“ Il détruit les trois mondes et tourmente même les femmes. Les hommes seuls peuvent lui donner la mort, ô toi le fléau de tes ennemis. 8. Ayant ouï ces paroles des Suras, Vishnu, maître de lui-même, se choisit alors comme père le roi Daçaratha. 9. En ce même temps, ce prince glorieux, le meurtrier de ses ennemis, n’ayant point de fils et désirant en avoir, offrait dans ce but un sacrifice spécial. 10. Vishnu, ayant pris sa résolution et salué l’Aïeul, disparut au milieu des honneurs que lui rendaient les Devas et les grands Rĭshis. ”
Vishnu
Définition et enjeux
Vishnu, dieu hindou du maintien et de la préservation, incarne l'équilibre cosmique au sein de la trinité des divinités. Les textes, de l'épopée du Râmâyana à l'œuvre de Vâlmîki, le dépeignent comme un protecteur qui s'incarne pour préserver l'ordre universel.
Émile Senart le rattache à la mythologie védique, tandis qu'Alfred Roussel le présente comme l'ultime sacrifice. Frédéric Baudry souligne ses connexions avec le soleil et la résurrection, et Antoine de La Mazelière le relie à la lumière divine. Ces interprétations révèlent une figure centrale, à la fois cosmique et humaine, ancrée dans les traditions hindoues.
Citations sur “Vishnu”
Émile Senart,
Essai sur la légende du Buddha…
(1875)
“ Le héros en est Vishnu, le dieu au cakra d'or qui triomphe de tous les démons de l'obscurité, le maître légitime des joyaux divins qui jaillissent de l'océan céleste baratté grâce à son concours, le dieu identique au suprême Purusha-Nârâyana, qui, pour le bien du monde et lo salut des hommes, s'incarne par le ministère de la Màyâ. ”
Frédéric Baudry,
Mythologie zoologique, ou les Légendes animales…
(1874)
“ La tête de Vishnu, celle d'Uccâihçravas et celle de Dadhyanc, dans la tradition indienne, ont la même signification. Celui qui entre dans cette tête trouve la mort et l'enfer ; celui qui en sort renaît à une vie nouvelle. La pieuse croyance des chrétiens dans la résurrection future et les nombreuses légendes européennes du moyen âge, relatives à des héros ou à des jeunes filles qui ressuscitent après leur mort, ont pour origine et pour base l'observation de la résurrection annuelle et diurne du soleil. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Vishnu est le sacrifice; il en est la victime. « Le Bienheureux Hama se sacrifia lui-même au Dieu qui est la réunion de tous les Dieux, qui est l'Esprit, par des sacrifices accomplis suivant tous les rites (4) . » ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ « Les Dévas dont les sens et la pensée sont emportés au dehors ne voient pas l'Esprit, leur ami constant, qui réside en leur cœur; comment donc les autres créatures le pourraient-elles connaître (1) ? » L'Esprit, c'est Nârùyana ou Vishnu, c'est-à-dire le Dieu suprême, et les Dévas se sont les autres divinités qui, du moins ici, demeurent à l'arrière-plan, sans excepter Civa que certes Vishnu n'a guère à craindre dans le Bhàgavata Purâna, mais qui ailleurs lui fera une concurrence redoutable et prendra une revanche éclatante laquelle dure encore. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ C'est ainsi que Vishnu est identifié avec tout ce que l'on présente à l'Etre Suprême qui n'est autre que lui : c'est Dieu que l'on offre à Dieu, puisqu'il s'incorpore tout ce qui lui est consacré, qu'il le pénètre de son esprit et qu'il fait du sacrifice et de ses accessoires autant d'autres luimême. ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ L’époque choisie par la divinité pour s’incarner, c’est quand, tout décline, quand tout va de mal en pis, lorsque les membres de chacune des castes ignorent leurs devoirs ou leurs droits, et que les castes, parla même, tendent à se confondre. Vishnu s’incarnait sous des couleurs dill’érentes suivant les âges. Dans l’âge de fer, le quatrième et le pire, dans le Kaliyuga, il prit la couleur noire, d’où son nom, parce que c’était l’âge du péché. Le but que se propose le dieu fait homme, c’est moins de sauver le monde de la décadence qui le menace que de le détruire pour le renouveler. ”
Émile Senart,
Essai sur la légende du Buddha…
(1875)
“ Le Çatapatha et le Pancavimça Brâhmana, ainsi que le Taittirîya Aranyaka 1, connaissent une légende qui fait du soleil la tête de Vishnu, coupée par la corde soudainement détendue de son arc, et poursuivant depuis lors sa révolution au ciel. Ailleurs2, c'est Indra qui tranche la tête de Vishnu, toujours conçue dans le même sens3. Or, dans l'hymne emprunté à l'Atharva Veda, le soleil est la tête de Purusha. On peut voir dans ce simple détail le signe de l'affinité très-ancienne qui debonne heure prépare la fusion complète de l'époque suivante. ”
Émile Senart,
Essai sur la légende du Buddha…
(1875)
“ Mais de là à l'énumération systématique de notre légende il y a bien loin, et la simple analogie des tributs reels apportés aux rois terrestres ne suffit pas à expliquer une construction si caractéristique. La légende de Vishnu rend compte de tout : à plusieurs reprises, nous avons eu à évoquer la comparaison du Barattement de l'Océan 2 et des trésors qu'il produit; les similitudes de détail suffisent pour autoriser un rapprochement d'ensemble. ”
Antoine de La Mazelière, Moines et ascètes indiens, essai sur les caves d'Ajantâ et les couvents bouddhistes des Indes… (1898)
“ Hudra, plus tard Çiva, le destructeur, et Vishnu, le protecteur, qui semble une forme du soleil ou du feu. Ces dieux, les Hindous les adorent encore. Tous les matins, debout et tournés vers l'Orient, ils redisent la prière des Védas : « Gloire à toi, dieu soleil, qui donnes la vie au monde. Comme tu éclaires les cieux, puisses-tu éclairer nos esprits! » ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ C'est ce que Çiva disait à Vishnu : « Tu es à la fois la cause et l'effet, l'unité et la dualité; mais, comme l'or est identique à lui-même, qu'il soit brut ou travaillé, ainsi il n'y a pas en toi de distinction essentielle ; ce sont les hommes ignorants qui voient en toi une double nature, parce que les modifications de ton essence, exempte d'attributs, sont l'œuvre des qualités (1) . » Ce qu'un Vishnouite fait dire à Çiva de Vishnu, les Çivaïles le diront de Çiva qui sera lui aussi tout ce qui existe, de sorte que le dogme de l'unité divine restera intact. ”
Claudius Madrolle,
Indochine du Sud. De Marseille à Saïgon…
(1926)
“ Krishna soutenant le mont Govardhana et celui-ci avec Râma dans les scènes du Râmâyana et du Mâhâbhârata. Vishnu a de nombreux sanctuaires au Cambodge et au Champa; son temple le plus grandiose est Angkor-Vat. Parmi les scènes vishnouïtes les plus répandues chez les Khmèr : le « barattement de la mer ». BRAHMA est le créateur du monde. En iconographie, Brahmâ a quatre visages, quatre bras ayant comme attributs l'aiguière, le chapelet, un pot à aumônes, une cuiller de sacrifice. Il a comme monture l'oie dorée, Hamsa; il siège encore sur un lotus qui s'élève du nombril de Vishnu. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Ecoutons de nouveau le poète théologien : « La racine des Dieux est Vishnu, en qui réside l'éternel Devoir, et la racine du Devoir, ce sont les Védas, les vaches, les Brahmanes, les austérités et les sacrifices accompagnés de présents (I) . » ”
Antoine de La Mazelière, Essai sur l'évolution de la civilisation indienne… (1903)
“ Vishnu s'est incarné sous la forme de Krishna, l'héritier d'une maison royale. Pour soustraire l'enfant à la cruauté d'un usurpateur, on le cache chez les pasteurs de la montagne ; il grandit et séduit les gardeuses de vaches, les gopîs. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ C'est toi qui as fait don, ô Bali, de la demeure florissante d'Indra; elle t'a été enlevée aujourd'hui : eh bien, c'est un bonheur pour toi ; oui, c'est à mes yeux une grande marque de faveur que t'a donnée Vishnu, en te faisant déchoir d'une prospérité faite pour troubler l'âme. Si la prospérité trouble le sage lui-même le plus attentif, qui pourra donc [au sein du bonheur] reconnaître la véritable voie de l'Esprit? Aussi t'adorai-je, ô Nàràyana, souverain de l'Univers, témoin intérieur de tous les êtres (2) . ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ C'est bien ainsi que l'entendait Çiva lui-même, lorsqu'il disait à bhagavat, c'est-à-dire à Vishnu : < Dieu des Dieux, toi qui remplis le monde, souverain de l'Univers qui n'est autre que toi, tu es lame, la cause et le Seigneur de tous les Etres. Tu es la cause du commencement, de la durée, de la fin de l'Univers, et le monde visible différent de cette cause en dehors de laquelle il existe, et la personnalité, et ce Brahme, vérité et intelligence; car tout changement est étranger à l'Etre immuable (1) . ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Brahme ou Vishnu a choisi pour demeure le cœur des Dieux qu'il honore de sa conslante et vive amitié; cependant les Dieux, n'étant pas maîtres de leurs sens et leurs pensées s'égarant sur les objets extérieurs, ne connaissent pas Dieu et ne le peuvent connaître; à plus forte raison, l'ignorons-nous, pauvres créatures que nous sommes, nous que préoccupent les pensées volages et futiles, ou que domine la chair avec ses convoitises. ”
Antoine de La Mazelière, Essai sur l'évolution de la civilisation indienne… (1903)
“ Krishna, le héros de teint noir, devenu un génie, puis une divinité populaire, puis une incarnation de Vishnu, puis l'incarnation par excellence, enfin Vishnu lui-même, le dieu toutpuissant qui anime toutes choses, le dieu tout bon qui réclame la religion de l'amour (2) . (1) Vishnupurâna, 1, 2. (2) Voici les dix avatars de Vishnu : 1° Matsya (où, sous la forme du poisson, le dieu sauve Manu, l'ancêtre de la race humaine) ; 2° Kûrma, la tortue de la mer de lait; sur cette tortue, Çiva est adoré sous une triple forme. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Continuons, pour nous en assurer, de prêter l'oreille, en nous armant de patience, à ses pieuses divagations. « L'Esprit est le merveilleux miroir des vingt-cinq principes (1) . » C'est Vishnu, l'Etre Suprême, que le poète désigne sous le nom d'Esprit. Dieu n'est plus ici que le miroir où tout se reflète. Sans doute, ce miroir est merveilleux: il reproduit fidèlement les images des êtres que l'on peut y contempler à loisir, comme autrefois Yaçodâ, l'épouse de Nanda, vit l'Univers tout entier dans la bouche entr'ouverte et souriante de l'enfant Krishna qu'elle allaitait (2) ”
“ Nârâyana Vishnu, ainsi sollicité par les éminents Suras, bien que sachant (à quoi s’en tenir) , leur tint cet affectueux langage. 2. Quel est donc, ô Suras, le moyen de combattre le chef des Râkshasas, (celui) que je dois employer pour détruire le tourmenteur des Rĭshis ? 3. Ainsi interrogés, tous les Suras répondirent à l’immuable Vishnu : Prends une forme humaine, et triomphe de Râvana dans la lutte. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Cet Etre, c'est ici Vishnu si souvent qualifié d'immuable, acyuta. Que devient ce privilège d'immutabilité, s'il perd sa liberté, si ses propres actions lui sont autant d'entraves? Ne subit-il pas là un changement considérable et, ajoutons-le, déplorable essentiellement? Une fois de plus, admirons la souplesse du génie hindou. Si l'Esprit est enchaîné par la matière, la connaissance et l'acte, il n'en est pas moins affranchi de tous les liens ; si Maya l'enveloppe, il n'en demeure pas moins libre, car MàyÙ, c'est l'Illusion; un esclavage illusoire ne saurait compromettre la liberté. ”
Antoine de La Mazelière, Moines et ascètes indiens, essai sur les caves d'Ajantâ et les couvents bouddhistes des Indes… (1898)
“ A l'extrémité opposée de la montagne, l'on trouve les temples monolithes des Jains. Sur leurs sculptures, leur maître Pârçwanâth naît miraculeusement, s'abandonne aux plaisirs, fait le grand Renoncement, repousse la grande Tentation, comme le Bouddha Gautama. Comme Vishnu, il a ses avatars; des dieux et des déesses lui font cortège. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ S'il est devenu, à son tour, si puissant sur la terre, c'est que le Dieu qui le tenait en échec n'est plus là et que nul autre ne saurait le dompter. Au dernier chapitre du livre XI, le poète raconte comment Vishnu-Krishna quitta la terre pour le ciel : « Bhagavat, le Seigneur, à l'aspect de l'Aïeul (des mondes. Brahmà, et des autres Dieux) , ses propres manifestations, s'unissant à lui-même, ferma ses yeux de lotus. Il rentra dans sa demeure, sans consumer par le feu de la contemplation du Yoga son corps, la joie des mondes (1) . » ”
Antoine de La Mazelière, Moines et ascètes indiens, essai sur les caves d'Ajantâ et les couvents bouddhistes des Indes… (1898)
“ Krishna est le seul avatar en qui Vishnu s'incarne tout entier. C'est à ce dieu que s'adressent les prières et les chants d'amour des mystiques. L'épisode le plus populaire de la vie de Krishna est celui de son séjour dans un village de paysans, où sa mère le cache, pour qu'il échappe à ses persécuteurs. Il s'éprend successivement de chacune des laitières, des Gopîs, jusqu'au jour où Râdhâ, une incarnation de Lakshmî, retient le dieu volage. Le poème de Jayadeva est considéré comme une œuvre symbolique. Les Gopîs représentent les sens et Râdhà la vertu. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ La courtisane Pingala, trompée dans son attente criminelle et dégoûtée des plaisirs mondains, se disait : « Sans doute, j'ai du faire quelque chose d'agréable au bienheureux Vishnu, pour que je ressente, malgré la perversité de mes désirs, ce découragement à qui je devrai le bonheur. Si j'étais vouée définitivement à la réprobation, je n'éprouverais point de ces déplaisirs, cause du dégoût auquel l'homme doit de rompre ses liens et d'atteindre la félicité (2) . » ”
Frédéric Baudry,
Mythologie zoologique, ou les Légendes animales…
(1874)
“ Les trois pas de Vishnu correspondent donc aux trois pauses d'Ivan, aux trois courses dans lesquelles le jeune héros doit être vainqueur pour obtenir la belle princesse. Le Râmâyana 5 nous montre aussi Vishmi au milieu de la mer de beurre liquéfié, agréable à tous les êtres, sous la forme d'une tête de cheval. Le héros et le cheval solaire ou lunaire sont identifiés. ”
Émile-Louis Burnouf,
La Science des religions
“ Neptune n’est ni la mer ni l’eau douce. Il n’y a pas, à ma connaissance, un seul texte, ni dans Homère, ni dans le Vêda, qui impose à ces noms la signification étroite et matérielle qu’on leur suppose. Vishnu est une force vivante qui se manifeste dans le soleil aux rayons pénétrants ”
Auguste Barth,
Les religions de l'Inde
(1879)
“ Quant le Soleil est invoqué comme dieu suprême, c'est de préférence sous d'autres noms, sous celui de Savitri par exemple, dans l'Atharva-Vêda sous celui de Rohita, « le Rouge 1 », et plus fard les sectateurs de religions strictement solaires l'adoreront sous ceux de Sûrya et d'Aditya. Dans les nombreuses légendes recueillies dans les Brâhmanas et qui ont conservé tant de traits caractéristiques de la destinée des dieux, on ne voit pas davantage que Vishnu soit en train de se transformer ni d'agrandir son rôle. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Le dualisme semble reparaître ici, mais ce n'est pas pour longtemps, car quelques lignes plus bas l'auteur ajoute : « Rien de ce qui se voit ou s'entend, de ce qui a été, est ou sera, de ce qui est fixe ou mobile, grand ou petit, rien absolument qu'on puisse désigner par un nom n'existe que le seul Acyuta (Vishnu) : il est tout, parce qu'il est la suprême réalité (2) . » Au demeurant, Krishna et son frère ainé, Rama, comme nous avons eu l'occasion de l'observer ailleurs, sont les deux avatars simultanés et partiels du même Dieu, qu'il s'appelle Hari, Brahme ou Vishnu. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Nàrada émerveillé constate la puissance magique de Bhagavat dont il célèbre les louanges. (1) 10, LXIX, 2. (2) Ibid., 23 et seq. Vishnu est l'auteur de tout ce qui existe ; il fait et défait l'Univers à son gré. Brahmà que l'on proclame le Dieu créateur et Çiva le Dieu destructeur n'agissent que par lui, sous son impulsion. C'est le témoignage que lui rend le grand sage Uddhava : a Lors de la création et de la destruction de l'Univers, Hiranyagarbha (Brahmâ) et Carva (Çiva) ne sont qu'un instrument pour toi qui es le Seigneur, l'Etre sans forme, le Temps lui-même ! ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Nârada dit à Maitreya, au sujet de Vishnu : « C'est ce Dieu, le plus libéral de tous les êtres, qu'il faut avec un cœur ferme et exclusivement attentif se représenter, par la méditation, souriant avec des regards affectueux (3) . » Et il indique le prix attaché à cette pratique ; le nirvâna, c'est-à-dire le salut : 1 « Le cœur de celui qui contemple ainsi la forme bienheureuse de Bhagavat parvient bien vite à l'inaction suprême dont rien ne peut plus le détacher (4) . » ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Rien n'est bien, à plus forte raison rien n'est mal pour le Seigneur. Comment Celui qui a pris un corps librement serait-il enchaîné par les œuvres? (1) » Si le poète n'ose pas recommander la conduite d'ailleurs profondément immorale de son Dieu, s'il la condamne même formellement dans un homme, cela ne l'empêche nullement de conclure ainsi : « Quiconque écoute et raconte avec foi ces jeux de Vishnu avec les femmes du parc, animé soudain d'une dévotion très grande pour Bhagavat et affermi dans la sagesse, il est affranchi aussitôt du mal qui ronge le cœur (2) . » ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ L'Etre dont parle le poète est Vishnu-Rliagavat et non Brahmâ auquel cependant on attribue plus spécialement la Création du monde, et Vishnu lui-même, ainsi que nous aurons souvent lieu de le constater, dans la suite, c'est moins la seconde personne de la trinité hindoue, de la trimûrti, que Brahme lui-même, le Turîya qui plane au-dessus de tous les Dieux et seul épuise le concept de l'Infini. ”
