Glèbe

Définition et enjeux

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren,  Poèmes

“ Reluisent d’un feu blanc sous les coups du soleil,
Et Mai paraît, le mois des fleurs aromatiques,
Et servantes et gars, en rustique appareil,
Habits usés, bras nus, sabots au bout des piques,
Qui de l’aurore au soir fatiguent les labours.
Voici : les champs sont pleins, les fermes délaissées,
On en remet la garde aux chiens veilleurs des cours,
La glèbe, avec des mains calleuses, convulsées,
Avec fièvre, avec joie, avec acharnement,
La glèbe, pied par pied, coin par coin, est conquise
”
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Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier,  Les Médailles d’argile

“ Et, quand l’orme gémit et que tremble le pin,
Je crois entendre encor en leur glauque murmure
Se plaindre le cordage et craquer la mâture,
Et l’oblique sillon que je trace en marchant
Derrière ma charrue au travers de mon champ
Me semble, dans la glèbe épaisse, grasse et brune,
Quelque vague immobile, inerte et sans écume
Qui se gonfle, s’allonge et ne déferle pas.
”
Source : Wikisource

Portrait de Anatole France Anatole France,  La Vie littéraire

“ Leur visage, qui n'est empreint d'aucune pensée distincte, réfléchit seulement l'âme de la glèbe. On les dirait nés du sillon comme le blé qu'ils ont semé et dont ils mâchent le pain avec une lenteur respectueuse. Ils ont la beauté profonde qui vient de l'harmonie. Leur chair hâlée sous la poussière qui la couvre, cette poussière des champs qui ne souille pas, prend dans la lumière je ne sais quoi de fauve, d'ardent et de riche. L'or des gerbes les environne, une poussière blonde flotte autour d'eux, comme la gloire de cette antique Cérès éparse encore dans nos champs et dans nos granges. ”
Source : Gutenberg

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