“ Dans le moi dort ou somnole la continuité de la famille, comparable à une suite de portraits étagés dans l’obscurité, de portraits reliés, trait pour trait, aux parcelles correspondantes de notre individu. ”
Suite
Définition et enjeux
Une suite désigne une famille d'éléments indexée par les entiers naturels, constituant un outil fondamental en mathématiques pour modéliser des phénomènes discrets ou continus. Depuis l'Antiquité, des figures comme Archimède ont exploré ses propriétés via des approximations successives, tandis que René Baire, dans son étude des nombres irrationnels, a formalisé sa limite et sa relation avec la continuité.
Les suites, qu'elles soient finies ou infinies, structurent l'analyse mathématique, des séries numériques aux applications en informatique. Leur polyvalence, illustrée par des exemples comme la suite de Fibonacci, en fait un pilier des mathématiques modernes.
Citations sur la suite
Édouard Meaume, Sébastien Le Clerc et son oeuvre… (1877)
“ Chacune des pièces de la suite se présente sous plusieurs états que nous allons détailler. Titre de la suite. Trois états : I. — Avant toute lettre. — La planche n'est pas terminée. II. — Avec la lettre. — La planche est terminée. III. — Les mots, Pl. 3 p. 9, se lisent à la droite du bas, à la suite du nom de Le Brun. Passage du Granique. Trois états : I. - Avant toute lettre. II. - Avec la lettre. - Beaucoup de travaux sont ajoutés, principalement à gauche. 111. — Avec de nouveaux travaux ; la planche a été retouchée dans presque toutes ses parties ; les épreuves sont noires et dures. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal/6e éd., 1863
“ Quatre rois de suite, honneurs ; trois de suite, succès dans le commerce ; deux rois de suite, bons conseils. Quatre dames de suite, grands caquets ; trois dames de suite, tromperies ; deux dames de suite, amitié. Quatre valets de suite, maladie contagieuse ; trois valets de suite, paresse ; deux valets de suite, dispute. Quatre as de suite, une mort ; trois as de suite, libertinage ”
René Baire,
Théorie des nombres irrationnels…
“ L’ordre classique des quatre règles : addition, soustraction, multiplication, division, qui est le seul logique en arithmétique, ne s’impose plus lorsqu’il s’agit des nombres irrationnels. Au contraire, en me bornant, comme je le fais, à définir la différence (V) , j’ai tout ce qu’il faut pour établir le célèbre théorème de Cauchy (condition nécessaire et suffisante pour qu’une suite ait une limite) ”
René Baire,
Théorie des nombres irrationnels…
“ DES LIMITES ET DE LA CONTINUITÉ SOMMAIREI. Définition des nombres irrationnels. — II. Bornes supérieure et inférieure d’un ensemble. — III. Limite d’une suite de nombres. — IV. Valeurs approchées d’un nombre. — V. Différence de deux nombres. — VI. Théorèmes sur les limites. — VII. Notions de fonction et de continuité. — VIII. Fonctions d’arguments rationnels. — IX. Principe d’extension. — X. Extension du calcul algébrique. — XI. Théorèmes sur les fonctions continues. — XII. Fonctions inverses. — XIII. Définition des fonctions , , , . IDÉFINITION DES NOMBRES IRRATIONNELS 1. ”
René Baire,
Théorie des nombres irrationnels…
“ D’après le Théorème IV (§ 26) , le premier membre a pour limite le nombre , c’est-à-dire . Donc Cela étant, la fonction est continue dans tout champ où elle se trouve définie ; car, soit une suite de points quelconques ayant pour limite le point . Supposons définie en tous ces points. Prenons un champ auquel soit intérieur. Soit ; déterminons de manière que les conditions (5) entraînent (6) . Quand dépasse une certaine valeur , le point est intérieur à , et d’autre part on a,,, d’où, par suite,. ce qui montre que a pour limite . ”
André Veinstein, Gordon Craig et le renouvellement du théâtre… (1962)
“ E.G . C., ensuite, les publia, en 1923, comme illustration d'un texte intitulé Scene (voir n° 295) . « Ne me demandez pas d'expliquer ces dessins pas plus que vous ne demanderiez à un musicien d'« expliquer » la fugue qu'il a composée [.] . Ces dessins sont tous une seule « scene », non pas vingt « scenes » : – une seule « scene ». Ce ne sont pas des décors faits de toile et de bois et éclairés par la lumière artificielle [.] . Ils sont éclairés par le soleil. Ils sont réels et non mécaniques. » (Scene, p. 18.) 405. EDWARD GORDON CRAIG. Scene. – Signé et daté : E.G.C. 1907. Eau-forte. ”
René Baire,
Théorie des nombres irrationnels…
“ D’autre part, on a, et étant rationnels, ; donc. 2o Supposons et quelconques ; soit une suite de nombres rationnels , , , , tendant vers . On a, d’après la continuité de la fonction exponentielle, . D’après le cas 1o, on a . Donc . L’égalité (1) est donc vraie dans tous les cas. 55. La fonction ( et ) étant définie dans l’intervalle , et étant, soit croissante, soit décroissante, a une fonction inverse bien définie. On la désigne par (logarithme de dans le système de base ) . ”
Jonathan Swift,
Instructions aux domestiques
(1745)
“ Votre département spécial est la chambre de votre maîtresse, où vous faites le lit, et mettez les choses en ordre ; et si vous vivez à la campagne, vous prenez soin des chambres où couchent les dames qui viennent à la maison, et c’est de là que viennent tous vos profits. Votre amoureux, à ce que je suppose, est le cocher ; mais si vous êtes au-dessous de vingt ans, et passablement bien, peut-être un laquais peut jeter les yeux sur vous. ”
Claude-Joseph Dorat,
Œuvres diverses
“ De la scene lyrique, objet de mes travaux, Étale à mes regards les magiques tableaux. Dis-moi par quels secours, le chant, plein de ta flame, Peut s’ouvrir par l’oreille un chemin jusqu’à l’ame ; Ce qu’il doit emprunter, pour accroître son feu, De l’esprit, de la force, et des graces du jeu. Vous qui sur ce théatre oserez vous produire, Reçûtes-vous des traits assortis pour séduire ? N’allez point, sur la scene usurpant un autel, Faire huer un dieu sous les traits d’un mortel. Le monde où vous entrez est peuplé de déesses : L’amour, en folâtrant, y choisit ses prêtresses. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Rencontrez-vous quelqu’un dans la maison, sur l’escalier, une société est-elle réunie dans une chambre, d’une fenêtre à une fenêtre voisine, partout on cherche à prendre l’avantage sur les autres et à souffler leur lumière. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Du duo qui suit et qui devrait être le centre, le foyer de l’ouvrage, de cette scène où s’ébauche, pour se consommer pendant l’entr’acte, le double revirement des deux âmes, rien, hélas ! n’est à retenir. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Dans ma chambre d’homme studieux aux parois tapissées de volumes, de thèses, de brochures aux tables pliant sous les manuscrits, les périodiques, les amas de notes, les monceaux de coupures, dans ma chambre d’homme qui pense, qui lit, qui médite, qui cherche qui réfléchit, qui produit, la quiétude et le silence sont maintenant revenus. La quiétude et le silence propices à l’élaboration, à la création, au labeur. ”
Barrett Wendell,
La France d'aujourd'hui
(1910)
“ Le terme foyer n'évoque plus l'image romanesque des feux de joie tremblants dans les huttes ou les châteaux, des chevrons et des cheminées enfumés, des personnages légendaires ou antiques, gracieux ou naïfs, chauffant leurs mains transparentes audessus des charbons ardents et redisant les contes de tout ce qui fut les héros, les saints, les aventures, les farces, les aïeux et les ennemis, les conquêtes et les désastres, les amours et les morts, les famines et les moissons et les troupeaux. ”
Alexandre Dumas,
Affaire Clémenceau : mémoire de l'accusé
(1869)
“ Le grand siècle, en s'éteignant, a laissé sur la résidence royale, sur ses jardins déserts, sur son palais abandonné, sur ses rues sonores, sur ses divinités muettes, sur ses eaux impassibles et jusque sur ses habitants futurs, je ne sais quelles demi-ténèbres que le soleil ne percera plus. ”
Julien Loth, Fénelon, orateur (1890)
“ Souvenez-vous du siège de Pierre, fondement immobile de vos promesses. Souvenezvous de l'Église de France, mère de celle d'Orient, sur qui votre grâce reluit. Souvenezvous de cette maison qui est la vôtre ; des ouvriers qu'elle forme, de leurs larmes, de leurs prières, de leurs travaux. Que vous dirai-je, Seigneur, pour nous-mêmes ! Souvenez-vous de notre misère et de votre miséricorde. ”
Augustin Pellissier, Principes de rhétorique française… (1873)
“ De la description des lieux.— Sans être aussi puissante et sans présenter le même intérêt dramatique, la description des lieux eux-mêmes a aussi son éloquence et sa valeur pour l'imagination. Le poëte a dit avec raison : Les choses ont une âme et nous parlent aussi. Le lieu de la scène présenté avec les couleurs et les détails qui le mettent sous nos yeux est un cadre naturel où viennent se placer et se grouper les personnages du drame; c'est un fond sur lequel ils se détachent avec agrément et harmonie, au lieu de se dessiner sur une teinte neutre et banale. ”
Ernest Bousson, La vie et les oeuvres de l'architecte Gabriel… (1894)
“ La ligne était trouvée; la ligne que la pensée suit plus loin que les yeux et qui va se perdre dans l'horizon ; les longues parallèles de chapiteaux, d'architraves, de colonnes symétriques qui se rapprochent, se joignent, se pressent et se confondent dans l'infinie et idéale perspective. Et nous restons pensifs et rêveurs. Devant ces chefs-d'œuvre les yeux et les oreilles se ferment, l'âme seule entend et contemple. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Dans toute maison où des hommes sont réunis, on observe une double action : action des habitans sur l’édifice, qu’ils approprient à leurs convenances ; action de l’édifice sur les habitans, qui empruntent certains plis d’habitude au moule de pierre où ils se façonnent. ”
Charles Blanc,
L'architecture (Nouvelle éd.)
(1904)
“ Leur vie de relation se manifestera par des ouvertures qui seront comme les yeux et les oreilles de l'être qui les habite; leur entrée occupera le centre de l'édifice comme la bouche est placée sur la ligne centrale du visage ”
Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
“ Leurs corridors sans fin et leurs immenses salles, Où, comme une voix faible, erre et gémit le vent, Où, recueilli dans moi, je m’égare, rêvant, Paré de souvenirs d’amour et de féerie, Le brillant moyen-âge et la chevalerie. ”
Anonyme, Vénus en rut (1771)
“ Cette phrase antique s’entend de reste : comme ceci était une aventure de salle, je jugeai à propos de faire le coup de théâtre ; je lui dis, avec la fermeté d’une courtisane de distinction, de venir le lendemain à mon hôtel, sans uniforme ; de se faire annoncer à ma femme de chambre, et que je me chargeais du reste. ”
Hermès Trismégiste , Fragments du livre sacré intitulé la Vierge du monde
“ Le séjour qui vous attend est le ciel avec son cortége d’étoiles et ses trônes remplis de vertu. Si vous tentez quelque innovation contre mes ordres, je jure par mon souffle sacré, par cette mixture dont j’ai formé les âmes, et par mes mains créatrices, que je ne tarderai pas à vous forger des chaînes et à vous punir. ”
Anonyme, Aventures merveilleuses de Huon de Bordeaux
“ Seguin, que le Dieu de gloire ait pitié de ton âme ! Seigneurs, dit-elle aux messagers, je vous prie de vous reposer cette nuit dans mon palais : je vous y ferai avoir toutes vos aises, et au matin vous pourrez vous en retourner. ”
C.-J. Grand, L'ange de l'exil : Madame la comtesse de Chambord… (1872)
“ Chaque lit reçoit sa visite, chaque moribond entend sa voix consolatrice; il étend sur les moindres détails son inquisition, s'informe, examine, encourage le bien, relève les abus et la séance se prolonge ainsi jusqu'au jour. ”
Jonathan Swift,
Le Conte du tonneau
(1704)
“ Ces gens, d’un entendement trop litteral, prétendent conquerir tout un Livre, en battant l’estrade dans l’Index ; tout comme si un Voyageur vouloit nous donner la description d’un Palais dont il n’auroit vu que les privez. ”
Émile Souvestre,
Les réprouvés et les élus (t.1…
“ Et cette espérance n’a point été trompée, interrompit le duc, dont l’œil s’anima d’un subit enthousiasme; la réforme que vous attendiez est désormais facile; j’en ai trouvé le plan, les moyens, les détails; la salle de fête est bâtie, le banquet dressé, la robe blanche préparée; l’homme n’a plus qu’à se dépouiller, sur le seuil, des haillons du passé. ”
Jacques Normand, La Muse qui trotte
“ De mon suggestif voisinage. J’entrevoyais de prompts succès, Je m’exaltais avec excès, Je palpitais, je frémissais Comme un amoureux à fleur d’âge... Et je me mettais tout en nage. La séance finit... trop tôt. ”
Eugène de Margerie,
Scènes de la vie chrétienne. Série 1
(1859-1860)
“ Dans la littérature dramatique, par exemple, au sommet de l'échelle j'aperçois la tragédie ou la haute comédie, œuvres difficiles que réalisent seulement, dans toute leur idéale beauté, deux ou trois génies par nation, — tandis qu'au dernier échelon est placé le proverbe, qui se joue modestement dans un salon, entre deux paravents, ou à la campagne, dans quelque salle de verdure. ”
Louis Besson,
Panégyrique du vénérable de La Salle…
(1875)
“ Chantez, enfants, chantez autour de ce monument cet humble qui prend place parmi les grands de la terre. Ce n'est pas seulement la science du temps que la Salle vous a donnée, c'est la science de Dieu, la science qui ne tarit jamais. ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ Toutes les paroles dont se compose cette page sont empreintes d’une effrayante réalité, et pour que rien ne manque à l’austérité de la leçon, la chambre où gît le vieillard perclus est la chambre même où le poète enfant a connu l’espérance et la joie, les douceurs de l’étude et la paix du sommeil. ”
D. Ordinaire, Les Trois Types de la Comédie, Gentilshommes…
“ Chaque génération a modifié le plan primitif, ajoutant cette aile, coupant cette pièce, ouvrant cette fenêtre, élevant cet étage ; mais aussi que d’espace, que d’air, que de lumière sous ces hauts plafonds ! ”
Pierre de Coubertin,
Universités transatlantiques
“ L’ensemble est beau ; tout cela sent la fortune et l’avenir et on se prend à oublier de noter les imperfections, les fautes de détail, les manques de soin qui sont partout perceptibles. Nous allons d’édifice en édifice, frappant à toutes les portes. ”
E.-D. Forgues,
Revue des Deux Mondes
“ Etoiler une pièce, c’est la jouer avec des histrions de troisième ordre, et devenir ainsi, parmi ces humbles satellites, l’astre principal. Notre mot paradis a son équivalent exact dans les théâtres des trois royaumes. ”
Pierre Imbart de La Tour,
Les origines de la Réforme. Tome 4
(1905-1935)
“ Hôte familier qui reste à demeure, s'assoit à notre table, s'installe à notre chevet, confident discret qui, à tout moment, offre à l'esprit les lumières qu'il cherche et au coeur les divertissements ou les consolations qu'il appelle, messager agile et rapide qui, traqué, poursuivi, n'en chemine pas moins en silence et continue son oeuvre, le livre, au XVIe siècle, est déjà une puissance. ”
Louise THULIEZ,
Revue des Deux Mondes
“ La soirée se passa dans l’attente de l’annonce de notre exécution. L’aumônier savait que nous étions catholiques, la comtesse et moi, et nous avions demandé d’être avisées de telle sorte que nous pussions toute la nuit nous préparer au grand voyage. ”
André Suarès,
Voyage du Condottière
“ Et cet équilibre crucial, ces dômes qui se compensent au-dessus de ma tête, faisant penser avec délice aux révolutions des sphères dans l’espace infini, m’incarnent à la certitude éternelle du chiffre, et font pleurer de la plus haute émotion l’esprit qui entend ces belles strophes du Créateur qui, selon son ordre, lance les mondes. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Vous recevrez, en même temps que ce billet, les deux volumes de l’Éducation sentimentale, soigneusement « revus et corrigés ». J’ai fait tout ce que j’ai pu ! Maintenant, c’est à vous ! Il ne me paraît guère possible que l’œuvre entière tienne dans un seul volume. ”
Auguste Latouche, Philosophie des langues (1863)
“ Vous taillez encore vos pierres, ils vous demandent un plan, un édifice.—Est-ce pour s'y abriter, l'habiter, en visiter tous les enseignements, apprendre leur langue d'abord, pour la savoir mieux, puis en étudier d'autres? ”
J.-B. Devrais, Enghien-les-Bains : poème en trois tableaux (1875)
“ Merci de cet asile, aimable résidence, Que je reçois, Seigneur, de votre Providence! Oh ! comme à vous bénir l'homme est bien plus porté, Comme il sent en son cœur croître la piété, Quand la colline en fleurs, quand la vallée en joie, Sous un ciel toujours pur à ses yeux se déploie! ”
“ Dans ces tours à la fois massives et élancées, dans cette enceinte à l’aspect imprenable, entourant ces cours élégantes, ces bâtiments à la fois irréguliers et harmonieux, il y a la résurrection de toute une époque du moyen âge. ”
Charles Gavard, Un diplomate à Londres, lettres et notes… (1894)
“ Pendant que le dialogue marche , le soleil marche aussi , il se lève et se couche ; la lune se lève à son tour et se reflète sur la Tamise , et le chantre des nuits se fait entendre ; c' est charmant , mais que devient la pièce ? ”
Victor Hugo,
Les Travailleurs de la mer
“ Le doux être familier prend ses aises dans la maison, de branche en branche, c’est-à-dire de chambre en chambre, entre, sort, s’approche, s’éloigne, lisse ses plumes ou peigne ses cheveux, fait toutes sortes de petits bruits délicats, murmure on ne sait quoi d’ineffable à vos oreilles. ”
