Théophile Gautier,
Tableaux de Siége
(1881)
“ Tout le monde a déjà nommé la Vénus de Milo. Que cette adorable déesse grecque pût devenir prussienne et s'en aller d'Athènes à Berlin, cela, malgré l'improbabilité d'un pareil malheur, inquiétait les amis de l'art et les gardiens de nos chefs-d'œuvre. Ceux-ci songèrent donc à la sauver de tout danger. Ils firent enlever de dessus son piédestal la Vénus étonnée, et coucher le divin cadavre de marbre dans une boite de chêne, en forme de cercueil, ouatée, capitonnée de façon à ce que nul contre-coup, nui froissement n'altérât les purs contours de ce beau corps. ”
