George Japy

Résumé

George Japy Mademoiselle Baukanart (1877)

Le vieux brave redressa la tête instinctivement ; deux grandes rumeurs s'élevèrent à la
fois du bord et de la berge, et le bateau fila majestueusement, traçant un sillon blanc, éclairé par la lune qui se levait, comme une trainée de moire.
L'amiral s'élança pour retenir la majore éperdue, prête à se précipiter à l'eau.
De mon côté, je courus soutenir le major et je l'entraînai à la hâte.
Il n'en pouvait plus ; ses forces se détendirent tout d'un coup et deux jets de larmes aveuglèrent ses pauvres yeux.
Je me pris à pleurer aussi ; – je ne sais rien d'émouvant comme les larmes d'un vieux.
Source : Gallica

George Japy Mademoiselle Baukanart (1877)

Mme Bittermeineliebe s'amusait à presser la détente pour écouter la sonnerie, en l'appliquant contre son oreille ou contre celle de Pipi.
Ces notes claires délectaient le joli sajou, qui prenait des inclinaisons de cou et des mines d'une mutinerie adorable.
Mais j'allais oublier une des distractions favorites du Poméranien, car ce n'était pas assez d'une femme, d'une pipe, d'un singe, des saucisses, d'une montre à répétition ; il lui fallait encore une clarinette.
Il nous jouait la valse du Beau Danube bleu avec un talent réel ; surtout avec l'excellent sentiment rhytmique des Germains.
Source : Gallica

George Japy Mademoiselle Baukanart (1877)

Ainsi, un matin, Mlle Proserpine remit à M. Lou d'un air mystérieux, une boîte empaquetée dans du papier de soie et nouée d'une faveur rose.
Il la défit avec des palpitations violentes.
Elle contenait une paire de bretelles, des bretelles en laine bleue, brodées de canards mandarins, qui sont l'image de l'amour conjugal, à peu près comme les tourterelles pour nous.
Les gens du monde souriront de pitié à l'idée d'une paire de bretelles, parce qu'ils ont les leurs ; cependant je puis attester que M. Lou, qui n'en avait pas, fut enchanté. Il pleura comme un veau.
Source : Gallica

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