“ Ainsi, la vie corporelle, la raison génératrice, les formes unies à la matière, la matière elle-même, la génération qui est composée de ces choses, le mouvement qui transforme tout, la Nature qui administre avec ordre les choses engendrées, les principes de la Nature, ses fins, ses œuvres, l’enchaînement mutuel de ces choses, les phases par lesquelles elles passent depuis le commencement jusqu’à la fin voilà ce qui constitue le Destin. ”
Déclinaison
Définition et enjeux
Déclinaison désigne, en grammaire, les modifications morphologiques des mots en fonction du genre, du nombre ou du cas. Ce concept, fréquemment abordé dans les langues latines, a nourri de nombreuses réflexions chez des philosophes tels que Schelling, qui examine les liens entre cause et effet, ou Proudhon, qui traite des niveaux de l'intelligence.
Ces perspectives, diverses, montrent comment la déclinaison, bien au-delà de son aspect linguistique, peut éclairer des questions philosophiques et existentielles.
Citations sur “déclinaison”
Louis Gillet,
Revue des Deux Mondes
“ Mais cette sensation combattait, dissipait votre rêve : vous n’arriviez plus à faire que ce rêve et vous fissiez corps. Eh bien ! la réalité, — on appelle cela la réalité ! — me faisait, à moi, le même effet. Je ne savais plus si tout ce que je voyais n’était pas un songe plus vaste, continu, un songe devenu habituel, et dont je n’avais plus qu’une conscience intermittente. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Cette répercussion sensible de l’Esprit captif, sublimant les formes progressives de la Matière et de la Vie, pour tâcher de sortir de sa prison, — la Science contemporaine la constate et l’étudie sous le nom d’Évolution. ”
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling,
Bruno ou Du principe divin et naturel des choses
“ Or, dans le fini ou la réalité, l’éternel se reflète par les idées de la cause et de l’effet, dont la première, dans le reflet, est la simple possibilité de l’effet, tandis que la seconde en est la réalité. ”
Mariano Cubí i Soler, La Phrénologie régénérée.... Tome 1 (1858)
“ A force de méditation sur ce sujet, j'entrevis la théorie de la perception et de la conception, que j'ai si longuement exposée en divers endroits et sur laquelle je ne cesserai, à cause de son importance, de fixer votre attention. La force conceptive d'une faculté crée, invente, voit ce qui jamais n'a impressionné les sens ; et ces créations ou images peuvent être plus ou flioins erronées, plus ou moins exactes, suivant l'activité de la faculté, dans sa parfaite union avec les autres facultés. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Théorie de la propriété
“ Or, comme nous savons qu’il y a des degrés dans l’intelligence aussi bien que dans la force ; des degrés dans la mémoire, la réflexion, l’idéalisation, la faculté d’invention ; des degrés dans l’amour et dans la pensée ”
C. Martha, Revue des Deux Mondes
“ Un développement dont on n’a que faire, une pensée exprimée avec une chaleur que le sujet ne demande pas, une disproportion quelconque entre l’idée exprimée et le sentiment qui lui convient, tout cela est de la déclamation, alors même que les phrases sont agréables, bien construites et harmonieuses. ”
Anatole France,
Le Petit Pierre
“ S’il eût vu mon père, il eût vu un médecin spiritualiste, qui, comme tel, croyait en un dieu distinct du monde et à une âme distincte du corps. — L’âme, disait-il, est la substance ; le corps, l’apparence. Les mots l’expriment d’eux-mêmes : l’apparence est ce qui se voit, et qui dit substance dit chose cachée. ”
Edouard Le Roy, Revue des Deux Mondes
“ Dans un sou file qui passe, je respire mon enfance ; dans un frisson de feuilles, dans un reflet de lune, je retrouve une suite infinie de réflexions et de rêves. Une pensée, un sentiment, un acte peuvent révéler toute une âme. Mes idées, mes sensations me ressemblent. Comment seraient possibles de tels faits si l’unité multiple du moi ne présentait le caractère essentiel de vibrer entière au fond de chacune des parties que l’analyse y discerne ou plutôt y découpe ? ”
Jack London,
Le Vagabond des étoiles
(1915)
“ Bien souvent, dans mon existence, j’ai éprouvé la bizarre conscience que mon être se dédoublait, que d’autres êtres vivaient ou avaient vécu en lui, en d’autres temps ou en d’autres lieux. Ne proteste point, ô toi, mon futur lecteur. Mais scrute toi-même ta conscience. Retourne en arrière tes pensées, vers l’époque où ta personne physique et morale n’était pas encore cristallisée, où, matière plastique, âme en flux comme la mer montante, tu sentais à peine, dans le bouillonnement tumultueux de ton être, ton identité se former. ”
“ XV. Rien de plus faux ou de plus hasardé que la plupart des notions reçues, soit en logique, soit en physique, telles que celles de substance, de qualité, d’action, de passion, et la notion même de l’être. Encore moins peut-on faire fonds sur les notions de densité et de raréfaction, de pesanteur et de légèreté, d’humidité et de sécheresse, de génération et de corruption, d’attraction et de répulsion, d’élément et de matière, de forme, ni sur une infinité d’autres semblables, toutes notions fantastiques et mal déterminées. ”
Fernand Papillon, La Constitution de la matière et le dynamisme spiritualiste
“ Ainsi ce qui fait toute la réalité des choses matérielles, c’est la forme, et la forme, telle qu’elle nous apparaît dans le monde, est à la fois un principe de différentiation et un principe d’harmonie, c’est-à-dire l’ouvrage d’une intelligence. ”
Ch. Clément, Léonard de Vinci, d’après de nouveaux Documens
“ Semblables à ces êtres inférieurs de la création qui, destinés à subir plusieurs métamorphoses, présentent dès les premières phases de leur développement des organes rudimentaires sans utilité directe, nous avons des facultés incomplètes qui perçoivent obscurément des formes, des idées, des sentimens, qui dépassent les limites du monde sensible. ”
Georges Clemenceau,
Au soir de la pensée
“ Et comme les vibrations du sujet impressionné par l’objet impressionnant s’inscriront dans leur ensemble, aux registres de notre sensibilité, nous aurons la sensation d’une conscience organique des choses au cours des successions d’activités de la vie. Ce sera la connaissance, plus ou moins achevée, des passages synchroniques du monde sur notre sensibilité avec des rencontres d’unisson. ”
Léon d’Hervey de Saint-Denys,
Les Rêves et les moyens de les diriger
“ Des transitions qui s’opèrent, en rêve, au moyen des abstractions que fait l’esprit. — Voici encore un sujet qui aurait pu trouver place au chapitre de l’imagination et de la mémoire, s’il ne méritait, en raison de son importance relative, d’être tout particulièrement examiné. Dès la première section de cet ouvrage j’ai parlé des abstractions, et de l’influence de ces opérations de l’esprit sur la marche et le tissu des rêves. ”
Jules Huret,
Enquête sur l’évolution littéraire
“ Parmi les étranges et infiniment multiples transformations en lesquelles se fondent tous les décors de notre civilisation, qu’est-ce qui se transforme plus étrangement que notre pensée humaine, que notre cervelle humaine et sa production de sentiments et d’idées ? ”
Maurice Rollinat,
Les Névroses
“ Et me rend insensible à mes propres malheurs. Sourd aux événements que le destin ramène, Je sens de plus en plus se monotoniser Les sons de la nature et de la voix humaine Et j’ai l’indifférence où tout vient se briser. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ Ainsi tout se mêle avec une merveilleuse et mystérieuse singularité sur la scène de la vie humaine. Les diversités du caractère se combinent avec les variétés des situations, des temps et des climats, et sur un tissu commun les accidens de l’ombre et de la lumière se multiplient à l’infini. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Il semble que cette phase de déclin de tout un genre de littérature prenne un caractère de réalité plus sensible, quand on voit disparaître au même instant un de ces esprits faits, par le mélange de leurs qualités et de leurs défauts, pour le personnifier avec un éclat particulier. ”
Gottfried Wilhelm Leibniz,
Die philosophischen Schriften
“ Je crois que tout l’univers des Créatures ne consiste qu’en substances simples ou Monades, et en leur Assemblages. Ces substances simples sont ce qu’on appelé Esprit en nous et dans les Genies, et Âme dans les Animaux. ”
Élie Faure,
Histoire de l’art/L’Art antique
“ Mais nous nous obstinons à placer au-dessus, c’est-à-dire hors de la nature, les organismes supérieurs où elle se dénonce à nous avec le plus d’intérêt pour nous-mêmes, notre corps, notre dosage, notre pensée, le monde infini des idées, des passions et des paysages au milieu desquels ils vivent, qu’ils définissent et qui les définissent sans que nous puissions les séparer. ”
Armand de Melun,
Vie de la soeur Rosalie, fille de la Charité
(1857)
“ Pour créer ces modèles d'abnégation, pour les faire plus forts que les répugnances de la nature, les révoltes de l'instinct, les veilles, les fatigues, la contagion, la mort, en un mot, pour les élever au-dessus de la nature humaine, leur fondateur n'est pas allé chercher des âmes d'exception, des natures d'élite. ”
George Sand,
Lucrezia Floriani
“ Ne pourrait-on l’étudier, l’analyser, le comprendre et le connaître jusqu’à un certain point, ce sentiment délicieux et terrible, le plus grand que l’espèce humaine ressente, celui auquel nul ne se soustrait, et qui, pourtant, prend autant de formes et d’aspects différents qu’il existe d’individualités sur la terre ? ”
Léon d’Hervey de Saint-Denys,
Les Rêves et les moyens de les diriger
“ Or, je vois, j’entends et je touche les démons qui sont hors de moi, et je sens de la manière la plus distincte ceux qui sont dans mon intérieur. Pourquoi voulez-vous que je répudie le témoignage de mes sens lorsque tous les hommes les invoquent comme l’unique source de leurs connaissances ? ”
Léon Daudet,
Le monde des images
“ Elles entraînent une ou deux générations dans leurs tourbillons, jusqu’à ce que quelques, esprits pénétrants et vigoureux, quelques soi énergiques, réagissent, par une doctrine plus saine, une conception plus réaliste, et viennent exorciser ces fantômes tenaces. ”
Jacques-Émile Blanche,
Propos de peintre : de David à Degas…
(1919)
“ Elle « matérialise » la pensée, lui donne une forme que nos sens contrôlent. Elle grave dans la mémoire, le contour et la couleur des sites qui se déroulent devant nous, le volume des êtres et des choses. ”
Georges Palante,
Revue philosophique de la France et de l’étranger
“ Et ainsi, au fur et à mesure que nous remontons vers les sources ignorées, le passé va se cerner d’un halo, va s’estomper de mystère et voici que par d’insensibles transitions, notre Désir va changer d’objet et le mot va changer de sens. ”
“ Ainsi, dans l’absence apparente des sens et de tout organisme, dans cette mystérieuse énigme, au seuil douteux de la vie, la génération la révèle et fait l’ouverture du monde visible par lequel nous allons monter. ”
Alfred Gilly, La science du langage (1865)
“ Voilà pourquoi la forme verbale de sa pensée, répondant avec justesse à la nature des choses, d'une part exprime, par la fluidité de la conjugaison, l'existence multiple et la succession des êtres finis, et, de l'autre, par l'absence de temps et de modes bien accentués, l'existence une et toujours identique à elle-même de l'être infini. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Enfin tout ce qu'il y a d'admirable dans la créature et dans la création se révèle à la fois et en un moment à son âme étonnée. À ce spectacle imposant, son esprit s'agrandit, son intelligence se développe, ses nobles instincts s'éveillent... Et c'est parce que son esprit s'est agrandi, parce que son intelligence s'est développée, parce que ses nobles instincts se sont éveillés... qu'ayant la conscience de la dégradation première, elle ressent pour sa vie passée une douloureuse et incurable horreur, et comprend, hélas! ”
J.-H. Rosny aîné,
La Vague rouge
“ Le monde incompréhensible, l’évolution énigmatique des créatures, tout ce qui rend une conscience méfiante, tout ce qui s’élabore d’inquiétant autour d’un pauvre homme, s’illuminait, se colorait, s’expliquait par les yeux sincères et la voix chaude de son ami. ”
René Doumic,
Revue des Deux Mondes
“ Vous distinguez des formes, des formes singulières, formes d’objets et d’êtres animés, mais dont les proportions ne sont pas celles de la vision normale, les personnages du premier plan étant plus grands que nature, des formes déformées. Formes sans consistance de corps, sans épaisseur, comme on n’en voit qu’en rêve. ”
Victor Hugo,
Proses philosophiques
“ La dissection fait le chirurgien, l’analyse fait le philosophe ; l’antithèse est le grand organe de la synthèse ; c’est l’antithèse qui fait la lumière. De là notre distinction entre humanité, nature et surnaturalisme ”
Madame de Staël Holstein, Delphine (1803)
“ La hauteur des principes, les images basées sur les idées éternelles, le terrain des siècles, les bornes des âmes, les mystères du sort, les âmes exilées de l’amour, cette phraséologie, en partie sentimentale, spiritualiste, et certainement permise, en partie genevoise, incohérente et très-contestable, y est longuement raillée. ”
Charles Andler,
Nietzsche, sa vie et sa pensée
“ Quel rapport entre ces échelons superposés de l’être ? En tout vivant, on trouve, avec la forme de vie la plus haute qu’il ait atteinte, les formes inférieures par lesquelles il a gravi l’échelon où il s’est arrêté. ”
Dimitri Merejkovski,
Le Roman de Léonard de Vinci
“ Mais ne me jugez pas trop sévèrement, et souvenez-vous que l’exemple de cette diversion nous est donné par la nature dans ses éternelles oppositions et transformations. Et le principal est de suivre sans crainte la nature en tout. ”
“ Cette réalité d’intérieur, si tangible et si intense, allait se fondre, disparaître à jamais, comme était disparue la créature vivante devenue soudain un mythe, quelque chose d’impalpable et d’insaisissable. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
De la création de l’ordre dans l’humanité
“ Mais comme, dans la nature, les séries les plus diverses de matière, de raison et de point de vue sont engagées les unes dans les autres, on a cru voir un déchirement et une recomposition là où, pour parvenir à la série, l’intuition avait à traverser des milieux pleins ou à franchir des espaces. ”
Victor Cousin,
Fragments philosophiques (2e édition…
(1833)
“ La manifestation primitive de l'existence du moi et de sa durée dans la conscience et la mémoire par les principes absolus de substance et d'unité, est le lien primitif qui joint l'ontologie à la psychologie, et la première lumière qui éclaire l'objectif dans le subjectif. ”
Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1872-1878
“ Évolution Quand je me hasarde à descendre Jusques aux bas-fonds du désir, À l’heure où l’on pèse la cendre Que laisse après soi le plaisir ; Ou quand je sonde l’origine De ces hymens vils et fortuits Qu’en songe la chair imagine, Ressouvenir d’antiques nuits... ”
André-Ferdinand Herold,
La Vie du Bouddha
“ Qu’on supprime la connaissance, on supprime le nom et la forme. Qu’on supprime le nom et la forme, on supprime les six sens. Qu’on supprime les six sens, on supprime le contact. Qu’on supprime le contact, on supprime la sensation. ”
Julien Pioger, Lois naturelles du développement physique… (1904)
“ En sorte que ce qui constitue la conscience, c'est en même temps la différenciation ou diversité dans les organes de sensibilité et la différenciation ou diversité dans les impressions ou récepts qui sont la conséquence corrélative des différences ou diversités dans les excitations ainsi que dans les sensations. ”
Sibilla Aleramo,
Le passage, suivi de Transfiguration…
“ Oeuvre commencée en croyant également lointaines la vie et la mort qui, au contraire, bourdonnent, bourdonnent, qui fulgurent, lacérant l'air. Création commencée comme on prie, instant frémissant de la conception, comme pour l'enfant, et tout le reste n'est seulement que besogne, destinée de travail. ”
E. Caro, La Philosophie de Goethe
“ La forme soumise à une perpétuelle métamorphose dans l’individu comme dans l’espèce, le type purement idéal réalisant l’unité dans la variabilité indéfinie des formes, chaque espèce, chaque genre, chaque règne, dérivant, par des transformations successives, d’une substance unique parfaitement homogène et simple, voilà le spectacle que la nature offre à nos yeux. ”
Henri Bergson,
L’Évolution créatrice
“ Puis, de degré en degré, nous verrons la perfection décroître jusqu’à notre monde sublunaire, où le cycle de la génération, de la croissance et de la mort imite une dernière fois, en le gâtant, le circulus originel. ”
Paul Verlaine,
Œuvres posthumes
“ Les détails, si importants, dans cet art enfantin et géant, à force d’être énormes paraissent gros tout simplement ou émoussent par la multiplicité, enfin le style général, empreint de la décoction, pour ainsi parler, des idées vulgaires empruntées, se banalise tout en restant encore assez noblement grandiloquent, mais, hélas ! ”
Laurence Sterne,
Voyage sentimental
“ Mais quels biens, dans ce monde, sont sans mélange? Je connais de graves théologiens qui vont jusqu'à soutenir que la jouissance même est accompagnée d'une plainte, et que la plus délicieuse de toutes se termine ordinairement par quelque chose qui ressemble à une convulsion. ”
Marie Lenéru,
Le Cas de Miss Helen Keller
“ Lorsque mon expérience s’élargit et s’approfondit, les sentiments poétiques et indéterminés de l’enfance commencèrent à se fixer en pensées définies. La nature — le monde que je pouvais toucher — était enveloppée et remplie de moi. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes (1859)
“ Voilà pourquoi je change sans cesse, et voilà pourquoi tout change autour de moi : c'est que nous sommes tous, hôtes de ce monde, grands ou petits, atomes pensants, brins d'herbe ou grains de sable, nous sommes tous, à des degrés différents et sous des formes infiniment variables, des êtres incomplets, faisant effort pour se compléter, et n'y parvenant jamais que d'une manière incomplète. ”
