“ Tel, par le renouveau dont l’aube s’émerveille, Aux chants de ses aînés l’oiseau prend son essor. Ce n’est qu’un loriot, peut-être moins encor, Dont ainsi l’aile s’ouvre & la voix se réveille, Mais, artiste naïf à ferveur non-pareille, Pour lui sa note unique est comme un timbre d’or. — Vous en qui je retrouve & ma vie & mon âme, Qui prêtez à mon rêve un peu de votre flamme, Et vos chants à ma voix, ô poètes aimés ! Entre mes faibles mains que vos pages demeurent : L’amour y tient mes vœux les plus chers enfermés, Et l’espoir m’y sourit & mes regrets y meurent. ”
Louisa Siefert
Résumé
“Les Stoïques”, est une œuvre de Louisa Siefert. Des thèmes tels que Ô jours trop tôt perdus, le cœur ou l'espoir y sont abordés.
Citations de Les Stoïques (Louisa Siefert)
“ Ô mon cœur ! prie & chante & ramène tes vœux ; Ce bien est le plus cher de tous ceux que tu veux : Le parfum de la fleur brisée. Hélas ! l’heure qui sonne emporte un jour encor, Et l’attente stoïque a remplacé l’essor Dont la puissance m’est ravie ; Et je demeure seule, & je me dis, pendant Que dans le vide obscur mes yeux vont regardant : « L’amour est l’âme de ma vie ! » Débander l’arc ne guérit point la plaie. Marot. La tristesse a vaincu, je souffre & je me tais : J’ai de mon doigt glacé comprimé ma blessure, Ma tête se redresse & ma voix se rassure... ”
“ Comme si mille oiseaux, se croisant sur mon front, Avaient chanté pour moi leurs hymnes cadencées, Avant de s’envoler au ciel clair & profond. — Pourquoi rire ? les pleurs sont si près de la joie. Dans l’ombre douloureuse où le sort l’a jeté, Il n’est espoir si cher que mon cœur ne renvoie ; Il n’est amour si pur dont mon cœur n’ait douté. — Pourquoi pleurer ? la joie est si proche des larmes. Toute ombre dans son sein porte l’espoir du jour. Il n’est malheur si rude où ne soient quelques charmes, Il n’est bonheur si doux qu’on ne doive à l’amour. ”
