bavard. »
Source : Wikisource

H. Taine La Poésie moderne en Angleterre

Les plus inventifs, Dante et Shakspeare, quoique tout autres, ne font pas autrement. Leur génie a beau monter haut, il a toujours les pieds plongés dans l’observation, et leurs plus folles comme leurs plus magnifiques peintures n’arrivent jamais qu’à offrir au monde l’image de leur siècle ou de leur propre cœur. Tout au plus ils déduisent, c’est-à-dire qu’ayant deviné, sur deux ou trois traits, le fond de l’homme qui est en eux et des hommes qui sont autour d’eux, ils en tirent, par un raisonnement subit dont ils n’ont point conscience, l’écheveau nuancé des actions et des sentimens.
Source : Wikisource

H. Taine La Poésie moderne en Angleterre

A vivre ainsi, on est grand; mais on devient malade. Il y a une maladie de cœur et d’esprit dans le style de Don Juan, comme dans celui de Swift; quand un homme bouffonne au milieu des larmes, surtout au milieu de ses larmes, c’est qu’il a l’imagination empoisonnée. Cette sorte de rire est un spasme, et vous allez voir venir chez l’un l’endurcissement ou la folie, chez l’autre l’excitation ou le dégoût. Byron s’épuisait, du moins le poète s’épuisait en lui. Les derniers chants du Don Juan traînaient; la gaîté devenait forcée, les escapades se tournaient en divagations
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature