“ On n’attrape pas une pleurésie sans raison. Il aura voulu prendre l’air après son dîner : et le froid lui sera tombé sur la poitrine. Une pleurésie ! C’est un accident, cela ; ce n’est pas même une maladie ! Il n’y a que les fous qui meurent d’une pleurésie ! ”
Pleurésie
Définition et enjeux
La pleurésie désigne l'inflammation de la plèvre, souvent accompagnée de douleurs thoraciques aiguës. Depuis l'Antiquité, elle a inspiré des réflexions médicales et littéraires. Hippocrate en souligne la gravité, tandis que Philippe Pinel met en évidence sa différence avec la pneumonie.
François Rozier décrit des manifestations atypiques, et Paul-Édouard Tardy évoque ses complications tuberculeuses. En littérature, Alfred de Musset et Sibilla Aleramo explorent symboliquement le lien entre larmes et souffrance, illustrant une dimension émotionnelle du concept. Ce thème interroge ainsi les rapports entre corps, maladie et représentations culturelles.
Citations sur “pleurésie”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ On donne le nom de pleurésie fausse, ou de pleurésie bâtarde, à celle dont le siège de la douleur est plus externe que dans la pleurésie vraie, sèche, ou humide, dont nous venons de parler. Ainsi, dans la pleurésie fausse, la douleur se fait sentir principalement dans les muscles intercostaux. ”
François Martin, De la pleurésie rhumatismale (1876)
“ Les malades n'accusent qu'assez rarement le frisson que l'on remarque dans la pleurésie ordinaire. La douleur quelquefois très-vive, est ordinairement modérée ; elle n'est pas localisée en un point fixe, mais disséminée dans le côté atteint. ”
Philippe Pinel,
La médecine clinique rendue plus précise et plus exacte par l'application de l'analyse…
(1802)
“ Pour fixer les idées relativement à la pleurésie, si souvent confondue avec la péri pneumonie, il a fallu rapporter des exemples de pleurésie simple ; si les symptômes sont modérés, la saignée est superflue, 346. ”
Paul-Edouard Tardy, De la tuberculose basale post-pleurétique (1913)
“ Un malade se présente à nous avec des symptômes nets de pleurésie : matité, abolition des vibrations, skodisme, sensation de flot, oegophonie et pectoriloquie aphone', ponc-tion et radioseopie positives. ”
Hippocrate,
Dictionnaire de médecine dogmatique…
(1816)
“ Les pleurésies sans convulsions sont plus graves que celles dans lesquelles il y en a. Coac. iij. 128. A. 55y, 14. Les douleurs pleurétiques qui, étant d'abord légères, s'aggravent vers le cinquième ou le sixième jour, signifient que la maladie se prolongera jusqu'au douzième. Peu de malades guérissent. Le danger augmente vers le septième et le douzième jour; mais ceux qui passent le quatorzième, en réchappent. Cnac. iij. 138 ad 140. J.. 558 et De morb. iij. xx. 7 et seq. B. 110. 1 5. Le sang qui coule goutte à goutte des narines, est de mauvais augure, dans la pleurésie. Coac. iij. ”
Sibilla Aleramo traduction Pierre-Paul Plan , Le Passage, suivi de Transfiguration
“ Je lui ai pris doucement la tête et l’ai posée sur ma poitrine. Il s’est calmé. Il m’a souri.Que veux-tu savoir de plus ? Que peut t’importer tout le reste ? Pleure, pleure et gare le silence, créature ; car moi aussi, je pleure dans mon cœur, aussi pour toi, tu sais, aussi pour toi.Mais ce n’est pas à cause de tes larmes que je souffre, ni à cause des miennes. Les larmes les plus brûlantes ont aussi quelque chose de bon, quelque chose de saint qui nous les rend chères. Je ne souffre pas de te voir pleure : les larmes ne sont pas contraires à la vie. ”
Alfred de Musset,
Alfred de Musset
(1867)
“ Quand la douleur est vraie, Elle l'aime. Vos maux, dont on vous saura gré, Feront horreur à tous, à quelques-uns pitié. Mais changez de façon : découvrez-leur une âme Par le chagrin brisée, une douleur sans fard, Et dans un jeune coeur des regrets de vieillard ; Dites-leur que sans mère, et sans soeur, et sans femme, Sans savoir où verser, avant que de mourir, Les pleurs que votre sein peut encor contenir, Jusqu'au soleil couchant vous n'irez point peut-être... Qui trouvera le temps d'écouter vos malheurs ? On Croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs. ”
Jean-Antoine de Baïf,
Les poètes de la Pléiade : Pontus de Thyard…
(1911)
“ Si les larmes servoient de remède au malheur, Et le pleurer pouvoit la tristesse arrester, On devroit (Seigneur mien) les larmes acheter, Et ne se trouveroit rien si cher que le pleur. Mais les pleurs en effect sont de nulle valeur : Car soit qu'on ne se veuille en pleurant tormenter, Ou soit que nuict et jour on veuille lamenter, On ne peult divertir le cours de la douleur. Le coeur fait au cerveau ceste humeur exhaler, Et le cerveau la fait par les yeux dévaller. Mais le mal par les yeux ne s'allambique pas. ”
George Sand,
Histoire de ma vie
“ J’ai toujours entendu dire que les pleurs allégent le chagrin, j’ai toujours éprouvé le contraire, je ne sais pas pleurer. Dès que les larmes me viennent aux yeux, les sanglots me prennent à la gorge, j’étouffe, ma respiration s’exhale en cris ou en gémissemens : et comme j’ai horreur du bruit de la douleur, comme je me retiens de crier, il m’est souvent arrivé de tomber comme une morte, et c’est probablement comme cela que je mourrai quelque jour si je me trouve seule, surprise par un malheur nouveau. ”
Henri Heine,
Revue des Deux Mondes
“ SOIF DE REPOS. Laisse saigner tes blessures, laisse tes larmes couler sans tarir; il y a dans la douleur des débauches de volupté secrète, et les pleurs sont un baume bien doux. Si une main étrangère ne t’a pas blessé, tu feras bien de te blesser toi-même; n’oublie pas non plus de remercier gracieusement le bon Dieu quand des larmes mouilleront tes joues. Le bruit du jour s’évanouit, la nuit descend avec ses longs crêpes. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Comment es-tu si triste au milieu de la commune joie ? On voit à tes yeux que sûrement tu as pleuré. — Si j’ai pleuré, solitaire, c’est d’une douleur qui n’afflige que moi ; et les larmes que je verse sont si douces, qu’elles me soulagent le cœur. ”
A. Carlier, Contes et légendes, par A. Carlier (1865)
“ Souvent, quand la pluie ou la neige Nous retenait à la maison, Elle entonnait une chanson Ou contait une histoire, un conte; enfin que sais-je? Elle voulai que nous fussions contents. Je n'aime point les pleurs, surtout ceux des enfants, Ils sont injustes, disait-elle. Bien d'autres plus que vous ont droit à la pitié. C'est leur en prendre la moitié Que l'exciter en nous pour une bagatelle. Le coeur durcit à voir couler des pleurs. Tous nos jours ne sont pas de fleurs ; Donc que nos larmes soient sincères, Nous serons cru quand viendront les douleurs. ”
Hippolyte Raynal, Malheur et poésie ; par Hippolyte Raynal (1834)
“ MALHEUR ET POÉSIE. 273 joues ? Mes poumons se sont rétrécis dans dans ma poitrine, privés de l'air utile au jeu de leur ressort; mes veines sont épuisées desang; et par une conséquence nécessaire de ces ravages, mon imagination s'est éteinte; mon âme est triste et désenchantée de tout : sur mon visage où vous avez antidaté les . rides, la folle gaîté ne se réjouit jamais; vous m'avez presque fait oublier le sourire; vous avez fauché les cils de mes yeux, tari la source abondante de mes larmes : à moi qui ne connais rien de plus doux que les pleurs! ”
Pierre Du Ryer Jacques Bessin, préfacier, Lisandre et Caliste, tragi-comédie par le Sr…
“ Ont épargné pour toi des soupirs et des pleurs,Toutefois ne viens pas, tu dirais que ma boucheNe donne que du vent à l'amour, qui me touche,Tu dirais que mes yeux en te donnant de l'eauTe font voir l'inconstance ou du moins son tableau, [1075] Ou bien qu'ayant donné ma raison à tes charmesC'est te donner trop peu que de donner des larmes ;Mais si des pleurs sont peu je verserai du sang,Je t'ouvrirai mon sein, je t'ouvrirai mon flanc,Je ne dis pas mon coeur, car hélas ! Ton image [1080] L'a dès longtemps ouvert au malheur qui m'outrage.Que me servent ces pleurs, dont j'arrose mes pas ? ”
Marie Lenéru,
Journal de Marie Lenéru
“ Écrire pour pleurer et pour sangloter à quoi bon ? Rien n’est plus mauvais et qu’est-ce que cela m’apprendrait ? C’est mon état normal. On ne pleure que devant quelqu’un, mais avoir en dedans, toujours, le frisson des larmes... ”
Hendrik Conscience,
Scènes de la vie flamande
“ Un cri aussi aigu qu’une exclamation de douleur s’échappa de la poitrine du jeune homme, il porta les deux mains à ses yeux ; deux torrents de larmes jaillirent sur ses joues, larmes si abondantes qu’elles passèrent entre ses doigts. ”
Hygiène des douleurs. Les nerfs et leur curieuse influence sur le physique et le moral… (1867)
“ Les chagrins naissent des pertes, des revers de fortune, des désillusions, des espérances déçues. Les nouvelles fâcheuses, l'amour-propre blessé, les trahisons, les parjures, etc., etc., affectent douloureusement le moral et développent des chagrins plus ou moins vifs. — Les chagrins revêtent mille nuances depuis la plus légère jusqu'à la plus sombre. — Les chagrins aigrissent le caractère, et rendent l'individu très-sensible aux choses ou aux circonstances qui, dans l'état naturel, ne l'eussent que faiblement affecté. —Les chagrins creusent des rides au front et des sillons au coeur. ”
Ernest La Jeunesse,
L'Holocauste: Roman Contemporain
“ Nos larmes jumelles se brisent l’une contre l’autre, se joignent, se mêlent et nous nous serrons plus fort, nous pleurons plus fort, de tout notre cœur, de notre semaine vide, de tout nous. Chérie, chérie, ces galeries, ces salles fermées, [143] tout est plein de douleurs d’amour, de rencontres aussi et de pleurs, de pleurs doux-amers, comme disait notre Pléïade. ”
Ludovic de Vauzelles, Oeuvres poétiques de Ludovic de Vauzelles… (1888)
“ Femme digne d'envie, et par vous, mon Admète ! Mais quoi! vous me trompez... vous essuyez des pleurs ? ADMÈTE. Ce sont des pleurs de joie. ALCESTE. Ainsi pleuraient mes soeurs, Quand leur main criminelle égorgea notre père ! Le jour qu'elle mourut, ainsi pleurait ma mère ! Ce sont des pleurs de joie? oh! non: vous vous troublez, Vous avez un chagrin que vous dissimulez. Mais l'oracle, seigneur, qu'a-t-il dit ? car, j'y pense, Vous l'avez consulté... C'était en mon absence. Vous vous cachiez... C'est lui qui fait couler vos pleurs. Qu'a-t-il dit ? qu'a-t-il dit ? Répondez, ou je meurs. ”
Émilie Arnal,
La Maison de granit
“ Que la chaleur du jour brûlera de sa fièvre Ton cœur fragile et fort : La rose de la joie en tes mains sera sèche, Et tu voudras pleurer ! Alors viens te pencher près de cette onde fraîche Pour te désaltérer. Et relève tes yeux obscurcis par les larmes ! Écarte le passé... Pour te vaincre, la vie a de perfides armes, Ô pauvre ami blessé ! ”
Edmond Thy,
Apprentissage de la vie : avec une dédicace à la mort
(1861)
“ Il a pleuré en m'embrassant et j'ai fait comme lui. On a beau dire, les larmes, à un moment donné, valent mieux que la gaieté. Elles ont leur jouissance, que rien ne pourrait remplacer. C'est la volupté de la douleur. ”
“ Notre cœur blessé se détend Et dans un sanglot palpitant Exhale un long cri de détresse, Quel bonheur ! si, dans sa tendresse, Une âme aimante nous entend Et nous console en racontant, Elle aussi, sa propre tristesse. Consolateur & consolé Versent alors d’un œil troublé Des larmes d’angoisse & de joie ; Et tous deux bénissent les pleurs, Ces ruisseaux que Dieu nous envoie Afin d’emporter nos douleurs. xxÀ Mlle Adèle Souchiersur son recueil de poésies : L’OISEAU BLESSÉ Le poète, arraché du char d’Ézéchiel, Sur notre sol ingrat de pleurs se rassasie ”
Maurice Leblanc,
Les Lèvres jointes
(1899)
“ Soudain elle s’aperçut qu’elle était baignée de larmes, et que ces larmes coulaient indéfiniment. Cependant elle n’avait point l’impression de pleurer et d’être la source de ces larmes. Elle se leva. Les larmes coulèrent le long de sa gorge et de ses bras, et de ses hanches, comme de la sueur. ”
Edmond Rousse,
Revue des Deux Mondes
“ Quand je veux, où je veux, partout où me prend un accès plus violent, un enfantillage plus irrésistible de cris inutiles et de larmes stupides, je peux pleurer, crier, hurler sans pudeur et sans témoins. Vous, mon cher ami, qui, pour votre malheur, avez le cœur fait à peu près comme le mien, vous comprenez, j’en suis sûr, ma faiblesse ou mon courage, et je ne cherche pas à m’en excuser auprès de vous. ”
Anonyme, Un été à la campagne (1868)
“ Ô malheur ! la bougie est soufflée, tout disparaît dans les ténèbres... Pas même le secours de la lune à espérer ! Que faire ? Écouter, puisque c’est la seule ressource qui me reste. J’écoute donc. Rose pleure, se lamente, supplie ; larmes, supplications inutiles. Les mots entrecoupés qu’elle laisse échapper sont-ils l’expression de la souffrance ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que Me J... ne s’en montre guère touché, et poursuit implacablement son œuvre... Ah ! les gémissements redoublent... Rose pousse un cri aigu, un cri assurément arraché par la douleur. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine
“ La tristesse, langueur du corps humain M’attendrissent, me fléchissent, m’apitoient, Ah ! surtout quand des sommeils noirs le foudroient. Quand les draps zèbrent la peau, foulent la main ! Et que mièvre dans la fièvre du demain, Tiède encor du bain de sueur qui décroît, Comme un oiseau qui grelotte sous un toit ! ”
Arnould Frémy, La Cousine Julie, par Arnould Frémy (1860)
“ Il y avait parfois dans ses gestes, ses transports, ses sourires vagues et convulsifs un certain enfantillage pathétique qui ajoutait encore à l'expression de son chagrin. Le coeur, dans ses élans de peine comme dans ses joies excessives, se rapproche du berceau même de la vie. ”
Alfred de Musset,
Alfred de Musset
“ Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau, Et pour qui la douleur n’est qu’une goutte d’eau ? Ô poète ! un baiser, c’est moi qui te le donne. L’herbe que je voulais arracher de ce lieu, C’est ton oisiveté ; ta douleur est à Dieu. Quel que soit le souci que ta jeunesse endure, Laisse-la s’élargir, cette sainte blessure Que les noirs séraphins t’ont faite au fond du cœur ; Rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur. ”
Charles-Louis Philippe,
Marie Donadieu
“ Vois-tu, ce qui me fait de la peine, c’est si tu pleurais un jour. Tu n’as guère pleuré dans ta vie, tu ne sais pas encore comment c’est fait. Tu verras. C’est bien triste et tu ne connais pas encore ce qu’on appelle le chemin des larmes. ”
Alexandre Ducros, Caresses d'antan, 1847-1896... (1896)
“ A. tes chants ma douleur s'endort, Et lorsque leur doux bruit s'achève, Il recommence dans mon rêve, Ineffable et céleste accord! Mais loin de nous tu t'es enfuie! Maintenant tout n'est que douleurs; Avec l'absence sont les pleurs, Les pleurs que nulle main n'essuie! Et tout est triste devant moi ! Mon âme sanglote à toute heure..., Je te cherche dans ma demeure, Toujours toute pleine de toi! Reviens, reviens, ô jeune fille! Car moi je pleure et j'ai vingt ans! Et je vois le soleil qui brille, Baiser les roses du printemps! ”
Écrin poétique de littérature anglaise… (1841)
“ La douleur que suspend seulement ton sommeil, N'attend pour t'accabler que l'instant du réveil. Enfant! tu pleureras comme a pleuré ton père. Trompés par la folie et de vaines erreurs, Nous ne nous dégageons de leurs indignes charmes Qu'après avoir sur nous attiré les malheurs. Pour nos fautes bientôt il n'est plus que des larmes. Malgré que la douleur, de sa pesante main, N'ait point encor touché ton front pur et serein, Tu souriras à peine aux baisers de ta mère, Qu'une larme aussitôt... ”
Gabriel Martin, Les poésies fantaisistes (1886-1893… (1894)
“ La douleur est plus vive au milieu de la joie ! Tandis que la gaîté renaît, son œil se noie De larmes. S'éloignant sur les bords de la mer, Seule, elle se donne au regret pénible, amer ! Et, dans le soir qui met son manteau gris de perle, Elle mêle ses pleurs à l'onde qui déferle !. ”
Mel Bonis,
Souvenirs et Réflexions
“ Nullement réparatrices, les larmes de colère, d’ambition déçue, de jalousie, d’envie, d’orgueil blessé, d’attendrissement sur soi-même. Pleurer ses fautes, pleurer celles d’autrui, voilà les larmes que recueillent les anges pour les offrir à la miséricorde divine. On se trompe souvent sur la nature des larmes versées, prenant ce qui n’est que vil pour l’ardente effusion d’un cœur pur. Souvent même, on pleure pour pleurer, dans un sentiment voluptueux. On pleure parce qu’on a les nerfs tendus, malades ”
George Sand,
Évenor et Leucippe
“ Il sait que les larmes sont l’expression du chagrin ou tout au moins de la souffrance et de la contrariété. Il s’en rend compte, puisqu’il se sert des cris et des pleurs comme d’un langage pour exprimer ses besoins. ”
Sophie Gay,
La Duchesse de Châteauroux
(1834)
“ Et l’excès de la douleur étouffant sa voix, il tombe à genoux près du lit de la mourante, il baigne de larmes ses mains à demi glacées ; on dirait que ses cris, ses pleurs la raniment ; elle fixe sur lui des yeux sans regard ”
Abbé X., Amélie ou Les derniers jours d'une poitrinaire (1874)
“ Ce matin, elle a dit qu'elle était parfois tentée de pleurer, et qu'il lui semblait que les larmes la soulageraient. Comme on l'engageait à les laisser couler : « Non, non, a-t- elle repris ; ma position est trop belle pour pleurer.» ”
Pétrarque,
Les Rimes de François Pétrarque
“ Tout le jour je pleure ; et puis, la nuit, quand les misérables mortels prennent du repos, je me retrouve tout en pleurs et je vois redoubler mes maux ; ainsi je dépense mon temps dans les larmes. Je vais consumant mes yeux en une triste humeur, et mon cœur dans la douleur ; et parmi les animaux, je suis si bien le dernier, que les traits amoureux me tiennent constamment éloigné de toute paix. ”
Xavier Bichat,
Recherches physiologiques sur la vie et la mort…
(1805)
“ Examinez donc toujours dans les personnes chez qui la fureur , la douleur, le chagrin se manifestent, si l'état du pouls correspond aux mouvemens externes. Quand je vois une femme pleurer, s'agiter, être prise de mouvemens convulsifs à la nouvelle de la perte d'un objet chéri, et que je trouve son pouls dans son état naturel, je fais ce raisonnement : la vie animale est ici seule agitée ; l'organique est calme: or, les passions , les émotions portent toujours leur influence sur la dernière ; donc l'émotion de cette femme n'est pas vive; donc ses mouvemens sont simulés. ”
