Résumé

H. Taine L’Italie et la vie italienne.…

Il ne s’inquiète pas si sa volée d’anges ressemble à un plat de têtes coupées ; d’un jet il a traduit sur la toile son apparition instantanée, il s’en va, son œuvre est faite.
L’autre tableau, un Saint Laurent de Titien, semble une fantaisie d’un Rembrandt italien, une vision dans l’ombre. Il fait nuit ; on ne distingue d’abord qu’une grande noirceur, tachée vaguement de deux ou trois lumières. C’est une large rue. Dans une teinte blafarde comme celle d’une cave où meurt un seul flambeau, on démêle, à la noirceur plus opaque, des architectures, une statue, une foule lointaine.
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H. Taine L’Italie et la vie italienne.…

Le Christ monte au ciel, et autour de lui de grands anges nus lancés à travers l’espace sonnent furieusement dans leurs trompettes. La Vierge est enlevée par une foule impétueuse de petits anges tordus, pendant qu’au-dessous d’elle les apôtres crient et se renversent. De tous côtés, dans toutes les toiles, la lumière vibre, il n’y a pas un atome de l’air qui ne frémisse, et la vie est si débordante qu’elle transpire et fourmille par les pierres, par les arbres, par les terrains, par les nuages, par toute couleur et par toute forme, par la fièvre universelle de la nature inanimée.
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Autour des architectures, l’eau, élargie comme un lac, fait serpenter son cadre magique, ses tons verdâtres ou bleuis, son cristal mouvant et glauque. Les mille petits flots jouent et luisent sous la brise, et leurs crêtes pétillent d’étincelles. À l’horizon, vers l’est, on aperçoit au bout du quai des Esclavons des mâts de navires, des sommets d’églises, la verdure pointante d’un grand jardin ; mais tout cela sort des eaux, de toutes parts on voit le flot entrer par les canaux, vaciller le long des quais, s’enfoncer à l’horizon, ruisseler entre les maisons, ceindre les églises.
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