Judith Gautier,
La Conquête du paradis
“ Sous le houdah royal, près d’Ourvaci, se tenait Lila, muette et comme accablée de chagrin. — Tu songes donc toujours à ce barbare ? dit la reine, ta douleur semble plus terrible que jamais. — C’est que l’absence est comme la faim, dit Lila, on la supporte quelque temps, et plus elle dure, plus elle devient intolérable. Mes yeux ont faim de lui, vois-tu ; je l’attends, comme le monde attend la lumière, et il me semble que je m’enfonce dans une nuit interminable. ”
