Jean de La Glèbe

Résumé

Jean de La Glèbe Le diable est aux vaches

Et M. Pinette regardait tour à tour le Sauvage puis ses bêtes.
Nous, les jeunes, regardions les deux hommes.
L’âme commune souffrait évidemment, ou au moins était inquiète. L’une des plus grosses vaches essaya de se lever, mais n’en eut pas la force. Le bruit qu’elle fit en retombant avec lourdeur sur le pavé gluant, détermina chez les animaux le mouvement d’ensemble inquiet, puis nerveux, qui se produit quand le troupeau voit ou espère voir venir la ration.
Le mouvement, comme une onde, se propagea à toute l’étable-écurie-bergerie-porcherie-poulailler.
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Jean de La Glèbe Le diable est aux vaches

Baptiste commençait presqu’à regretter d’avoir promis le meilleur de ses chevaux au Sauvage, s’il trouvait le remède au mal.
Devinant sa pensée, le Sauvage dit : « Cette nuit on ira à la messe et on verra le curé, si tu veux. Si je guéris pas tes animaux, tu ne me devras rien. Mais si tu ne me laisses pas faire seul avec l’homme qui va venir, ramène-moi chez-nous tout de suite. Je ne m’en mêle plus. C’est oui ou non, et dépêche-toi ! l’homme s’en vient. »
— Quel homme ?
— Le seul homme qui puisse m’aider à chasser le sort. On ne nomme personne et on n’accuse personne
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Jean de La Glèbe Le diable est aux vaches

C’est moé qui l’ai vu sortir la première audessus de l’étable de Baptiste Pinette, par la cheminée...
— Vous avez vu sortir quoi, Memère ?
— Le guiabe en personne : Satan et ses petits, Belzébut avec sa grand’fourche, parmi les sarpents, les escarpions, les éclairs, la chasse-galerie, les lutins, les gripettes, tout y était. Pi ça sentait !... je sais pas quoi... J’ai jamais vu in odeur pareille ! Pi un vacarme... des cris... des cris de morts, savez...
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