Armand Renaud, Recueil intime/Lemerre, 1881
“ A prendre tout est bon, ayant le moindre charme ; Rien n’est bon qu’à chasser, qui vous coûte une larme. Pourtant je suis rêveur à regarder la mer. Avec son flux grondant, le vaste gouffre amer Me fait peur et m’attire. Implacable à qui l’aime, Il m’a jadis tout pris, en m’attirant de même. Mais mon cœur bouillonnait ; et, dussé-je en mourir, J’y veux sentir encor l’ancien frisson courir. Je veux, la chevelure éparse, l’œil en flamme, M’élancer de nouveau vers l’horizon de l’âme, Et voir si, cette fois, faisant mon cœur plus fort, De mon rêve inconnu je toucherai le port. ”
