Anna de Noailles,
Revue des Deux Mondes
“ J’ai longtemps comprimé mon cœur mélancolique, Mais les jours ont passé, j’ai vécu, j’ai souffert, Et voici que, le front de cendres recouvert, Je vous bénis, divins poètes romantiques ! Poètes furieux, abattus, révoltés, Fiers interrogateurs de l’âme et des étoiles, Voiliers dont l’ouragan vient lacérer la voile, Vous qui pleurez d’amour dans un jardin d’été, Vous en qui l’univers tout respirant s’engouffre Avec les mille aspects des fougueux élémens ; Vous, possesseurs du monde et malheureux amans, Qui défaillez de joie et murmurez : « Je souffre ! » ”
