Résumé

Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Le Cas de Miss Helen Keller

Par cet horizon j’imagine celui que l’œil distingue.
Le toucher ne peut pas franchir la distance — il n’est capable que du contact des surfaces — mais la pensée saute l’abîme. Pour cette raison il m’est possible d’user des mots qui décrivent les objets éloignés de mes sens. J’ai senti les rondeurs dans la tendre forme de l’enfant ; je peux appliquer cette perception au paysage et aux collines du lointain.
Certainement, je vais assez loin pour sympathiser avec la jouissance que mes semblables ressentent dans la beauté qu’ils voient et dans l’harmonie qu’ils entendent.
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Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Le Cas de Miss Helen Keller

Helen Keller veut la vie pour la vie, comme d’autres l’art pour l’art.
Le sourd-aveugle peut être enfoncé et enfoncé comme le plongeur de Schiller dans les mers de l’inconnu. Mais, différent du héros enchanté, il revient victorieux, serrant cette vérité sans prix que sa pensée n’est pas estropiée, ni bornée par l’infirmité de ses sens. Le monde de l’œil et de l’oreille lui devient un sujet de fatal intérêt. Il s’empare des mots de la vue et de l’ouïe parce que ses sensations l’y obligent.
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Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Le Cas de Miss Helen Keller

Miss Keller eut sans doute près d’elle une admirable excitatrice, mais c’est bien plutôt l’élève qui donne l’impression d’avoir surmené le professeur.
L’aveugle doué de quelque courage est en face de l’inconnu et lutte avec lui, et que fait d’autre le monde de ceux qui voient ? Il a l’imagination, la sympathie, l’humanité et ces existences indéracinables l’obligent, par une sorte de délégation, au partage d’un sens qu’il n’a pas. Quand il rencontre les termes de couleur, lumière, physionomie, il cherche, devine, résout leur signification, par des analogies tirées des sens qu’il a.
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