Résumé

Charles-Marie Leconte de Lisle Poëmes antiques (Édition nouvelle revue & considérablement augmentée… (1874)

LES PLAINTES DU CYCLOPE.
Certes, il n'aimait pas à la façon des hommes, Avec des tresses d'or, des roses ou des pommes, Depuis que t'ayant vue, ô fille de la mer, Le désir le mordit au coeur d'un trait amer. Il t'aimait, Galatée, avec des fureurs vraies, Laissant le lait s'aigrir & sécher dans les claies, Oubliant les brebis laineuses aux prés verts, Et se souciant peu de l'immense univers.
Sans trêve ni repos, sur les algues des rives, Il consumait sa vie en des plaintes naïves, Interrogeait des flots les volutes d'azur, Et suppliait la Nymphe au coeur frivole & dur, Tandis que sur sa tête, à tout vent exposée, Le jour versait sa flamme & la nuit sa rosée, Et qu'énorme, couché sur un roc écarté,
Source : Gallica

Charles-Marie Leconte de Lisle Poëmes antiques (Édition nouvelle revue & considérablement augmentée… (1874)

Salut, ô charme des humains,
Immortelle & douce Jeunesse !
Une ardente lumière, un air pur & sacré Versent la vie à flots au coeur où tu respires :
Plein de rayons & de sourires,
Il monte & s'élargit dans l'Olympe éthéré !
ANTISTROPHE.
Les Jeux, les Rires & les Grâces,
Éros à l'arc d'ivoire, Aphrodite au beau sein,
Et les Désirs, comme un essaim,
Vont & s'empressent sur tes traces.
Le flot des mers pour toi murmure & chante mieux ; Une lyre cachée enivre ton oreille ;
L'aube est plus fraîche & plus vermeille, Et l'étoile nocturne est plus belle à tes yeux.
Source : Gallica

Charles-Marie Leconte de Lisle Poëmes antiques (Édition nouvelle revue & considérablement augmentée… (1874)

Dieux de Pélops, Dieux protecteurs d'Hélène ! Vents qui soufflez une si douce haleine Dans les vallons du pays paternel ;
Et vous, témoins d'un amour immortel,
Flots d'Eurotas, ornement de la plaine!
DÉMODOCE.
Étrangers, c'est en vain qu'en mots harmonieux Vous caressez l'oreille & l'esprit curieux.
C'est assez. Grâce aux Dieux qui font la destinée, Au sol de notre Hellas notre âme est enchaînée ; Et la terre immortelle où dorment nos aïeux Est trop douce à nos coeurs & trop belle à nos yeux. Les vents emporteront ta poussière inféconde,
Ilios ! mais Hellas illumine le monde !
Source : Gallica

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