Résumé

Paul Féval L’Avaleur de sabres

Justin secoua la tête.
—Vous n'avez pas de torts envers moi, ma mère, dit-il, ni envers elle. Vous êtes du monde et vous avez agi selon la loi du monde. Moi je suis un lâche esprit et un misérable cœur. Le monde n'est rien pour moi, et j'ai fait comme si j'eusse été l'esclave du monde. Ah! je vous aime bien!
La comtesse prit sa tête à pleines mains et le baisa passionnément.
—Mon Justin! balbutia-t-elle. Mon fils! mon cœur! Mais Justin disait sous ses caresses:
—La petite fille est perdue! Elle m'attend depuis dix jours! Elle est peut-être morte!
Source : Gutenberg

Paul Féval L’Avaleur de sabres (1867)

Madame de Chaves voulut s’élancer hors de son lit et serait tombée sur le tapis, si Saphir ne l’eût retenue dans ses bras.
Lily, pendue ainsi au cou de la jeune fille, et baignant son regard dans ses grands yeux bleus fixés sur elle avec des larmes, balbutiait :
— C’est toi, cette fois ! je t’ai si souvent revue ! c’est toi, mais bien plus belle !... Oh ! je suis éveillée et j’ai ma fille sur mon cœur !
— Puissiez-vous dire vrai, madame, répliqua Saphir, car toute mon âme s’élance vers vous. Mais je viens vous parler d’Hector qui est peut-être en danger de mourir.
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Paul Féval L’Avaleur de sabres (1867)

Entre misérables on ne se vole guère, et d’ailleurs le portrait n’avait point de valeur. Non ! il y a des gens qui sont condamnés plus sévèrement que les autres ! Moi, je n’avais plus rien qu’un portrait de femme avec un nuage dans les bras : l’image de mon cœur, ce portrait, le symbole de ma vie ! J’aimais cette femme aussi ardemment que le premier jour, mille fois plus ardemment qu’au temps de notre bonheur... et le nuage, l’enfant que je ne connais pas, je l’aimais, pour sa mère surtout... entre sa mère et moi l’enfant est le suprême lien... un nuage, un nuage !
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