Résumé

Portrait de Renée Vivien Renée Vivien À l’heure des mains jointes

Tout me fait mal, l’été, le rayon d’un fanal
Rouge sur l’eau nocturne, et le rythme des rames,
Les rosiers d’un jardin et les cheveux des femmes
Et leur regard, tout me fait mal, tout me fait mal.
Venez à moi, mes deux amours, mes bien-aimées...
Je vous entourerai de vos anciens décors,
Je vous rendrai vos fleurs, vos gemmes et vos ors,
Et je rallumerai vos torches consumées.
Vous fûtes ma splendeur et ma gloire et mon chant,
Toi, Loreley, clair de lune, rire d’opale,
Et toi dont la présence est calme et vespérale,
Et l’amour plus pensif que le soleil couchant.
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Portrait de Renée Vivien Renée Vivien À l’heure des mains jointes

Qu’une vierge amoureuse est plus belle qu’un homme,
Et j’ai cherché des yeux de femme au fond du soir.
Ô mes chants ! nous n’aurons ni honte ni tristesse
De voir nous mépriser ceux que nous méprisons...
Et ce n’est plus à la foule que je m’adresse...
Je n’ai jamais compris les lois ni les raisons...
Allons-nous-en, mes chants dédaignés et moi-même...
Que nous importent ceux qui n’ont point écouté ?
Allons vers le silence et vers l’ombre que j’aime,
Et que l’oubli nous garde en son éternité...
SOUS LA RAFALE
De la nuit chaotique un cri d’horreur s’exhale.
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Portrait de Renée Vivien Renée Vivien À l’heure des mains jointes

Tel un arc triomphal, plein d’ocres et d’azurs,
Les horizons du soir s’ouvrent larges et purs.
Quand passerai-je, avec mes Victoires dans l’âme,
Sous l’arc édifié pour celui qu’on acclame ?
L’arc mémorable et vaste enferme le couchant
En sa courbe pareille au rythme fier d’un chant.
Quand passerai-je, ayant sur moi comme un bruit d’ailes
Que font, dans l’air sacré, mes Victoires fidèles ?
Certes, l’heure n’est point aux poètes, et moi
Je n’ai que ma jeunesse et ma force et ma foi.
L’arc triomphal est là, clair parmi les nuits noires.
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