Résumé

Portrait de René Boylesve René Boylesve Sainte-Marie-des-Fleurs: Roman

Oui, qui êtes-vous? Est-ce que ce que vous donnez se donne d'ordinaire? L'ai-je vu, lu, soupçonné quelque part? Tout ne me paraît plus que mystère, qu'incompréhensible. Comment se fait-il que je me sois en allée, que quelque chose de si inouï ait une fin. Comment se fait-il aussi que je sois si fière d'avoir éprouvé une telle joie, alors que tous les amoureux se cachent, à ce qu'il paraît?
«J'ai l'âme grisée, débordante de vous, mon André, mon rêve! Je suis à vous, toute; je suis chez vous, avec vous; je ne vous quitte pas.
«Marie-des-Fleurs.»
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Sainte-Marie-des-Fleurs: Roman

Voilà, dis-je à Marie, le trait de génie; voilà l'adorable naïveté du primitif, naïveté qui n'est que l'observation scrupuleuse ou la sorte d'intuition sûre, ordinaire aux âmes non corrompues.
Voilà qui est loin des imbéciles simagrées que l'on prête aujourd'hui à ces bonshommes simples, chez qui le merveilleux ne fut que la conscience honnête, que l'amour de la vérité... Le divin, mon amour, c'est d'être soi-même, c'est d'être capable d'un sentiment spontané! c'est de s'atteindre soi, sous la couche inextricable des éléments étrangers qui nous embarrassent...
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Sainte-Marie-des-Fleurs: Roman

Les tons que le couchant répandait sur la lagune; tant de beauté dans le ciel et autour de nous; la vue de Venise toute rose sous les derniers rayons; l'approche sensible à chaque coup de rame, de cette maison du quai des Esclavons qui contenait la moitié de ma vie, me mettaient l'esprit et les sens dans une confusion intolérable.
Tout à coup, je me dressai sur mes coussins. Je dus prendre la pâleur de la mort. J'avais reconnu Marie.
Elle était, comme moi, étendue sur les coussins de la gondole.
Source : Gutenberg

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