Résumé

Laurent de Jussieu Antoine et Maurice, par L.-P. de Jussieu (1821)

Mais la charité ne connaît aucune crainte, et l'aumônier approcha. Nous vîmes alors une crispadon dans tous les muscles du moribond : c'est ainsi qu'on nous représente le possédé en proie à la fureur du démon qui l'agite. « Retire-toi, prêtre', s'écria-t-il ; que me veux-tu? - Te sauver, répondit l'apôtre , te faire entendre la voix de Dieu qui t'offre encore pardon et miséricorde.— Je ne connais pas ton Dieu, je ne connais que l'enfer qui est dans mon sein. Viens-tu m'empêcher de mourir ? je ne veux pas mourir ! non, non, je ne veux pas mourir! »
Source : Gallica

Laurent de Jussieu Antoine et Maurice, par L.-P. de Jussieu (1821)

Faut-il te parler plus clairement et d'une manière plus calme? Oui, je suis converti; je crois en Dieu , je fonde mon espoir pour cette vie et pour l'autre dans sa providence et dans sa bonté ; je crois à la justice, à la vertu, et je les veux pratiquer; je connais mes devoirs comme homme et comme coupable, je veux les remplir en travaillant et en réparant mes crimes passés. Me comprends-tu maintenant? et veux-tu essayer de m'imiter, ô mon pauvre Maurice? — Ce que tu me dis là, répondit Maurice en souriant, ne devrait pas m'étonner; tu as toujours été un homme craintif et faible.
Source : Gallica

Laurent de Jussieu Antoine et Maurice, par L.-P. de Jussieu (1821)

Telle est la vie que je mène ici depuis bientôt six ans. Dieu m'a donné la force de persévérer; et ma captivité a été adoucie par une conduite laborieuse et par une espérance soutenue. Mon ami, ô mon cher Maurice, j'ai été perdu autrefois pour avoir suivi ton exemple; oh! je t'en conjure, sois sauvé en imitant le mien. Maurice, tu ne sais pas encore ce que c'est qu'une captivité de six ans; ne dédaigne pas des secours qui ont pu me la faire supporter sans trop de peine, et me mettre en état de reprendre ma place dans la société.
Source : Gallica

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