Médor

Définition et enjeux

L' Arioste Roland furieux : vingt chants (1865)

Dès qu'elle voit Médor dont la blessure saigne, Ce jeune homme expirant dans son sang qui le baigne, Moins chagrin de mourir que de regrets rempli, En pensant que son roi n'est pas enseveli, Elle sent la pitié remuer tout son être; Un sentiment nouveau tout à coup la pénètre, Fait que ce cœur si dur par degrés s'adoucit, Surtout quand de ses maux Médor fait le récit.
Source : Gallica

L' Arioste Roland furieux. Tome 2 (1838)

Ce prince était suivi de plusieurs cavaliers Qui de loin, tout à coup virent les deux guerriers. Chacun courut vers eux, guidé par l'espérance De trouver un butin digne de sa vaillance. « Médor, dit Cloridan, abandonnons ce corps, Et de nos pieds légers redoublons les efforts : Pour ne sauver qu'un mort, tous deux perdre la vie Serait du dévoûment, moins que de la folie. » Il jette donc sa charge, et croit qu'au même instant L'idole de son coeur, Médor en fait autant ; Mais lui, qui pour son prince avait plus de tendresse, Du fardeau tout entier surcharge sa faiblesse.
Source : Gallica

L' Arioste Roland furieux. Tome 2 (1838)

Mais bien plus vite encor s'agrandit la blessure, Source des maux cruels que tout son coeur endure. Jusques au fond du coeur, elle se sent percer Par l'invisible trait que vient de lui lancer, Des beaux yeux de Médor et de sa tête blonde, Le dieu dont le carquois est le sceptre du monde. Elle se sent brûler d'inextinguibles feux; Pourtant sauver Médor seul occupe ses voeux, Et, négligeant son mal, sans cesse elle ne pense Qu'à rendre à la santé l'auteur de sa souffrance. Aussi, plus du guerrier la blessure guérit, Plus celle de la dame et s'accroît et s'aigrit.
Source : Gallica

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