M. Adalbert de Beaumont

Résumé

M. Adalbert de Beaumont Le Tour du monde

Fresco est le nom qu’on donne à ces promenades de l’après-dîner sur le grand canal. C’est l’heure du frais, l’heure des œillades et des rendez-vous, c’est l’heure où l’élégant patricien, conduisant lui-même sa gondole, la précipite avec violence et comme pour la briser sur l’escalier de marbre des palais, puis l’arrête court, avec autant de force que d’adresse, au moment d’en toucher les marches. Par ces belles nuits de printemps où Venise est plus éveillée que durant le jour, il faut voir les effets fantastiques de la lune sur ces élégantes façades.
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M. Adalbert de Beaumont Le Tour du monde

On gravit l’escalier de marbre, qui de la mer monte sur la place, et passant entre ces deux pilastres, semblables aux montants d’une porte gigantesque, on a devant soi le plus merveilleux décor que l’imagination d’un peintre puisse rêver.
À gauche c’est la Zecca, le palais des Monnaies, construit par cet illustre Sansovino, dont le nom est attaché aux plus grandes œuvres de Venise. À droite le palais ducal, avec ses marbres roses et sa merveilleuse colonnade à jour. Puis Saint-Marc, la basilique immortelle, toute éblouissante de l’or et des pierreries de ses mosaïques.
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M. Adalbert de Beaumont Le Tour du monde

Couché sur les coussins d’une gondole élégante, j’admirais en extase cette ville féerique, ces palais de la mer qui semblent la demeure de Neptune, de Vénus et de sa cour. On croirait que le hasard, en permettant la construction d’une ville dans ce lieu singulier, a voulu donner au monde un exemple de ce que peut produire de plus parfait l’union du beau et du pittoresque. Ici, la poésie s’exhale de partout ; elle est imprégnée dans les murs, comme le parfum dans les fleurs. Venise, reine des Arts, élevée entre le ciel et l’eau, semble ne rien devoir à la terre !
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