Anna de Noailles,
Les Vivants et les Morts
“ « Qu’on prépare ma tombe et mon funèbre somme, Que mon lit nuptial soit violet et noir, Si je n’enlace le jeune homme Qui brillait au verger ce soir !... » — Auprès de ta fureur héroïque et plaintive, Auprès de tes appels, de ton brûlant tourment, La soif est une source vive, La faim est un rassasiement. Hélas ! tu le savais, qu’il n’est rien sur la terre Que l’invincible amour, par les pleurs ennobli ; Le feu, la musique, la guerre, N’en sont que le reflet pâli ! — Ma sœur, ton sein charmant, ton visage d’aurore, Où sont-ils, cette nuit où je porte ton cœur ? ”
