“ Reluisent d’un feu blanc sous les coups du soleil, Et Mai paraît, le mois des fleurs aromatiques, Et servantes et gars, en rustique appareil, Habits usés, bras nus, sabots au bout des piques, Qui de l’aurore au soir fatiguent les labours. Voici : les champs sont pleins, les fermes délaissées, On en remet la garde aux chiens veilleurs des cours, La glèbe, avec des mains calleuses, convulsées, Avec fièvre, avec joie, avec acharnement, La glèbe, pied par pied, coin par coin, est conquise ”
Glèbe
Définition et enjeux
La glèbe désigne, dans un sens historique, une parcelle de terre liée au serfage, où les paysans étaient attachés à la terre de leur seigneur. Ce concept, chargé de connotations sociales et économiques, a inspiré de nombreux auteurs. Émile Verhaeren évoque la glèbe comme un terrain de lutte et de conquête agricole, tandis qu’Henri de Régnier la compare à une force immobile et profonde.
Anatole France, lui, célèbre l’harmonie entre l’homme et la terre, tandis que Yvette Prost la présente comme un réservoir de vie. Ces approches, allant du réel rural à la métaphore, révèlent la diversité des interprétations de la glèbe, de son rôle historique à ses dimensions symboliques.
Citations sur “glèbe”
Henri de Régnier,
Les Médailles d’argile
“ Et, quand l’orme gémit et que tremble le pin, Je crois entendre encor en leur glauque murmure Se plaindre le cordage et craquer la mâture, Et l’oblique sillon que je trace en marchant Derrière ma charrue au travers de mon champ Me semble, dans la glèbe épaisse, grasse et brune, Quelque vague immobile, inerte et sans écume Qui se gonfle, s’allonge et ne déferle pas. ”
Anatole France,
La Vie littéraire
“ Leur visage, qui n'est empreint d'aucune pensée distincte, réfléchit seulement l'âme de la glèbe. On les dirait nés du sillon comme le blé qu'ils ont semé et dont ils mâchent le pain avec une lenteur respectueuse. Ils ont la beauté profonde qui vient de l'harmonie. Leur chair hâlée sous la poussière qui la couvre, cette poussière des champs qui ne souille pas, prend dans la lumière je ne sais quoi de fauve, d'ardent et de riche. L'or des gerbes les environne, une poussière blonde flotte autour d'eux, comme la gloire de cette antique Cérès éparse encore dans nos champs et dans nos granges. ”
Yvette Prost, Le Couple au jardin
“ Et, tandis qu’ils s’enchantent de la magie nocturne et de leur rêve commun, mille racines, mille germes s’abreuvent puissamment à la glèbe rouge, inépuisable réservoir de forces, de vertus héréditaires et de bonheur. ”
Ulric-Louis Gingras, Les Guérêts en fleurs
“ Et becquettent, craintifs, dans la glèbe féconde. Suivant de quelques pas à peine le semeur, Sur la herse courbé, son fils guide sa marche. Aiguillonnant les bœufs dont l’ombre se détache Plus vague en l’infini d’un beau jour qui se meurt. ”
Ulric-Louis Gingras, Les Guérêts en fleurs
“ Gardent encor des nids les amoureux échos. Ils fouilleront ainsi jusqu’au soleil couchant Le bon sein maternel et fécond de la glèbe, Broyant de pâles fleurs, détruisant gerbe à gerbe, Ce que le clos herbeux recèle de méchant. ”
Pamphile Lemay,
Picounoc le maudit
“ La grosse gerbe ! crièrent les voix joyeuses de la jeunesse. Alors tous se penchent sur la glèbe et enlèvent, dans leurs bras, une javelle qu’ils viennent déposer sur le lien de saule étendu au milieu d’une planche. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Le Glaive de Dieu. Proverbe : « Celui qui se servira du glaive, périra par le glaive. » GLÈBE n. f. (du latin gleba, morceau de terre) . Au Moyen-Âge, on désignait sous le nom de glèbe un fonds de terre appartenant à un seigneur et auquel le serf était attaché. Le serf, véritable esclave du régime féodal, n’avait pas le droit de quitter sa glèbe. Lorsque le seigneur vendait sa terre, comme un vil bétail il vendait son esclave avec, et ce dernier était obligé de travailler cette terre durant toute sa vie. ”
Adolphe Brassard, Les Mémoires d’un soldat inconnu
“ Quelle que soit la direction que prennent les regards des Molochs de la guerre, ils sont certains de s’assouvir de sang. Les cieux en sont éclaboussés, la terre en regorge, les flots en sont rougis. La mitraille perfore les nues et la surface du globe, et les nuages saignent et saignante aussi est la glèbe. ”
“ Poussés comme par le vent, on monte et on descend, au gré des vallonnements et des monceaux terreux, dans cette brèche démesurée du sol qui fut souillé, noirci, cautérisé par les flammes acharnées. La glèbe se colle aux pieds. ”
“ Qui boit, mange, s’endort, toujours courbe l’échine, Et de la glèbe antique est à jamais captif. Au soleil, devant lui, la terre s’ouvre et fume ; Les bœufs vont lentement d’un pas rythmique et sûr ”
Ivan Sergeevich Turgenev,
Lettres à Madame Viardot
“ Ah! je ne puis pas souffrir le ciel,—mais la vie, la réalité, ses caprices, ses hasards, ses habitudes, sa beauté fugitive... j'adore tout cela. Je suis attaché à la glèbe, moi. Je préférerais contempler les mouvements précipités de la patte humide d'un canard, qui se gratte le derrière de la tête au bord d'une mare, ou les gouttes d'eau longues et étincelantes tombant lentement du museau d'une vache immobile qui vient de boire dans un étang, où elle est entrée jusqu'au genou—à tout ce que les chérubins (ces illustres faces volantes) peuvent apercevoir dans les cieux... Mardi 2 mai, 9 h. ”
Camille Lemonnier,
Ceux de la glèbe
“ Tout l’été et l’automne, jusqu’à l’hiver, le champ prodiguait les pois, les fèves, les raves, les carottes et les choux ; les eaux vives dessous alimentaient les racines profondes ; une fermentation incessante le faisait ressembler à un ventre en travail. Ensuite, sous le froid ciel de nivôse, la glèbe s’immobilisait ; une mort pesait sur les sillons noirs, comme s’ils ne dussent plus reverdir ; mais derechef, au printemps, le fer faisait à ses entrailles la blessure sacrée ; et, aussitôt après, la vie recommençait. Ainsi, chaque année, la maternité de Ka saignait ”
Camille Lemonnier,
Ceux de la glèbe
“ Avec les ans sa condition de patiras toujours rabrouée s’était faite plus lourde, – l’hiver hersant le champ ou brouettant les fumiers, l’été fauchant ou fanant sous les plombs solaires, au printemps bêchant avec le père la glèbe pierreuse où le soir sous elle lui mangeait son ombre. Et, en outre, il lui fallait mener pâturer la vache et les porcs, monter aux arbres pour la cueillette du fruit, en septembre déverser les tines fétides sur la fermentation des choux. ”
“ On ne laboure, avant les neiges, que quelques pièces de chaume sec ou de la terre neuve. Les hommes, les bêtes et la terre sont fatigués. Aussi, rien ne ressemble moins aux bruyantes parties des labourages du printemps que les mornes promenades de l’attelage las du labour d’automne. La glèbe est vaseuse et froide ; le ciel est gris et bas, rayé de vols de corneilles qui croassent et s’abattent par bandes dans les sillons ou traînent des buées ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ L’autre, attaché à la glèbe qui l’a vu naître, borné à quelques années d’existence, l’emporte à peine en intelligence sur ce bœuf, tranquille compagnon de ses travaux. On trouvera une différence encore plus grande parmi les nations que parmi les individus. ”
Georges Eekhoud,
Nouvelle kermesses (Édition définitive…
(1894)
“ Des exhalaisons humides, l'haleine de la glèbe, montent des sillons et rendent encore les objets — arbres perdus, mamelons de dunes, halliers hérissonnés, lointains clochers d'églises — plus vagues et plus attirants. Dans le crépuscule, à mesure que la vision perd de sa netteté, l'oreille perçoit mieux les rumeurs : le jappement d'un chien, le timbre de l'angelus, le croassement d'un corbeau. ”
Alexandre Lemoine, Harmonies de la glèbe, par Alexandre Lemoine… (1847)
“ La coupe d'or étincelle depuis quinze ans sur la modeste table du prolétaire , et la Muse céleste y verse de temps à autre quelques rayons de miel. — Pour qu'une plante grandisse il faut qu'elle soit humectée ; la sueur de ceux qui travaillent a fertilisé l'aride glèbe , et lorsque la pensée a été du domaine de tous, il a fallu à l'intelligence de la Masse une source d'eau-vive où elle pût se désaltérer. ”
Gérard Walch, Anthologie des poètes français contemporains
“ C’est l’heure violette encor du crépuscule, Où l’arbre du coteau se détache plus fin ; La glèbe se prolonge à l’horizon sans fin ; La lumière est par l’ombre envahie et recule. Dans les champs où passa le vol rythmé des faulx, Tenant leur gerbe, ainsi qu’on rapporte un trophée, Les glaneuses, chacune agrestement coiffée, Regagnent le village en groupes triomphaux. Bien que lasses, cambrant avec fierté le buste, A travers les sillons dès l’enfance connus, L’humble tâche accomplie, elles rentrent pieds nus Dans leur beauté puissante et leur grâce robuste. ”
Jean Moyen, Les Champignons, traité élémentaire et pratique de mycologie… (1889)
“ XVIII. lui-même deux parties : 1° le péridie ou l'enveloppe, 20 une masse charnue fructifère, la glèbe, renfermée dans le péridie. Le péridie est formé de deux couches : l'une extérieure (voile) dont la surface peut être lisse ou verruqueuse, glabre ou tomenteuse ; l'autre intérieure (écorce) plus épaisse et de structure différente. La glèbe est la chair proprement dite ; elle est compacte ou creusée de lacunes, unie ou diversement marbrée. C'est dans l'épaisseur de cette masse que naissent les asques qui ont une forme globuleuse ou ovoïde et renferment de 1 à 8 spores. ”
Charles Péguy,
Œuvres complètes de Charles Péguy
“ Un homme de chez nous, de la glèbe féconde A fait jaillir ici d’un seul enlèvement, Et d’une seule source et d’un seul portement, Vers votre assomption la flèche unique au monde. Tour de David voici votre tour beauceronne. C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté Vers un ciel de clémence et de sérénité, Et le plus beau fleuron dedans votre couronne. Un homme de chez nous a fait ici jaillir, Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix, Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois, La flèche irréprochable et qui ne peut faillir. C’est la gerbe et le blé qui ne périra point, ”
Louis Veuillot,
Mélanges religieux, historiques…
(1842-1913)
“ Cependant, faites ce que vous voudrez, et que M. Gam- betta lui-même s'y emploie : cet homme attaché à la glèbe, et que rien ne séparera de la glèbe, c'est le genre humain et tout ce qu'e vous avez su faire n'a réussi qu'à l'attacher à la glèbe, de plus en plus, sur son chaume dévasté ; qu'à multiplier ses infirmités et à envenimer ses blessures ; il est plus lié, plus contribuable, plus soldat, et dans le fond de l'âme plus irrité de son sort, et il prend enfin l'envie de quitter son « sale métier » pour faire celui de vos valets, qui dès longtemps veulent faire le vôtre. ”
Jean Moyen, Les Champignons, traité élémentaire et pratique de mycologie… (1889)
“ Genre I. — PHALLUS, L. Satyre. Péridie composé de deux membranes résistantes séparées par une couche de gélatine. Glèbe en forme de chapeau campanulé, porté au sommet d'une colonne qui prend un grand développement à la maturité. Hyménium se transformant en un liquide fétide. 2 espèces : P. IMPUDIÇUS, L. chapeau perforé, alvéolé ; stipe fort, allongé volve blanche, très ample (fig. 283, 284) . — P. CANINUS, Huds. — Chapeau non perforée stipe grêle. Genre II. — CLATHRUS, Mich. Clathre. Glèbe sessile, disposée en rameaux anastomosés imitant un grillage. ”
Henry Morton Stanley,
Dans les ténèbres de l'Afrique…
(1890)
“ Dans le sol chaud et fécond il pousse à une hauteur prodigieuse ; il n'est pas moins élevé que de jeunes baliveaux, il y a quelques semaines, je cherchais encore à distinguer les germes au milieu de la glèbe ”
“ Elle ondoie, la main à ses cheveux teints, le rire à ses dents mouillées. Ses bas rouges frétillent, ses gants noirs se déchiquètent. Elle grandit comme si elle accourait vers son front, son front d'amant qui brûle et où les veines battent. ”
Georges Bousquet, Le Japon de nos jours et les échelles de l'Extrême-Orient… (1877)
“ Il a le front bas et déprimé, la boîte osseuse développée en arrière, l'angle facial très-ouvert, les yeux grands et bridés, la face ronde, le maxillaire inférieur protubérant, les pommettes saillantes, le nez épaté et les narines épaisses, la bouche très-grande et fendue par un rire presque perpétuel, en somme, l'aspect d'un carnassier, et le teint d'un Malais. C'est le type que l'on rencontre le plus fréquemment chez les hommes de la glèbe, et plus accusé au nord qu'au midi. ”
Jean de La Glèbe, Le diable est aux vaches
“ Et M. Pinette regardait tour à tour le Sauvage puis ses bêtes. Nous, les jeunes, regardions les deux hommes. L’âme commune souffrait évidemment, ou au moins était inquiète. L’une des plus grosses vaches essaya de se lever, mais n’en eut pas la force. Le bruit qu’elle fit en retombant avec lourdeur sur le pavé gluant, détermina chez les animaux le mouvement d’ensemble inquiet, puis nerveux, qui se produit quand le troupeau voit ou espère voir venir la ration. Le mouvement, comme une onde, se propagea à toute l’étable-écurie-bergerie-porcherie-poulailler. ”
Joseph Aubernon, Considérations historiques et politiques sur la Russie… (1827)
“ La servitude personnelle, abolie par les ukases, est maintenue par l'habitude et par l'ignorance. Attaché à la glèbe, ils ne peuvent ni quitter la terre dont ils dépendent, ni travailler pour leur compte, ni commercer, ni même mendier sans la permission du seigneur. Ils sont sous la police arbitraire de leurs maîtres, qui peuvent leur infliger les battogues, les désigner pour l'enrolement, et les employer selon leurs caprices à toutes sortes de métiers. Ils donnent de la puissance aux seigneurs, ils n'en ont aucune par euxmêmes. ”
Jean de La Glèbe, Le diable est aux vaches
“ Le marié semblait plus fier que jamais, mais avait l’air un peu gauche et dépaysé tout de même dans son habillement de noces tout en stoffe, son grand surtout noir, son chapeau haut de forme et ses gaiteurses neuves. ”
Jean de La Glèbe, Le diable est aux vaches
“ À mesure qu’il approchait du 3e rang, le Sauvage parlait un peu plus, surtout il questionnait. « Chez cet habitant-çi » disait-il, « comment ça va ? » — Pas trop ben non plus, répondait Baptiste, une vache de morte hier. Il y a quelque chose qui va pas dans la place, déclara le Sauvage. ”
Jean de La Glèbe, Le diable est aux vaches
“ Baptiste, le cœur bien gros, prit donc le chemin du Maine, avec ses deux meilleurs chevaux, laissant l’autre, plus les 14 vaches, la vachaille, les moutons, les porcs, tout enfin, à la garde de sa courageuse épouse et de ses enfants, encore bien jeunes pour pourvoir aux besoins d’un tel troupeau. ”
Jean de La Glèbe, Le diable est aux vaches
“ À une remarque que je fis à l’un des jeunes Pinette à l’effet que les poules souillaient la boisson des vaches, il me répondit avec une admirable quiétude de conscience : « A se quiennent pas toujours là ! Quand on ouvre la porte pi qu’y fait frette dans l’étabe, a se jouquent sû le dos des vaches pour se chauffer. A son ben là'.. ». ”
Jacques-Christophe Valmont de Bomare, Minéralogie, ou Nouvelle exposition du règne minéral… (1762)
“ Glace, glaceux, se disent d'une pierre qui n'est pas nette. Glaiseux, gras ou savonneux au toucher comme de l'argille fine, Glebes, s'entend des métaux ou des terres que l'on trouve dans des filons ou couches,détachés par petits morceaux : quelquefois on dit mottes de terre. , Gluten, est le lien qui unit les particules d'un corps : on dit glutineux d'une matière qui a la consistance d'un mucilage, Gravitation, est la pres¬ sion ou l'effort qu' un corps exerce sur un autre corps qui est audesous de lui. ”
Camille Lemonnier,
Ceux de la glèbe
“ Guenilleuse, une courte jupe aux hanches sous le casavet sans agrafes bombant aux pommes de sa gorge, – et jusqu’à seize ans couraillant par les chemins, ses rouges cuisses presque à nu sous le retroussis des coups de vent, les boutons de ses seins fleurissant par la bayure de la serpilière, – à peine maintenant, ses dix-huit printemps révolus, elle s’avisait du secret commandé à la chair. ”
“ L'eau verte stagne entre les gerbes d'herbes. Des fois elle se ride et la ride étend jusqu'aux rives son ourlet lumineux qui court. Des fois elle se gonfle de bulles grossissant, crevant. Blanche, la tête d'un nénuphar surnage emmi les feuilles palmées. ”
Camille Lemonnier,
Ceux de la glèbe
“ Une nuit, il eut un rêve : il lui parut qu’il était devenu le champ lui-même et qu’un maître jaloux lui tirait des boyaux son dernier sang. Des choux, des carottes, des betteraves, des pommes de terre lui sortaient du ventre, à travers un effort prodigieux ; mais il n’était jamais à bout ; une volonté despotique l’obligeait à engendrer sans relâche ; et finalement ses viscères dégorgèrent, que le tourmenteur engloutissait. Des affres mortelles le mouillaient ; il sentit réellement l’agonie ; et dans ses épreintes pour se vider de ses entrailles, brusquement il s’éveilla. ”
Camille Lemonnier,
Ceux de la glèbe
“ Et pareil à un tronc retenu en terre par les racines, mais de qui l’écorce ne rajeunit plus dans les feuillées, il traînait son bout de vie, paquet d’ossements ayant déjà de l’herbe de cimetière aux narines. ”
Camille Lemonnier,
Ceux de la glèbe
“ Puisque le champ les avait déçus, tout était à recommencer ; et sans passer un jour, les dimanches compris, sauf les heures de la messe, ils remuaient la terre, sous les ondées, les grêles et les neiges, infatigables. D’un bout à l’autre, l’aire fut travaillée à une grande profondeur. À chaque coup de la houe, la houle des cailloux émergeait, petits et gros, comme si autrefois une rivière eût passé là ; et les fibres des plantes gourmandes ressemblaient à des chevelures de femmes enterrées par tombereaux. ”
