Fédor Dostoïevski

Fédor Dostoïevski

Résumé

Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Le Sous-sol

Toi, malheureux, va-t’en. Tu n’es qu’un misérable, un voleur ; entends-tu, propre-à-rien, beau prince, un voleur !
— Non, frère, riposta Zimoveikine, sans perdre un grain de son sang-froid ; sage Prokhartchine, tu n’agis pas comme il faut — et, jetant autour de lui un regard satisfait, il poursuivit : — et puis, pas d’histoires, n’est-ce pas ? Je te conseille de céder si tu ne veux pas que je te démasque, que je raconte tout, entends-tu ?
Sémione Ivanovitch sembla vivement frappé de ces paroles : il tressaillit et se mit à promener autour de lui des regards effarés.
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Le Sous-sol

Je vous jure, Messieurs, que je ne crois pas un seul, mais pas un seul mot de ce que j’ai écrit ! Ou bien, j’y crois peut-être, mais en même temps, je ne sais pas pourquoi, je sens et je soupçonne que je mens comme un arracheur de dents.
« Mais alors, pourquoi avez-vous écrit tout cela ? »
— me dites-vous.
Mais si je vous enfermais pendant quarante ans, sans aucune occupation, et que je vinsse vous trouver au bout de ce temps, dans votre sous-sol, pour savoir ce que vous êtes devenu ? Peut-on laisser l’homme seul pendant quarante ans sans aucune occupation ?
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Le Sous-sol

J’ai bien souffert, Messieurs, je vous l’assure. Au fond de mon cœur, je ne croyais pas à cette souffrance ; je m’en moquais, mais je souffrais cependant et de la bonne façon ; j’étais jaloux ; j’étais hors de moi... Et toujours par ennui, Messieurs, toujours par ennui. L’inertie me pesait tant ! Car le fruit direct et logique de la conscience, c’est l’inertie, l’inertie consciente. Je l’ai déjà dit. Je répète encore que tous les gens sortant de l’ordinaire et tous les gens d’action ne sont précisément tels que parce qu’ils sont stupides et bornés.
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