Fernand Passelecq

Résumé

Fernand Passelecq La dernière étape (1912)

Chanchet était, en effet, couché sur le côté, en chien de fusil et, pour vaincre la difficulté de respirer, il avait renversé la tête en arrière le plus possible, la bouche ouverte cherchant avidement un peu d'air frais au-dessus du tas de sacs de jute empoussiérés et malodorants où il reposait. Le curé posa à l'aveuglette la main sur le front brûlant et tout suant comme la poitrine. Il prit ensuite le poignet, mais ne parvint pas à mesurer le pouls qui, par moments, battait la chamade et, par moments, s'interrompait tout à fait, comme si la vie avait déjà des absences.
Source : Gallica

Fernand Passelecq La dernière étape (1912)

De leur vie, ils n'avaient encore eu l'aubaine d'observer ce spectacle rare : un homme comptant son pécule. L'opération la plus jalousement dérobée qui soit chez les campagnards, celle qu'on ne fait que la nuit, au plus profond de sa maison, porte fermée et volets bien clos, à l'abri de tout regard étranger, Chanchet la faisait là, à deux pas, devant eux, sous leurs yeux. C'était comme s'ils avaient lu à livre ouvert dans les affaires les plus secrètes du pauvre; avidement, immobiles, retenant leur souffle, ils regardaient...
— Le voyez-vous bien, Thérèse ? fit tout bas le censier.
Source : Gallica

Fernand Passelecq La dernière étape (1912)

Thérèse, l'une des fermières, qui travaillait dans la cuisine, entendit le bruit confus d'un corps qui s'affaisse, puis le son mat d'un crâne heurtant la pierre et la dégringolade d'un bâton sur les pavés.
Elle accourut :
— Eh bien ! quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?... s'écria-t-elle effrayée. Mon Dieu, mon Dieu, c'est bien Chanchet !... qu'est-ce qui vous prend donc là, mon pauvre homme ?
Jean-François gisait évanoui sur les marches, le corps tout déjeté, le visage blême, les yeux grands ouverts et égarés
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature