Georges Rodenbach,
La Mer élégante
“ Où l’on voudrait mourir — se sentant trop heureux !... Car un soir comme vous, devant la mer sans voiles, À l’heure où dans le ciel s’allument les étoiles, J’ai trouvé l’idéale enfant que je rêvais ; Et soudain oubliant tout mon passé mauvais J’ai souri, j’ai chanté, j’ai sanglotté, que sais-je ! En sentant que mon cœur fondait comme une neige Sous son regard d’amour plus brûlant qu’un baiser ; Et sans prévoir qu’un jour il pourrait se briser, J’ai caressé ce rêve où je l’aurais pour femme Le front couvert d’un voile aussi blanc que son âme !... L’Oubli Hélas ! ”
