Fédor Dostoïevski,
L’Esprit souterrain
“ Le chagrin abrège le temps... Mets-toi, mets-toi plus près de moi. Je te dirai tout mon malheur, et si tu peux m’absoudre, moi qu’une mère a maudite, je te donnerai ma vie. Ordinov voulut l’interrompre, mais elle joignit les mains en lui demandant de l’écouter au nom de son amour, et, dominée par une toujours croissante inquiétude, elle se mit à parler. Ce fut un récit sans suite, le flux et le reflux d’une âme en tempête. Mais Ordinov comprit tout, car leurs vies s’étaient mêlées, et leurs malheurs ; et dans chacune des paroles de Catherine, il voyait, reconnaissait son propre ennemi. ”
