Résumé

Portrait de Hippolyte Cocheris Hippolyte Cocheris Histoire de la grammaire, origine et permutation des lettres… (1874)

Vous vantez, Monsieur, et avec raison, l'extrême abondance de votre langue ; mais permettez-nous de n'être pas dans la disette. Il n'est, à la vérité, aucun idiome au monde, qui peigne toutes les nuances des choses. Toutes les langues sont pauvres à cet égard; aucune ne peut exprimer, par exemple, en un seul mot, l'amour fondé sur l'estime, ou sur la beauté seule, ou sur la convenance des caractères, ou sur le besoin d'aimer. Il en est ainsi de toutes les passions, de toutes les qualités de notre âme. Ce que l'on sent le mieux est souvent ce qui manque de terme.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Cocheris Hippolyte Cocheris Histoire de la grammaire, origine et permutation des lettres… (1874)

Réjouissez-vous-en, au contraire : si les Anglais ont fait dans ces temps reculés des grammaires françaises, c'est qu'ils parlaient notre langue, parce que notre langue était universellement adoptée, tandis que vous ne trouverez pas dans le même temps des grammaires anglaises composées par des Français,
par la raison inverse, c'est que la suprématie de la langue anglaise est toute moderne.
Je vous ai nommé, dans ma précédente lettre, les trois grammairiens anglais : Colyngburne, Walter de Biblesworth et John Palsgrave. Permettez-moi de vous en dire un mot.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Cocheris Hippolyte Cocheris Histoire de la grammaire, origine et permutation des lettres… (1874)

J'ai essayé aussi de vous démontrer que la grammaire ne pouvait être que le fruit mûr d'un idiome
assez avancé en âge, par cette raison bien simple qu'une langue en formation n'a aucune règle fixe, que tantôt elle suit les traces du langage dont elle provient, tantôt elle subit l'influence mystérieuse de la race qui la crée, et que ce n'est qu'après avoir obéi à ce double courant, entre lesquels elle a oscillé pendant des siècles, qu'elle finit par se constituer elle-même et que les législateurs retrouvent dans son sein les lois qui s'y sont formées à son insu.
Source : Gallica

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