Élise de Pressensé

Résumé

Élise de Pressensé Deux ans au lycée (1867)

Ce n'est qu'un mot, dit Maurice d'un air sombre ; on le dit, on l'écrit, on le répète, mais cela n'a aucun sens ; aussi longtemps que je verrai tant de misère, d'ignorance et de mal sur la terre je ne croirai pas à cet amour de Dieu.
– Mais ne comprenez-vous donc pas que cette misère et ce mal, ce sont les hommes eux-mêmes qui en sont cause parce qu'ils se sont détournés de Dieu ? Dieu est toujours et pour tous le même, saint, juste, infiniment bon, infiniment grand. Il est la vie, et tout ce qui est beau et vrai vient de lui.
Source : Gallica

Élise de Pressensé Deux ans au lycée (1867)

Voulez-vous savoir le dernier fond des choses, mon cher Mentor ? Il n'y a pas un de ces garçons-là de qui je fasse autant de cas que de ma pantoufle. Ils n'ont ni coeur, ni esprit,
ni idées, ni conversation, ni principes, rien !.. Non, rien que leur jargon et leur noeud de cravate.
– Et pourquoi donc les voyez-vous ? demanda Gabriel étonné.
– Parce qu'il faut bien vivre dans le monde où l'on est. Parce que ma mère tient à ce que j'aie ces relations distinguées. Parce qu'ils sont, dit mon père, des jeunes gens comme il faut.
Source : Gallica

Élise de Pressensé Deux ans au lycée (1867)

Et il regarda attentivement l'enfant qui attachait sur lui ses doux yeux bleus, mais il n'y vit rien de surnaturel, comme il paraissait s'y attendre, rien qu'un rayon de tendresse et de joie qui semblait venir du ciel.
– Il faut que je m'en aille, Francine, dit-il en la mettant à terre.
– Mais tu reviendras ?
– Oui, je reviendrai.
– Bientôt ?
– Oui, si ta mère le permet.
– Mère, dit Francine, et quand elle se tourna vers elle le rayon se ternit dans ses yeux, mère, Maurice peut revenir, n'est-ce pas ?
– Oui, dit Madame Pernaud d'un ton peu encourageant, si cela te fait plaisir.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature