Jacques d’Adelswärd-Fersen

Jacques d’Adelswärd-Fersen

Résumé

Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Notre-Dame des mers mortes

Aucune extase, aucun reflet. Jacques n’y voyait même pas l’image de Ninette. Alors, à quoi bon. Il ne l’aimait donc plus, plus autant ? Une terreur le prit à cette idée. Il éprouvait le sentiment de l’avare qui perd son or. N’était-elle point sa fortune, son joyau, son Paradis ? Si l’amour agonisait, c’était le coup suprême. Il ne lui resterait même pas la beauté de la Douleur, la noblesse du Passe...
Le clair de lune coulait comme une source claire. Le feillage frissonnait et le petit balcon de fer dont ce feuillage couvrait la rampe était joli à voir et semblait un berceau.
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Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Notre-Dame des mers mortes

Alors, au bruit sans cesse croissant des cloches, une clarté naquit vers Saint-Julien-du-Désert, s’avança sur l’eau pareille à une lueur qui danserait. Lorsqu’elle fut près du Bucentaure, l’atmosphère s’irradia d’aurore, et des musiques entonnèrent un hymne étrange. Le doge épouvanté n’osait lever les yeux. Il entendit une voix l’appeler. Il se prosterna, pâle comme une statue d’ivoire, pâle sous ses broderies d’or. C’était la Vierge. Vaguement il sentit des regards de reproche peser sur lui, lui entrer jusqu’au fond du cœur tels que des coups de poignard... Regarde-moi, disait la Vierge...
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Portrait de Jacques d’Adelswärd-Fersen Jacques d’Adelswärd-Fersen Notre-Dame des mers mortes

Vois, regarde comme la ville est belle, comme la nuit est puissante, comme le vent est profond ! Pas d’étoiles, la foudre. Et puis des cierges pour voir nos baisers. Le monde entier nous suit parce que nous sommes l’enthousiasme et que nous sommes l’idéal. Jamais tu n’as rêvé d’aventure pareille... Jacques mon bien-aimé !
Au fond de son cercueil d’aurore elle regarde, surhumainement belle. La tempête, c’est la musique d’amour qui va les endormir... Liéven enjambe la fenêtre et tend les bras... oui, c’est cela, Ninette, partir !...
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