Élise de Pressensé

Résumé

Élise de Pressensé Un petit monde d'enfants (1873)

Et la pauvre femme éclata en sanglots convulsifs, elle qui n'avait pas encore versé une larme.
— Mais vous l'aimiez, dit Hélène.
— Ah! oui, je l'aimais. Quelle mère n'aime pas son enfant?. Mais je ne le lui montrais pas, et maintenant c'est trop tard. Voyezvous, quand on a tant de mal à vivre, ça vous rend dur quelquefois. Je l'ai rudoyée, et souvent elle ne me répondait rien, mais elle me regardait d'un air si triste. Oh! ça me fend le cœur d'y penser. Ma pauvre petite Lydie, si je pouvais seulement t'entendre encore une fois me dire : Mère, tu m'aimes?
Source : Gallica

Élise de Pressensé Un petit monde d'enfants (1873)

Lydie répondit tout bas, si bas, que sauf Madeleine, personne ne dut l'entendre : — C'est quand je suis à l'école du dimanche.
Et Madeleine : — C'est quand maman m'embrasse et me dit qu'elle est contente de moi.
— Il y a du vrai dans tout cela, reprit Hélène ; Madeleine est celle de toutes qui a le mieux répondu. Voulez-vous que je vous dise quand je crois, moi, que vous êtes le plus heureuses? C'est quand vous avez le cœur plein d'amour pour les autres et que vous sentez que les autres vous aiment aussi.
Source : Gallica

Élise de Pressensé Un petit monde d'enfants (1873)

On n'est pas venu voir ma pauvre
Lydie; pourquoi est-ce qu'on viendrait me voir, moi?
En la quittant, le cœur serré, Hélène se rendit à l'école, auprès de Madame Martel. C'était l'heure de la récréation ; les enfants jouaient dans le préau. Elle les regarda un instant, se demandant s'ils n'avaient pas une pensée d'affection et de regret pour leur petite compagne.
— Pauvres petits, se dit-elle en se détournant, ils ne savent pas ce que c'est que la mort; il faut les laisser être heureux.
Madeleine était dans la classe avec Madame Martel.
Source : Gallica

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