“ Bhagavat est pour nous aussi un père ; c’est à lui que nous devons la vie ; c’est notre appui, notre protection. Nous aussi, ô Bhagavat, dans ce monde formé de la réunion des Dêvas, des hommes et des Asuras, nous sommes l’image parfaite des fils de Bhagavat, des serviteurs de Bhagavat, des gardiens du trésor de la loi. Qu’en nous prédisant, ô Bhagavat, que nous parviendrons à l’état suprême de Buddha parfaitement accompli, Bhagavat fasse que la réalité s’accorde avec cette apparence. ”
Bhagavat
Définition et enjeux
Le terme Bhagavat désigne, dans les textes hindous et bouddhiques, un être suprême incarnant la sagesse, la compassion et la transcendance. Il apparaît comme un père céleste, protecteur des âmes et guide vers l’illumination, comme le révèlent les Purâna et le Lotus de la bonne loi.
Leconte de Lisle le glorifie dans ses poèmes antiques, le présentant comme un créateur immortel, tandis qu’Alfred Roussel le décrit comme un architecte de l’univers, jouant avec l’illusion (mâyâ) pour éveiller les esprits. Les textes hindous insistent sur sa dualité : à la fois origine des mondes et figure accessible à la dévotion, symbole de l’absolu et de la clémence.
Citations sur “Bhagavat”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Où siège Bhagavat sur un trône d’ivoire ; Et les sages en chœur saluèrent sa gloire. LES BRAHMANES Kaîlaça, Kaîlaça ! Montagne, appui du ciel, Des Dieux supérieurs séjour Spirituel, Centre du monde, abri des âmes innombrables, Où les Kalahamsas chantent sur les érables ; Kaîlaça, kaîlaça ! trône de l’Incréé, Que tu t’élances haut dans l’espace sacré ! Oh ! Qui pourrait monter sur tes degrés énormes, Si ce n’est Bhagavat, le créateur des formes ? Nous qui vivons un jour et qui mourrons demain, Hélas ! Nos pieds mortels s’useront en chemin ”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Voit luire Bhagavat dans son cœur transparent. Tout resplendit, cité, plaine, vallon, montagne ; Des nuages de fleurs rougissent la campagne ; Il écoute, ravi, les chœurs harmonieux Des Kinnaras sacrés, des femmes aux beaux yeux, Et des flots de lumière enveloppent le monde. Le vain bonheur des sens s’écoule comme l’onde ; Les voluptés d’hier reposent dans l’oubli ; Rien qui dans le néant ne roule enseveli ; Rien qui puisse apaiser ta soif inexorable, Ô passion avide, ô doute insatiable, Si ce n’est le plus doux et le plus beau des Dieux. ”
