“ Céphyse, agenouillée devant le réchaud, le visage penché vers le noir charbon au-dessus duquel voltigeait déjà çà et là une petite flamme bleuâtre... Céphyse soufflait avec force sur un peu de braise allumée, qui jetait sur la pâle figure de la jeune fille des reflets ardents. ”
Réchaud
Définition et enjeux
Un réchaud est un dispositif portable, alimenté par différents carburants, destiné à chauffer ou réchauffer des aliments, utilisé aussi bien dans un cadre domestique qu'en activités en plein air. De type à bois, à pétrole, à alcool ou à gaz, il a traversé les époques et les cultures, comme en témoignent les descriptions techniques et les récits littéraires.
Eugène Sue évoque un réchaud comme élément de tension dramatique, tandis qu’Anatole France le mentionne dans un contexte plus introspectif, illustrant ainsi sa dualité fonctionnelle et symbolique. Les brevets de Charles Pigeon ou Henri Gautreau soulignent son évolution technologique, tandis que les récits de randonnée mettent en avant son utilité pratique. Le réchaud, entre besoin quotidien et objet de curiosité, reste un symbole de l’adaptation humaine aux environnements les plus variés.
Citations sur “réchaud”
Antoine François Marius Rey-Dussueil, Le cloître Saint-Méry (1832)
“ Je l'ignore; et toutefois la clarté du réchaud avait quelque chose de sombre et de sinistre qui réveillait en moi mille frissons et mille faiblesses ; je pâlissais à la vue de l'arme qui allait déchirer mon sein, et elle échappait à ma main défaillante; le bruit de la détente , ce bruit sec et sourd, me glaçait le cœur'; et je sentais que ma bouche se refuserait à recevoir le- mortel breuvage. ”
Firmin La Guiraudie, Oraison funèbre de Mlle Suzanne-Félide Tréjaut… (1876)
“ « Notre Seigneur lui-même caché - sous des haillons et continuant, derrière ce voile, dont la foi seule peut pénétrer l'obscurité, sa vie humiliée et sa douloureuse passion. » Aussi, dans une âme éprise du premier de ces amours, le second brûle déjà comme un feu ardent. C'est pourquoi, ayant reconnu à certains traits de sa vie, combien Mlle Tréjaut affectionnait les pauvres, je n'hésite pas à vous affirmer qu'elle était dévorée des plus pures flammes de l'amour divin. ”
Louis Reybaud,
Scènes de la vie moderne, par Louis Reybaud
(1855)
“ Même silence de la part du laquais ; seulement il s'opéra chez lui un jeu de physionomie qui eût frappé toute autre personne que Daniel. Lui n'était plus de sang-froid ; la colère et le dépit s'en mêlaient. — Vos maîtres, reprit-il, sont de singulières gens. Il y a, de part le monde, deux ménagés qui ont eu la charité de se charger d'un de leurs péchés mignons, et, pour les en récompenser, vos maîtres les comblent d'avanies et de poires d'angoisses; des enlèvements, des surprises, que sais-je ? de quoi mettre une âme à l'envers et une maison sens dessus dessous. Voilà vos maîtres, mon garçon ”
Jacques-Marie Trichaud, Une violette du jardin de saint Dominique (1884)
“ Bien plus, une douce allégresse se peignait sur son visage faiblement boursouflé. Toujours aimable, toujours souriante, elle acceptait avec une résignation profonde les épreuves d'une maladie si douloureuse. Oh ! répétait-elle à ses parents effrayés, ne vous lamentez pas sur mon sort. Nous devons nous incliner sous le bon vouloir du Seigneur. Ne faut-il pas nous séparer ici-bas ? Je suis la plus jeune de la famille, et peut-être le souverain maître de la vie m'a choisie, moi qui le mérite si peu, pour jouir la première, en son paradis, de sa présence divine. ”
Jean Renaud,
Mirages d'exil
(1914)
“ Je vois des êtres accroupis et vêtus de « choses » dorées qui scintillent; je vois des êtres, hommes ou femmes, je ne sais pas, qui, les bras levés en un geste de gracieuse offrande, nous tendent des cierges allumés, des cierges qui sentent bon, comme ceux de chez nous, à Pâques, lorsque grésillent les chapelets d'encens qui les entourent... Je vois, et ici mon émotion devient une sorte d'angoisse poignante, des hommes tout nus, aux visages noirs, des hommes qui nous regardent avec de grands yeux fixes et brillants ; ce sont des « Khas » descendus des monts pour nous saluer... ”
Dr François, Des nuits : poème (1836)
“ Elle hésite, elle frémit, la force l'abandonne, Dans son cœur éperdu l'humanité pardonne. « Quoi! dit-elle, mon bras jusqu'alors innocent « Pourrait donc sans pitié se plonger dans son sang? « Il est mon ennemi : par une perfidie « Devons-nous réprimer son audace punie? « Oui, c'est avec honneur, et non par des forfaits, « Qu'il faut d'un ennemi arrêter les succès. » A ces mots, sur Renaud elle baisse la vue ; C'en est fait, la pitié dans son cœur s'insinue; Une aveugle fureur ne guide plus son bras, Elle a brisé ce fer forgé pour son trépas. ”
Anatole France,
Histoire de Manon Lescaut
(1878)
“ Je ne pris ce discours, que dans le sens qui s'accordoit avec mes idées. Je remerciai mon Pere de la bonté qu'il avoit de me pardonner, & je lui promis de prendre une conduite plus soumise & plus reglée. Je triomphois au fond du coeur : car de la maniere dont les choses s'arrangeoient, je ne doutois point que je n'eusse la liberté de me dérober de la maison, même avant la fin de la nuit. On se mit à table pour souper; on me railla sur ma conquête d'Amiens, & sur ma fuite avec cette fidelle Maîtresse. ”
René-Louis Piachaud, Les Psaumes de David, paraphrasés et mis en chant à l'imitation de Cl… (1932)
“ O mon Dieu, mon Sauveur, Ma fierté, ma ferveur Et ma force éprouvée, En dépit des haineux, Je vais selon tes voeux La tête haut levée. Vers toi quand j'ai prié, Vers toi quand j'ai crié Mon angoisse et ma plainte, Dieu, tu m'as entendu, Dieu, tu m'as répondu, De ta Montagne sainte. Dieu m'écoute et, dès lors, Sans crainte je m'endors, Sans crainte je m'éveille ; Fort de son tendre appui, Je me repose en Lui : Où que je sois, Dieu veille. Ennemis de ma foi, Dressez-vous contre moi ! ”
Anatole France,
La Vie littéraire
“ En 1815, il lui arrivait de passer des nuits dans le salon de cette dame, tantôt à genoux, en prière, tantôt étendu sur le tapis, en extase, demandant madame Récamier à Dieu ! Jamais homme ne fut plus exigeant envers la vie et jamais homme ne lui garda plus de rancune de l’avoir déçu. ”
Joseph Lachaud, Où est le bonheur du peuple (1893)
“ Les rechutes étaient très rares.' Non seulement le coupable était réhabilité intérieurement aux yeux des hommes ; mais encore, par la garantie d'un durable et sincère repentir, il était réhabilité aux yeux des hommes. ”
Quand Renaud de la guerre vint
“ Qu’ai-je donc à pleurer ici ? — Ma fille, je ne puis plus vous l’cacher, Renaud est mort et enterré. — Terre, ouvre-toi, terre, fends-toi, Que j’rejoigne Renaud, mon roi. — Terre s’ouvrit, terre se fendit Et la belle fut engloutie. ”
Marie Lafarge, Heures de prison ; A trente ans… (1854)
“ Pourquoi sourire à des larmes qui vous pleurent? — Pourquoi ?... y pensez-vous ? Ce n'est pas la mort qui sépare, c'est la vie. Le sommeil rédempteur nous réunit tous. Ce ne sera pas moi qui vous quitterai, ce sera vous. Nos entretiens ne pouvaient être longs... M.. Lachaud les continuait avec ma famille. Tropfaible encore pour nie mêler à cette causerie douce et intime, j'étais heureuse de l'inspirer du. regard, heureuse d'entendre vibrer ma penséesur des lèvres amies, d'écouter leur voix se répondre, de graver eu moi les inflexions carcs santes de leur parole. ”
Jacques-Marie Trichaud, Une violette du jardin de saint Dominique (1884)
“ Mais, dès que le R. Père eut ouvert cette porte, pour y renfermer le saint ciboire, en revenant de distribuer le pain de vie à plusieurs personnes, cette petite colombe que je voyais étendue, inanimée, se releva précipitamment et entra aussi dans cette prison. Cependant, les trois anges reparurent, tenant dans leurs mains entrelacées un cœur enflammé, sur lequel étaient écrits ces mots, en lettres de feu : Elle mourra Plutôt que d'être infidèle. ”
Émile Souvestre,
Les derniers Bretons, par Émile Souvestre…
“ RENAUD. Hélas ! mes frères, mettons-nous à genoux et demandons pardon au créateur du monde, et prions-le d’avoir pitié de notre ame, car je vois qu’il faudra mourir. (Tous quatre se mettent à genoux, Renaud dit : ) Trinité adorable, regardez avec pitié quatre chevaliers chassés de leur patrie, et que l’on veut tuer au milieu de leurs péchés. Jésus, mon Dieu ! faites-nous encore la grâce de sauver notre vie, que nous puissions faire pénitence, et que nous soyons dignes d’entrer dans votre paradis ! ”
Jules de Rességuier,
Histoire du brave La Hire, scènes du XIVe siècle…
(1863)
“ Un seigneur, dont les terres étaient de son fief, se présentait nu-tête, sans éperons ni épée , et se mettait à genoux devant lui. Le sire de La Roche, prenant ses mains dans les siennes, lui disait : « Vous connaissez être notre hommelige, par raison de votre châtel, et jurez à Dieu, par la foi de votre corps, que vous me servirez comme tel contre tous ceux qui peuvent vivre et mourir, fors contre le roi. — Je le jure I répondait l'autre.» ”
Gaston Maugras, Le duc et la duchesse de Choiseul… (1902)
“ Mon repos intérieur, et assez naturel à mon âme confiante, est troublé effectivement depuis un an, par l'envie, la haine, les intrigues qui m'obsèdent et qui m'ont fait éprouver dans ce qui vous entoure des procédés incroyables. Chaque jour fait éclore une nouvelle tracasserie. J'en ai été affecté vivement l'hiver dernier ”
Armand Renaud, Recueil intime/Lemerre, 1881
“ Les cris qu’elle poussait répondaient dans mon cœur. Car moi, la créature orgueilleuse et rebelle, Toujours prête à trouver la nature cruelle, Je venais, sans raison et par ma volonté, De commettre une vaine et froide cruauté. ”
Nicolas Perron, Femmes arabes avant et depuis l'islamisme (1858)
“ Ton frère, c'est ton sang ; c'est, comme toi, l'âme, la vie issue de ton père. — Voici pourquoi je veux me débarrasser de Rachîd. J'ai eu un songe qui m'a effrayé, qui m'a pénétré d'épouvante. Dans mon songe, j'ai yu Rachîd assis sur le siège de l'empire; j'ai vu Rachîd trôner. en souverain, avec mon esclave à son côté, buvant avec elle. Et moi, j'aime mon esclave. Je veux me défaire d'un dangereux rivaL Il n'atteindra pas, certes, à son but. Je mourais, j'étranglais de jalousie et de colère. ”
Julie Récamier, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de madame Récamier
“ Ses consolations, ses conseils, ses pieux encouragements l’associèrent à toutes les circonstances tristes ou dangereuses de la vie de Mme Récamier : il eut souvent à ranimer son énergie dans des moments de découragement et de dégoût, très-fréquents dans une existence à la fois vide et brillante. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Les moines et l’abbé font un bel accueil à Renaud, qui leur demande — après s’être amplement restauré l’estomac à une table grassement servie — comment les chevaliers trouvent sur ce territoire des aventures où un homme de cœur puisse, par quelque fait éclatant, montrer s’il mérite blâme ou éloge. ”
Ernest Raynaud,
À l’ombre de mes dieux
“ L’âpre ennemi féroce a mordu la poussière. Le vainqueur se redresse et, beau de majesté, Après avoir lavé sa plaie à la rivière, Redescend au village où son père est resté. Qu’on l’acclame ! Et toi, vierge ! au seuil de la chaumière, Reçois le fiancé, joyeux du casque ôté. Qu’à sa vue, aujourd’hui, le foyer récupère Ce qu’il avait perdu de joie et de santé. C’est lui ! C’est le courage heureux ! ”
Gustave Ricouard, La haute pègre : roman parisien (1881)
“ Et, le coude appuyé sur la tablette de marbre de la cheminée, les yeux vaguement fixés devant lui, il sentait ses ongles crispés entrer lentement dans ses chairs. Mais ce qui l'effrayait le plus n'était peut-être pas le châtiment, qui menaçait de l'atteindre. Le châtiment, il pouvait s'y soustraire. ”
Armand Renaud, Les Nuits persanes (1896)
“ Aussi je me tais. HORS DE LA VIE 247 La chair, l'esprit, erreur sans trêve ! La vie est du mal ; tout en est : Même le sommeil, car l'on rêve ; Même la mort, car l'on renaît. Dieu moins sensé qu'un homme ivre, Ne pouvais-tu rester coi? Quand rien ne tenait à vivre, Avoir tout créé, pourquoi? Il se peut que tu me damnes, O dispensateur du sort. Des plaignants briser les crânes N'empêche pas d'avoir tort. LES NUITS PERSANES En vain tu veux que je souffre Dans les mondes superflus. Dieu, des secrets de ton gouffre J'approche de plus en plus. ”
Zulma Carraud,
La petite Jeanne; ou, Le devoir
“ Mais quand mes yeux rencontraient un miroir et que je voyais ma cicatrice, je pensais à vous tout de suite, monsieur le curé, et aussi à la maison du père Tixier, et je redevenais fort contre la tentation. Il est si difficile de rompre avec les mauvaises habitudes! ”
Eugénie Foa,
Rachel
(1833)
“ Car lorsque j'aurai parlé, Messaoul, lorsque je t'aurai dit ce mystère d'horreur et d'iniquité, tu me repousseras... peut-être tu me maudiras ! Oh ! encore un baiser pour me donner du courage ! Et le jeune Hébreu, brûlé par ce corps frêle, et gracieux de jeune femme qui s'agitait sur ses genoux, entrelaçait ses bras nus autour de son cou et collait son visage doux et frais sur la figure ferme et barbue du jeune homme, Messaoul, enivré de son haleine brûlante et embaumée, lui rendait caresses pour caresses, paroles d'amour pour paroles d'amour. ”
Saint-Ruf, Une évasion : épisode de la guerre des Albigeois (1863)
“ A quatre heures du matin, quand Renaud vit renaître dans la brume transparente de l'aube le clocher de sa cité, il contempla le ciel avec sourire et calma les appréhensions de son coeur que les horreurs du trépas avaient épouvanté et mis en détresse. XVII. L'Homme et son Idole. Amour, plaisir, bonheur, où étés-vous ?... N'êtes-rous pas on vain songe pour leurrer mon âme sensible ? Vous agites met nuits sans sommeil et Tons TOUS dissolues comme une poussière ; vous venez aiguillonner mes jours malheureux et vous n'êtes qu'un fantôme insaisissable... Ah ! disparais, disparais, conpe énivrante ”
“ Tant d’empressement à plaire, tant d’agrémens de tout genre pour plaire, tant de charme affectueux et de tendres soins pour ceux à qui elle avait plu, et tant de retenue et d’indépendance en même temps avec ceux qui lui plaisaient le plus, tant de sympathie et si peu d’entraînement, c’est surtout à ce rare mélange que Mme Récamier a dû ses universels et inépuisables succès. ”
Amédée Achard,
Envers et contre tous
“ Dieu est Là-Haut, Dieu nous voit et nous juge ! Ayez bon espoir, reprit Renaud ; j’en fais le serment, aussi longtemps qu’un cœur battra dans ma poitrine, aussi longtemps que ma main pourra tenir ce fer, j’emploierai ce bras et ce cœur à la délivrance de Mlle de Pardaillan. ”
Adolphe de Lescure,
Les Confessions de l'abbesse de Chelles…
(1863)
“ Oui, Seigneur, c'est avec joie que je déliai les premiers liens de mon sacrifice, et que, rendue à la liberté, j'en voulus user sans répit et comme d'un droit. Hélas ! à quel esclavage indigne dépassions, de déceptions et de regrets, je me condamnais ainsi aveuglément moi-même! Mais j'ignorais alors ce que je sais aujourd'hui. Le monde et ses plaisirs réapparaissaient comme l'oasis dont un décevant mirage offre au pèlerin l'image d'autant plus poursuivie qu'elle est insaisissable. ”
Louis Reybaud,
Ce qu'on peut voir dans une rue…
(1858)
“ Mais ce n'était là qu'un répit, et eût-il été de bonne foi, la nature devait reprendre le dessus. C'est ce qui arriva, et alors notre maison fut un enfer. Chaque jour éclatait une scène suivie d'un raccommodement. J'avais deux griefs contre Melchior, et sur aucun je ne lui laissais de trêve. ”
Octave Mirbeau,
Lettres de ma chaumière
“ Eh bien, monsieur, il y a encore beaucoup de bonnes gens, de braves gens du bon Dieu, qui croient que je suis une méchante femme, une rien du tout... Et pourtant, je vous jure, monsieur, je vous jure !... Et la Renaude, pliée en deux, brisée par l’émotion, se mit à sangloter. ”
Samuel Richardson,
Histoire du chevalier Grandisson
“ Remettez-vous, Mademoiselle : comptez sur les plus tendres attentions, sur tout le zele d’un véritable Frere. Généreux homme, me dit-elle enfin ; êtes-vous capable de me pardonner ? Est-ce du fond du cœur que vous me témoignez de la joie ? Je veux m’efforcer de me remettre. Vous m’avez parlé du reproche que je me fais à moi-même. Hélas ! je m’en fais réellement. ”
Auguste Lacaussade,
Les Épaves
“ « Telles ta grâce et ta fraîcheur, Disais-je, ô ma rebelle, Philis la belle ! » Les ramiers sous l’allée ombreuse Se disaient leur félicité ; Ivres d’aimer, leur voix heureuse Semblait gémir de volupté. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Voici Lachaud complimenté, au milieu de l’affirmation des convives, que c’est une bien bonne chose pour lui que cette visite... que l’homme a une grande influence. L’homme sort de sa petite voiture, se met sur ses jambes artificielles, embrasse les mains de Lachaud, s’écrie qu’il lui doit sa fortune, que sa femme après lui aura de quoi vivre, que ses enfants seront heureux : un vrai discours, prononcé moitié pleurant. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ Parle, et dis-nous bien vite comment nous pourrons échapper aux lacets horribles, affreux, qui menacent, comme les plus détestables joyaux, de se serrer autour de notre gorge. Malheureuses que nous sommes, nous le sentons d’avance, jusqu’à étouffer, jusqu’à suffoquer, ô Rhéa, grande mère de tous les dieux, si tu n’as pitié de nous. ”
Armand Renaud, Les Nuits persanes (1896)
“ Plus de blessures me cuisant ! Le sang, après les avoir closes, A mes mains donnait à présent La teinte et le parfum des roses. L'ÊTRE AIMÉ 239 Etalant son corps sculptural, L'être provoquait mon étreinte. Je m'en abstenais, dans la crainte De profaner un idéal. Prenant en pitié la torture De mon désir mal contenu : « Aime, dit-il, mon torse nu. L'idéal tient à la nature. » Alors je plongeai dans la chair, Des sens j'excitai la folie, Non sans regret que cette lie Souillât le rêve qui m'est cher. ”
