“ Chaque nuit, lorsque la pourpre que le soleil couchant projette sur les nuages, à son déclin, disparaissait du ciel, une jeune fille, ou plutôt une fillette, traversait la plaine, et, prenant un sentier qui semblait n’avoir jamais été foulé par des pas humains, s’introduisait furtivement dans un bosquet de sapins, dont les branches étendaient leur ombre fraîche à l’entrée d’une caverne. ”
Couchant
Définition et enjeux
Le couchant, moment où le soleil disparaît à l'horizon, incarne une transition poétique entre lumière et obscurité. Ce thème, abordé par de nombreux auteurs, révèle des approches variées : du symbolisme religieux des Jésuites de Trévoux au réalisme sensoriel d'Émile Zola, en passant par les réflexions métaphoriques de Louis Léon Cyrille Armieux sur la fragilité corporelle.
Ces visions, mêlant lyrisme et analyse, soulignent la richesse des interprétations du couchant comme reflet des états humains et des transformations naturelles.
Citations sur “couchant”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ Un coussin manque à la causeuse, c’est lui qui court, se précipite, et va le chercher là où il est ; car il connaît la maison et les êtres, il fait partie du mobilier, et traverse les corridors sans lumière. [Il joue le soir avec les tantes au reversi et au piquet. Comme il circonvient le mari, en politique habile et empressé, il s’est bientôt fait prendre en grippe.] Y a-t-il fête quelque part, où la belle ait envie d’aller ? il s’est rasé au point du jour, il est depuis midi sur la place ou sur la chaussée, et il a marqué des chaises avec ses gants. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Couche se dit dans les matières de piété pour un beau lit, un lit magnifique. Le soleil est comme un époux qui sort de sa couche. Maucroix. Couche se prend aussi figurément en Morale, pour le mariage. Nuptiæ. On dit d’une femme, qu’elle a souillé la couche de son mari, quand elle a commis un adultère. Souiller la couche de quelqu’un, abuser de sa femme. On dit aussi, les fruits de sa couche ; pour dire, les fruits du mariage. Dieu a béni leur couche ”
Louis Léon Cyrille Armieux, Études médicales sur Barèges..… (1870)
“ Quand on entre dans ce lit, il est vrai qu'on n'en peut plus, la tête et tout le corps sont en mouvement, tous les esprits sont en campagne, des battements partout. Mes sueries sont si extrêmes que je perce mes matelas; les sueurs, qui affaiblissent tout le monde, me donnent de la force, et me font voir que ma faiblesse venait des superfluités que j'avais dans mon corps. ”
Pierre Mille,
Nasr'Eddine et son épouse
(1918)
“ Car il n’est rien de tel que de causer, sachez-le bien, causer, les jambes croisées sur de confortables coussins dans une cour bien fraîche, près d’un jet d’eau qui chante dans une vasque de marbre ; causer, les yeux mi-clos, la bouche à peine ouverte et pourtant souriante, en faisant quelquefois un petit geste des mains, rapprochées puis éloignées de la poitrine, comme si on offrait son cœur, juste au moment où l’on va plonger son contradicteur dans l’amertume des contradictions. ”
Émile Zola,
La Bête humaine
(1890)
“ Vingt fois, trente fois, le couteau entra, le corps s’agita. Cela devenait énorme, l’étouffait, débordait, faisait éclater la nuit. Oh ! donner un coup de couteau pareil, contenter ce lointain désir, savoir ce qu’on éprouve, goûter cette minute où l’on vit davantage que dans toute une existence ! ”
Arthur Conan Doyle,
La Grande Ombre
“ Or, la couchette que j’occupais était orientée de telle sorte que j’avais la tête au nord de la frontière et les pieds au sud. Mes amis disent que si le hasard avait placé mon lit en sens contraire, j’aurais eu peut-être la chevelure d’un blond moins roux et l’esprit d’une tournure moins solennelle. ”
Paul de Musset,
Revue des Deux Mondes
“ Je sais tout cela par cœur, et, au lieu d’en écouter une nouvelle répétition, je préfère regarder les lézards qui courent devant nous, les oreilles de mon ciuccio, et l’ombre de votre chapeau à cornes. — Comme il vous plaira ; mais vous ne devinez pas à quoi je songe. ”
Dlancy, Système de divagations peu économiques du citoyen Proudhon… (1849)
“ À ces avantages le coucou joint l'inconvénient de troubler par son bruyant; tictac le sommeil de tous les voisins au nombre desquels je compte mon ami Turluberlu. Or mon ami Turluberlu voulait dormir et maudissait mon coucou la nuit; le jour il le regardait de. travers, en examinait les rouages, en étudiait le mécanisme et la disposition, combinait dans son esprit le rapport des effets aux causes et des causes aux effets, puis... un beau jour, il supprima les poids. Le tic-tac cessa, mais le pauvre coucou demeura sans vie et sans mouvement. ”
Henriette de Witt,
Mère et fille : Charlotte de Laval et Louise de Coligny
(1891)
“ Nous sommes ici couchés dans les délices, et les corps de nos frères, chair de notre chair, os de nos os, sont les uns dans les cachots, les autres par les champs, à la merci des chiens et des corbeaux. ”
“ S’il posait le coude sur une table, son cœur battait dans son coude ; s’il appuyait sa nuque à un dossier de fauteuil, son cœur battait dans sa nuque ; s’il s’asseyait, s’il se couchait, son cœur battait dans ses cuisses, dans ses flancs, dans son ventre ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ On me colloqua, par grande faveur, entre un enfant de cinq ans, juché sur une pile de coussins qu’il était nécessaire de replacer à tout instant à cause de la naturelle turbulence de mon jeune voisin, qui les faisait glisser continuellement, et un de ces hommes qui occupent dans le monde l’espace et la place de trois, dont la corpulence dépassait abondamment de tous côtés la simple chaise sur laquelle il se trouvait assis, pour ainsi dire, comme sur la pointe d’une aiguille. ”
François Fabié,
Souvenirs d'enfance et d'études
(1925)
“ De temps en temps, le mâle venait lui apporter la becquée, et c'était, en dessert, un dialogue à petits cris caressants, entre la couveuse enfoncée dans le crin et le duvet, et le mâle au riche costume pourpre et or perché au bord et se penchant sur elle. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ COUCHEUR, EUSE, s. qui couche avec un autre. Lecti comes, socia. Un mauvais coucheur est un homme qui empêche son camarade de dormir. Concubitor molestus, importunus. L’Amour est un mauvais coucheur, Car la nuit sans cesse il fretille. ”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ Elle a bientôt croisé l’écuyer, qui la conduit devant le corps de son cher époux. Quelle douleur ! Elle se jette sur lui, déchire ses habits, frappe son beau corps, égratigne son visage ; la montagne, la vallée, le lac voisin, tout retentit de ses gémissements et de ses cris. ”
Jeanne Delorme-Jules-Simon, Visions d'héroïsme (1915)
“ L'habitude a rendu nos gestes plus sûrs, nos mains plus légères ; nos lèvres savent les mots qui mettent à l'aise ces pauvres hommes quand nous les dévêtons, les lavons, les couchons dans le lit bien chaud ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et, comme la veille, je levai ma tête et la baissai, et tournai mon cou et le retournai, et pirouettai sur moi-même et m’immobilisai, et regardai à ma droite et à ma gauche, mais sans réussir à trouver trace de l’expéditeur de cette charmante bienvenue. Et je me demandai : « Dors-tu ou ne dors-tu pas ? » ”
Lorédan Larchey,
Dictionnaire historique d’argot…
“ Rend un mari coucou. (Chansons, impr. Chassaignon 51.) COUCOU (faire) : Jouer à la cachette, jeu où l’on crie coucou en guise d’avertissement. — « Je vais me placer dans ce coin, la figure contre le muret la main devant les yeux, comme si je faisais coucou. » (P. de Kock.) COUDE (lâcher le) : Quitter. — « Vous n’pourriez pas nous lâcher l’ coude bientôt ? » (Léonard, parodie, 63.) — Allusion à la recommandation militaire de sentir les coudes à gauche, en marche. COUDE (lever le) : Boire à longues rasades. — « Ça n’a pas d’ordre, ça aime trop à lever le coude. » ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ Quand vous serez assis près d’une blonde pâle, sur le coin d’un sofa, et que vous la verrez s’appuyer mollement sur les coussins, tenez-vous à distance, jouez avec le coin de son écharpe, et dites-lui que vous avez un profond chagrin. ”
“ Tu sais pourtant bien qu’il y a un collier, pris tout juste à la mesure de ton cou... Et tu as dit encore que tu me planterais ton couteau dans le ventre la prochaine fois que je te commanderais pour « régler » quelqu’un ou quelqu’une... ”
“ ON SE COUCHE ette maxime ne tend à rien moins qu’à nous faire envisager l’humanité comme un vaste dortoir en désordre. Pour une couchette bien entendue, dont les oreillers sont à leur place, dont la couverture est chaude et moelleuse, dont les rideaux, artistement fermés, arrêtent l’éclat du jour, sans gêner la circulation de l’air, combien de coussins disposés à contre-sens, et mettant le corps à la gêne ! ”
Frédéric Bataille,
Le vieux Miroir : fables de l'école et de la jeunesse…
(1904)
“ Or, pendant que la nuit s'écoule, Le renard ouvre l'huis et pille le fermier. C'est trop tard de fermer à clé le poulailler, Quand le renard a pris la poule. III. — LES PIERROTS ET LE COUCOU Enfants, c'est an défaut extrême Que de parler sans cesse de soi-même. Un jour, chez les pierrots, on causait du pinson, Et chacun s'accordait à louer sa chanson, Lorsqu'un coucou du voisinage, Les interrompant tout à coup : « Que dit-on, mes amis, de mon joli ramage? — On dit, siffla l'un d'eux, que monsieur le coucou Est un ennuyeux personnage. » ”
Amand Dubois, Les habitants des bois (1895)
“ Les uns disent que le vieux coucou vient les manger; d'autres prétendent que comme le jeune coucou dépasse en grandeur et en force ses frères d'adoption, il prend à lui seul toute la nourriture et les laisse mourir de faim; d'autres, enfin, disent qu'il les mange. Le coucou fait bien de placer ainsi ses petits; il sait combien il est lâche et qu'il ne pourra les défendre. Sa lâcheté est telle que les petits oiseaux se font un plaisir de le harceler et de le chasser. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ L’oiseau propriétaire du nid, couve l’œuf du coucou, & prend soin du petit lorsqu’il est éclos. C’est pourquoi les Anciens ont fait du mot coucou, un terme d’injure & de mépris. Ils appeloient coucou, un lâche, un stupide, un sot, qui laisse faire aux autres ce qu’il doit faire lui-même. ”
Edmond Lambert, A travers l'Algérie, histoire, moeurs et légendes des Arabes (1884)
“ Autrement, il écoute un peu négligemment, le coude appuyé parmi les coussins, les yeux à demi fermés, moitié méditant, moitié distrait, et dans la tenue d'un homme à qui l'on fait des confidences de peu de valeur. ”
Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau,
Le Rideau levé ou l’éducation de Laure
(1786)
“ Je suçais moi-même la tête de son vit, je le pressais de mes lèvres, je la chatouillais de ma langue, je l’enfonçais tout entier, je l’aurais avalé ! Je caressais ses couilles, son ventre, ses cuisses et ses fesses. Tout est plaisir, charmes, délices, chère amie, quand on s’aime aussi tendrement et avec autant de passion. ”
Adolphe Orain,
Contes de l’Ille-et-Vilaine
“ Comme beaucoup de tailleurs, le petit boiteux coupa son fil avec les dents, et la fermière, encore sous l’impression des paroles du couvreur, sauta, comme une furie, sur son balai, et avant que le pauvre boiteux eût pu proférer une seule parole, elle lui donna un si solide coup de bâton derrière la tête, qu’elle l’étendit sans connaissance à ses pieds. ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Aperçoit-il quelque coussin élégant, quelque nappe délicatement ouvrée, quelque joli meuble d’usage domestique, il le loue, il le contemple, il le tourne et retourne dans ses doigts, et se plaint de n’en point posséder un pareil, qui lui ferait grand bien. ”
Georges Rodenbach,
La Jeunesse blanche
“ Par de jumelles sonneries : Clochettes comme au cou des chèvres, Cloche comme au cou d’un taureau, Tout le tintement d’un troupeau, Qui s’éloigne, qui se rapproche, Et, dans l’air assombri, s’achève comme un rêve... ”
Delphine Menant, Les Parsis (1898)
“ Ils couchent les Morts tout habillés sur un petit lit fait d'un matelas et d'un coussin. Ils les rangent tout autour contre le mur; si serréz qu'ils se touchent les uns les autres, sans distinction d'âge, de sexe ou de qualité ”
active 1655 Michel Millot, L'escole des filles
“ Par exemple, d’avoir un bel œil, une belle cuisse, une belle main, qui pour rendre plus grand le plaisir que l’on a de mettre le vit dans le con: sçavoir l’œil pour regarder l’action honteuse avec une chaleur vive, et représenter à la personne aymée l’image du plaisir de son âme lorsque le grand et indicible chatouillement [165] arrive; la belle cuisse sert d’admiration à nos sens, dans la contemplation d’une structure si polie et qui excite merveilleusement nos appétits sensuels ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Si, au contraire, on dort la tête basse, on s’expose à être attaqué du cochemar, ou à passer une nuit entremêlée de songes fâcheux dans lesquels on se représente les différens objets qui ont fixé notre attention pendant le jour, & ont été le sujet de notre conversation. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Car, ô mes cousins, voici le matin qui s’approche et la lumière va nous surprendre avant que nous ayons eu le temps de creuser la fosse et d’y enfouir cette caisse que nous avons portée jusqu’ici ; et peut-être alors serons-nous compromis gravement et risquerons-nous de perdre nos âmes. Faisons donc le travail pour lequel nous avons été envoyés ici ; après quoi, je ne manquerai pas de vous raconter les détails de ma fornication et de mon eunuquat. ”
Urbainie Faydit de Terssac, À travers l’Inde en automobile
“ En son joli langage imagé, il se considère comme le « coussin de nos pieds », « la voix de nos pensées » ; il vient à tout instant au guest-house nous voir ; il s’intéresse à nos moindres actions et s’amuse parfois à en préjuger les motifs. ”
Ovide,
Œuvres choisies (trad. Panckoucke…
“ Un rien suffit pour gagner ces esprits légers : que d’amants ont réussi près d’une belle, en arrangeant un coussin d’une main prévenante, en agitant l’air autour d’elle avec un éventail, ou en plaçant un tabouret sous ses pieds délicats ! ”
Georges-Louis Leclerc de Buffon,
Œuvres complètes de Buffon, éd…
“ Si quelque bruit extraordinaire ou la présence de quelque objet nouveau donne de l’inquiétude à la couveuse, elle se réfugie dans son fort, c’est-à-dire sur le clocher ou sur la tour habitée par son mâle, et bientôt elle revient à sa couvée, qu’elle ne renonce jamais. ”
M. Bida et M. Georges Hachette, Le Tour du monde
“ Il ne nous a pas fallu moins de quatre ou cinq jours pour inventer et composer un certain échafaudage de coussins, de matelas et de couvertures qui nous aide du moins à supporter les cahots de nos montures. ”
Thomas de Quincey,
L'Anglais mangeur d'opium
(1878)
“ Nous attendions dans cette posture que D... sortît de sa chambre : car ordinairement une souris qui remuait le faisait jeter à bas de son lit. Je ne puis comprendre ce qui l’y fit rester alors. D... avait une infirmité qui, le tenant souvent éveillé, rendait probablement son sommeil plus profond. Reprenant toutefois courage, le groom arriva en bas sans autre accident ; je restai immobile jusqu’au moment où je vis mon coffre en route vers la voiture. Alors « que la Providence m’accompagne ! » ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes
“ Secouez cet homme, faites-vous faire à contre-cœur un petit espace à côté de lui et ne craignez pas surtout la malpropreté de son voisinage, car il promène ses gros souliers sur vos jambes, vous tamponne dans votre coin comme le fer sous le pilon et vous envoie de temps en temps des coups de coude dans la poitrine. ”
“ Ainsi a dit le Seigneur l’Éternel : Malheur à celles qui cousent des coussins pour s’accouder le long du bras jusqu’aux mains, et qui font des voiles pour mettre sur la tête de personnes de toute taille, afin de chasser aux âmes. ”
Edgar Quinet,
Merlin l’enchanteur
“ Avez-vous vu en mai le berger conduire ses troupeaux de vaches sur l’Alpe rougissante, au tintement des clochettes nocturnes ? Sans hôte, sans compagnon, il habite les nues. Tel est le pasteur des limbes. Sans parents, sans épouse, sans postérité, séparé des vivants, il habite la source des choses. ”
Camille Lemonnier,
Le possédé: étude passionnelle
“ Étendu sur le sofa saccagé, parmi le désordre des coussins perpétuant les amoureuses violences, il écouta les exultations de sa chair encore voluptueuse. Une sensation de jeunesse toute neuve, sous l'oubli de l'âge, ravivait le printemps des premières possessions. ”
Robert Poirier de Narçay,
Les Filles du hasard
(1891)
“ Il fuit criant: coucou. Coucou, coucou, coucou. Cette onomatopée. Fait pâmer les amants couchés sous la cépée. Nos rêves comme lui, sans pouvoir les saisir, S'envolent chaque jour, se perdent dans la nue. On aurait cependant encor plus de plaisir A les voir vivre enfin qu'à serrer presque nue La femme, libre tout à coup De donner ses sens et son âme, ■ Qui laisse arder sa flamme Et ne dit plus: coucou. Coucou, coucou, coucou. Cette onomatopée Fait pâmer les amants couchés sous la cépée. ”
