Résumé

Eudoxie Dupuis Cyprienne et Cyprien, par Mlle Eudoxie Dupuis (1878)

Claude Rabuteau s'était montré, comme sa femme, profondément affligé du malheur qui avait frappé Cyprien. Chaque fois qu'il rentrait de son ouvrage, à l'heure des repas, ce n'était qu'avec un serrement de coeur qu'il embrassait le petit garçon. En le trouvant si beau, si vif, si fort, si intelligent, il se voyait avec chagrin forcé de renoncer à
l'avenir brillant que les parents rêvent toujours pour leurs enfants, et qui, selon lui, eût-été le partage de son fils s'il avait conservé toutes ses facultés.
Source : Gallica

Eudoxie Dupuis Cyprienne et Cyprien, par Mlle Eudoxie Dupuis (1878)

Ne me plaignez pas, madame, répliqua Cyprien. C'est à mon infirmité que je dois de connaître ce que l'amour d'une soeur a de plus tendre, de plus dévoué, de plus délicat. Si j'avais été doué comme les autres enfants, certes, Cyprienne m'eût aimé, son coeur s'attache si facilement ; toutefois je n'eusse jamais connu tout ce qu'il y a en elle de grand, de beau et de bon. Être déshérité, c'était avoir droit de sa part à un redoublement d'affection.
Source : Gallica

Eudoxie Dupuis Cyprienne et Cyprien, par Mlle Eudoxie Dupuis (1878)

Elle-même avait peine à retenir ses larmes et il lui fallait toute l'énergie dont elle était capable et tout son désir de ne pas augmenter le chagrin de Cyprien pour ne pas céder à sa douleur. Le jeune garçon sembla enfin deviner ce qui se passait dans l'âme de sa soeur ; il se dit que, lui aussi, devait montrer du courage. Alors sautant à terre, il courut à sa grand'mère. La brave femme, émue comme eux de cette séparation, avait suspendu le mouvement de son rouet ; et demeurait immobile la quenouille d'une main pendant que de l'autre elle essuyait ses yeux avec son mouchoir.
Source : Gallica

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