Auguste Latouche

Résumé

Auguste Latouche Philosophie des langues (1863)

J'ai rencontré le même oubli du latin, de l'allemand, de l'anglais. Qu'est-ce donc que nos études classiques? Est-il impossible de remédier à un si grand mal pour élèves, parents, et pour la France?
Mais non; il ne faut que faire descendre un rayon de lumière et de raison dans les classes où on enseigne les langues, ne jamais donner à un élève un mot bâtard, isolé, sans père, ni frères, ni parenté aucune dans aucune langue, sans son idée et sa raison d'être.
Y a-t-il rien d'isolé dans plante, animal, lois, peuples, dogmes, mécaniques, monde politique ou astronomique?
Source : Gallica

Auguste Latouche Philosophie des langues (1863)

Le Poëte, l'Orateur de génie et de cœur, voit son sujet, l'embrasse, le sent tout entier, la langue vient d'elle-même peindre ; c'est plus qu'un rayon en photographie, plus qu'un orgue sous la main du plus habile maître, car ses formules pourraient varier à l'infini, sans qu'on pût l'accuser de violer les lois de l'harmonie dans le monde si vague de sons et de tons, tandis qu'il faut compter avec la précision des langues.
Source : Gallica

Auguste Latouche Philosophie des langues (1863)

N'allez pas chercher quelques fines exceptions ; le peuple, obligé de n'en tenir compte, a fait sa langue à grands traits sans consulter ni grammaire, ni synonymes, ni Académie. Tout citoyen qui fabriquait bien un mot nouveau devenait législateur dans cette république littéraire sans aristocratie. Un jour on osera enrichir notre langue française en puisant bien dans notre mère, le latin, et dans les langues de tous les peuples ; je n'ose nommer ce je ne sais quoi qui s'appelle hébreu, car les Hébreux ne sont-ils pas proscrits, et moi aussi, avec ma langue chérie ?
Source : Gallica

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