Résumé

Hippolyte Raynal Malheur et poésie ; par Hippolyte Raynal (1834)

MALHEUR ET POÉSIE.
De mes jours malheureux que le voile se lève : Tu verras un secret à te faire pitié ! Songe que des humains la plus belle moitié, Pour mon âme de feu ne fut toujours qu'un rêve.
Mais, femmes, qu'il fut beau! Vous n'avez rien perdu. J'ignore le bonheur qu'on goûte à vous connaître; Mais quoi que vous soyez, vous ne pouvez mieux être Que l'image qui règne en mon coeur éperdu.
Autrefois j'enviai l'éclat de la richesse ; Mes désirs sont changés : aujourd'hui j'aime mieux Un petit toit bien bas, près d'un chêne bien vieux, Ma lyre, et pour ma muse une tendre maîtresse.
Source : Gallica

Hippolyte Raynal Malheur et poésie ; par Hippolyte Raynal (1834)

La paix de mon coeur est la preuve
De son intacte pureté.
Que l'Opinion, que j'affronte,
Sache qu'on peut tomber sans honte :
Opprobre à qui l'a mérité !
Ce n'est plus le captif, chargé d'ignominie, Expiant dans les pleurs le crime de la faim ; C'est la pâle victime évoquant son génie, Et du linceul des morts se dépouillant enfin. Approchez juges de la terre. De votre fatal ministère Rendez compte aux temps assemblés. Ici le meurtre est sans excuse Et c'est ma voix qui vous accuse : Qu'avez-vous, juges?... vous tremblez.
Source : Gallica

Hippolyte Raynal Malheur et poésie ; par Hippolyte Raynal (1834)

J'aime à rêver quand mon âme en délire Plane inspirée au sein des immortels ; Du dieu des vers j'ose prendre la lyre, Et les humains m'élèvent des autels. Comme un éclair, quand mon rêve s'efface, Quand sous mon toit j'ai dû me retrouver, Sur ces autels dont il n'est plus de trace J'aime à rêver.
J'aime à rêver sur le bord du rivage Quand, échappé dans les plaines de l'air, Sur mon front pâle amoncelant l'orage, Un vent fougueux soulève au loin la mer, Par la pensée, errant au sein de l'onde, Assis au port où je puis la braver, Tranquille , au bruit de la foudre qui gronde, J'aime à rêver.
Source : Gallica

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