Henry Gréville

Henry Gréville

Sonia (1877)

Résumé

Portrait de Henry Gréville Henry Gréville Sonia (1877)

Elle frissonna sous la douleur que lui causait l'étreinte ; mais elle rougit de joie, et les larmes que la torture n'avait pu lui arracherroulèrent à flots rapides et pressés sur ses joues amaigries.
— Oh! mon maître, mon maître, dit-elle tout bas, je suis prête à mourir pour vous !
Boris n'était pas moins ému qu'elle. Il la lâcha et la regarda quelque temps, pendant qu'elle essuyait ses larmes avec la rude toile de sa manche.
— C'est une créature humaine, pensait-il; et le servage est fini. Qu'était-ce donc alors, grand Dieu!
Ses pensées se tournèrent aussitôt vers Lydie.
Source : Gallica

Portrait de Henry Gréville Henry Gréville Sonia (1877)

Boris regarda madame Goréline ; assuré que son mari lui tenait compagnie, il sortit pour essayer de dire bonsoir à sa fiancée.
— Ah ! oui, bien gentil ! répéta le général, encore ému de l'apostrophe de sa femme, tout coutumier qu'il en fut. Mais pourquoi m'as-tu dis comme cela devant lui.?
— Faut-il vous répéter que vous ne comprenez rien à rien? lui jeta-t-elle comme une pierre à un chien timide ; vous vous amusez à lui conter un tas de sottises avec votre étudiant, tandis qu'il aurait pu, pendant ce temps-là, s'occuper de Lydie.
Source : Gallica

Portrait de Henry Gréville Henry Gréville Sonia (1877)

Puisque ton bonheur est là, va, mon fils, répondit-elle; Dieu me permettra peut-être de vivre assez pour te voir revenir.
Boris se laissa glisser à genoux devant elle ; l'idée de perdre cette mère si profondément aimée ne lui était pas encore venue ; il avait toujours eu vaguement l'impression qu'ils descendraient ensemble le cours de la vie, et que dans la vieillesse il aurait à son foyer près de ses cheveux grisonnants les cheveux blancs de sa mère, parvenue aux limites du grand âge, mais toujours indulgente et sereine comme une incarnation de la bonté sur la terre.
Source : Gallica

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